L’émotion poétique se déclare en nous d’un seul coup…

Entraide scolaire

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonsoir, Un sujet de dissertation me pose problème et je n’arrive pas à axer ma réflexion…Voici mon sujet:"L’émotion poétique se déclare en nous d’un seul coup, il est donc indispensable que tout nous soit livré d’un seul coup, dès les premiers vers, de sorte que nous n’ayons plus rien à apprendre.Dans un beau poème, il n’y a jamais de progression, la fin est toujours au même niveau que le commencement. L’émotion qu’il nous faut demander au roman, c’est au contraire de l’émotion poétique, celle d’attendre quelque chose, de ne pas tout savoir encore. Notre jouissance est de cela même qui nous manque".Ainsi, à la lecture de mon sujet auquel je dois faire la thèse, j’ai compris que la poésie ne se lie pas à une progression, au contraire du roman auquel nous pouvons attendre une progression, la poésie est instantanée dans sa lecture.Cependant, comment appuyer le fait qu’aucune progression n’existe dans un poème ?Je serai davantage partisan de l’antithèse, seulement, je ne vois pas comment problématiser sur la thèse, existe-t-il des poèmes répondant à la thèse du sujet, autrement dit que l’émotion poétique tire son origine d’un caractère instantané ? Je suis un peu perdu, pourriez-vous m’aider et me conduire vers des pistes de réflexion ?J’ai pensé aux poèmes de Francis Ponge sur la description triviale d’objet comme le Pain, seulement j’y vois tout de même une progression, le four dans lequel il est se transformant peu à peu à la lecture du poème en un four lunaire spatial. Merci à vous.

Bonsoir,

Le récit romanesque est organisé selon la progression du schéma narratif. L’information du lecteur est progressive : mise en place des lieux, de l’époque, des personnages, puis péripéties pour parvenir enfin au dénouement.

Les poèmes narratifs comme ceux de La Légende des siècles obéissent aux lois du récit romanesque, mais avec la force épique, la concentration (figures d’image, symbolisme…) et la musicalité rythmique propres au genre poétique.

La thèse énoncée dans le sujet renvoie plutôt aux poèmes descriptifs, aux pièces de genre, d’ambiance qui évoquent une tonalité. À noter quand même que dans les sonnets, il existe souvent une progression entre les quatrains et les tercets ainsi qu’un effet de surprise dans la pointe finale, mais dans une atmosphère donnée.

Merci beaucoup !

Cependant, je ne vois pas comment axer ma réflexion sur la thèse de l’auteur, certes les sonnets font preuve d’une progression, mais le sujet indique qu’il n’y ait aucune progression dans le poème ?

Je ne vois pas du tout de poèmes où il n’y a aucune progression, par quels intermédiaires le poète peut ne pas utiliser de progression dans son œuvre ?

J’ai pensé à la Complainte d’un autre dimanche de Laforgue mais je n’arrive pas à comprendre ce qui fait que l’émotion poétique se dévoile dans un poème où il n’y a aucune progression…

J’ai également pensé qu’il faudrait trouver des poèmes refusant le schéma narratif, mais je n’en trouve pas… et quels sont les indicateurs qui montrent que le schéma narratif est abandonné ?

La difficulté du sujet réside bien dans la bonne interprétation du terme progression.

L’auteur l’applique au récit romanesque et plus particulièrement au suspens, à l’attente.

Les poèmes descriptifs ou d’atmosphère nous dévoilent en principe dès le début leur tonalité, leur ambiance. Il n’y a pas d’évolution, seulement un développement de la couleur émotionnelle ou sentimentale.

Pour t’aider je vais prendre deux sonnets de Baudelaire : "L’Albatros", un apologue, bâti sur un schéma narratif, pour nous faire comprendre la situation du poète ; l’autre, "Élévation", traite un thème voisin, celui de l’albatros-poète qui prend de la hauteur pour devenir "prince des nuées". Tu remarqueras que le second ne délivre pas d’information, mais nous fait partager les sensations de celui qui plane métaphoriquement au-dessus de la réalité.