Interroger la condition humaine ?
J’aimerais bien savoir ce que cela signifie.
J’aurais été bien embarrassée si, élève, j’avais reçu un tel sujet, et j’aurais commencé en premier, pour ma part à interroger le sujet. Comment peut-on s’exprimer ainsi face à des élèves de première ? Je me demande parfois si certains professeurs ont ont le sens commun.
Un roman raconte une histoire, ou des histoires, fait vivre pour nous des personnages.
Ces personnages évoluent à une époque particulière, dans un milieu social donné, Pour ce qui est de La Princesse de Clèves, c’est un milieu bien éloigné du nôtre, pour d’autres romans (puisqu’on demande de se référer à d’autres lectures, et heureusement !), les personnages peuvent nous paraître plus proches.
Ce que l’on peut dire, c’est que tous ces romans nous présentent des images de la condition humaine. Et que l’on peut s’interroger sur ces images de la condition humaine.
Il est une constante dans la condition humaine, c’est de naître et de mourir. Cela vaut de toute éternité. Il existe aussi d’autres constantes comme l’amour, la jalousie, l’ambition, la honte, le remords, la révolte, et maints autres sentiments qui nous paraissent avoir toujours existé, quelle que soit la période historique du roman que nous parcourons.
Ce qui paraît intéressant, c’est de voir comment l’auteur nous présente sa vision de la condition humaine. Elle peut-être très différente selon que l’on lise La Princesse de Clèves, La Nouvelle Héloïse, Manon Lescaut, le père Goriot, L’assommoir, ou Le hussard sur le toit . Si tout commence et finit de la même façon, quel que soit le milieu et l’époque considérés, c’est l’entre-deux qu’il convient d’examiner ; si des constantes (de ce que l’on pourrait appeler "la nature humaine") demeurent, on peut observer dans les romans une certaine évolution de la condition humaine, c’est-à-dire de la place de l’homme dans l’univers, en fonction de l’évolution des moeurs et des sociétés.