Bonjour,
J’ai un sujet de dissertation qui est "Un roman doit-il nécessairement être moral ?" et je n’y arrive pas trop à trouver les grandes idées !
Selon moi il n’est pas obligatoire d’intégrés une moral à un roman. Certes il permet de faire passer un message ou autres mais je pense que sans cette dernière on peut apprécier le roman
Si vous avez des idées avec comme exemple "La Princesse de Clèves" je suis preneur
Merci d’avance pour vos réponses :)
Bonjour,
Tes intuitions sont peut-être justes, encore faut-il qu’elles se vérifient dans les faits, en littérature !
Justement, as-tu des exemples de romans qui sont moraux, et qui, peut-être, sont écrits avec une visée moralisatrice ?
Au contraire, as-tu des exemples de romans où il n’y a pas de morale mais qui sont malgré tout "appréciables" (pour reprendre ton terme) ? Quels sont les autres moteurs qu’une volonté moralisatrice qui pourraient pousser un auteur à écrire un roman ?
Bon courage. 😉
Moral ne signifie pas forcément qu’il y a une « morale de l’histoire » ; je le comprendrais plus au sens de bonne morale, ce que l’on appelait autrefois édifiant
Un roman peut aussi être amoral (de mauvaise moralité).
Tu pourrais dire que la princesse de Cleves est à la fois morale car il présente "un modèle de vertu" et amorale car présente une femme adultère
La princesse ne succombe pas à l’adultère. On pourrait, en étant vraiment très exigeant, trouver amoral qu’elle pense au duc de Nemours, mais le fait est que, même après la mort de son mari, qui de fait, la libérait, elle ne suit pas ses sentiments.
Enfin elle "flirte" quand même ouvertement avec lui sous les yeux du mari lors de l’écriture de la lettre et leur désinvolture dans ce travail a des conséquences dramatiques sur le Vidame et la dauphine ! Même si aujourd’hui ça nous amuse plus qu’autre chose, on peut tout à fait considérer que c’est immoral dans le système de valeur du roman.
De façon générale, il faut se garder de juger l’aspect moral d’une œuvre passée avec le prisme de notre époque. À chaque période ses critères… Voir à titre d’exemple les jugements actuels sur des écrits qui, il y a 25 ou 30 ans, ne choquaient pas (ou : pas de la même façon) ; alors à plusieurs siècles d’écart…
Bonjour,
Si un roman est un récit d’actions humaines, il est nécessairement moral. En effet l’auteur comme le lecteur s’inscrivent dans une société qui portent des valeurs. L’exemple de La Princesse de Clèves est significatif.
Madame de Lafayette écrit pour des lecteurs et lectrices qui vivent dans un contexte très différent du nôtre. Dans une époque sous-tendue par le rigorisme janséniste, dans laquelle les femmes sont des instruments au service de l’ambition par les contrats matrimoniaux, où elles n’ont pas la possibilité de suivre leur inclination, la passion a mauvaise presse. La "galanterie", le spectacle permanent de la cour, la futilité de ces existences aristocratiques, les commérages dont elles se repaissent, les factions qui s’affrontent, créent un milieu "délicieusement" pervers où les âmes se perdent dans l’insignifiance et les tourments de la passion. Cette passion est un danger mortel qui met en péril la vie éternelle de l’âme. Pascal professera les mêmes propos avec son "divertissement".
Aujourd’hui, après la promotion des passions assurée par les romantiques, la "libération" des mœurs, les progrès du féminisme, nous ne pouvons considérer les aventures de la princesse et du duc de Nemours avec le même regard. Question d’époque ! Mais nous portons toujours une appréciation implicite, fruit de notre éducation ou de la pensée du temps.
Bon, ben, j’ai porté trop rapidement un jugement anachronique… Mea culpa! 🙄