Bonjour à tous,
Dans la phrase "c’était une chose qu’ils ne tenaient en nulle estime" nous ne sommes pas d’accord avec mes collègues :)
J’aurais tendance à dire que le "ne" est explétif (sa suppression ne change pas le sens de la phrase il me semble) et le "nulle" comme adjectif, en même temps ça me semble être un tournure négative à part entière.
Comment l’analyseriez-vous ?
Bonjour.Cette phrase est correcte, mais l’emploi de nulle à la place d’ aucune est plutôt littéraire.L’adverbe négatif ne est indispensable dans les deux cas :qu’ils ne tenaient en aucune estime.qu’ils ne tenaient en nulle estime.Ils n’estimaient nullement cette chose, ils ne l’estimaient pas du tout.L’adverbe ne est généralement accompagné d’un autre mot de négation comme les déterminants et pronoms aucun(e), nul(le), personne, rien ou les adverbes pas, plus, jamais, nullement, et parfois (dans un registre littéraire ou vieilli) point et
J’espère bien qu’elle est correcte :D c’est de Montaigne :)
Ma question est plutôt dans une perspective lycée: une collègue a donné cette question de grammaire à l’oral blanc et nous ne sommes pas d’accord
Sur quel mot portait précisément l’analyse ?
Et sur quoi porte votre désaccord ?
En tout cas, ce ne n’est pas explétif, la proposition ayant bien un sens négatif comme tu le soulignes.
Absolument. Le « ne » fait partie de la négation.On ne l’omet que dans un oral relâché.
Et comme en plus, ici, nulle est d’un registre assez littéraire, on voit mal l’omission du ne…
Pourtant, dans une édition de Montaigne, je lis ceci : https://books.google.fr/books?id=u9ee8gxnJOQC&pg=PA605&dq=%22en+nulle+estime%22&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjU1fjAg4PoAhWRxYUKHYbtADU4ChDoAQhNMAU#v=onepage&q=%22en%20nulle%20estime%22&f=false& que c’estoit chose qu’ils mettaient en nulle estime.Pas de "ne" ! On peut considérer que "nulle" y prend son sens plein ; ils mettaient cette chose en estime nulle.Même chose dans ce passage : https://books.google.fr/books?id=FvWt__Az0I8C&pg=PT269&dq=%22en+nulle+estime%22&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwicmtjsgoPoAhXSz4UKHbxMBMkQ6AEILzAB#v=onepage&q=%22en%20nulle%20estime%22&f=false
Il me semble qu’à l’époque de Montaigne, la langue était encore assez libre.
Oui. De nos jours, il faut postposer "nulle" pour exprimer le sens plein, mais ce n’était apparemment pas encore le cas.
La langue du XVIe siècle n’est plus la nôtre, et ne nous sert pas de référence. En latin également une négation suffisait. Employer « non » en plus de nunquam aboutissait à une affirmation.
Comme en espéranto. C’est plus logique :Règle 12 :Il n’y a pas de double négation.On ne dit pas "mi neniam ne fumas",mais : "mi neniam fumas". (Je ne fume jamais)