Verlaine, Le piano que baise une main frêle

Entraide scolaire

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Une évocation impressionniste reste subjective, floue, imprécise, procède par touches légères, par allusions…Comme le dit Verlaine dans un autre poème :

Il faut aussi que tu n'ailles point
Choisir tes mots sans quelque méprise.
Rien de plus cher que la chanson grise
Où l'indécis au précis se joint.
Mais le lyrisme ?
Le lyrisme est l'expression des sentiments. Ici il s'agit de lyrisme élégiaque car Verlaine exprime sa tristesse ou sa mélancolie.
Le lyrisme impressionniste est dans l'indicible, le fugitif, cet air qui passe et puis qui meurt, mais qui nous reste comme un parfum, frêle souvenir de sa présence…
Bonjour, à tous je suis en première S et je suis en train de préparer mon bac blanc oral, et parmi mes lectures analytiques j'ai l'Ariette oubliée V de Verlaine, seulement , voilà : je n'ai pas réussi à trouver une ouverture pour ce poème. Pouvez vous m'aider ?
Le piano que baise une main frêle
Luit dans le soir rose et gris vaguement,
Tandis qu'un très léger bruit d'aile
Un air bien vieux, bien faible et bien charmant
Rôde discret, épeuré quasiment,
Par le boudoir longtemps parfumé d'Elle.

Qu'est-ce que c'est que ce berceau soudain
Qui lentement dorlote mon pauvre être ?
Que voudrais-tu de moi, doux Chant badin ?
Qu'as-tu voulu, fin refrain incertain
Qui vas tantôt mourir vers la fenêtre
Ouverte un peu sur le petit jardin ?
Art poétique

De la musique avant toute chose,
Et pour cela préfère l'Impair
Plus vague et plus soluble dans l'air,
Sans rien en lui qui pèse ou qui pose
https://www.youtube.com/watch?v=SKNdAamyqys
https://www.youtube.com/watch?v=61t-plCsF5w
Je pourrai donc dire que Ariette oubliée V est une mise en application des principes exposés dans "l'Art Poétique" ?
Tu as sans doute exploré le sens de "romance", la musicalité des vers, le mètre, le credo de L' Art poétique.
Tout naturellement, de nombreux poèmes de Verlaine ont été mis en musique. Tu peux faire une recherche pour trouver des associations qui te semblent réussies.
Bonjour, j'ai mon oral de français dans quelques jours (je suis en première STL) et l'un des textes que j'ai étudie cette année est "ariette oubliée V".
J'ai fait des petites fiches pour m'aider à analyser ce poème mais je ne sais pas si elle sont complète et vu que je suis en STL(sciences et technologie de laboratoire) on a pas fait d'analyse vraiment détaillé du texte car le français n'est pas la matière la plus importante dans cette filière.
Si quelqu'un pourait m'aider à peaufiner ce que j'ai écrit sa m'aiderait beaucoup car je suis restée dans une analyse vraiment très simple.

Je vous écrit la fiche en question:

->Verlaine emploie un ton élégiaque et trouve dans la nature le rêve et des moyens de s'évader que la société ne lui permet pas.

->mélodie suggérée par la présence du piano: "piano", "air", "chant", "refrain"

->femme suggérée par la synecdote de la main, la mélodie rappelle le souvenir d'une femme qu'il aurait aimé.

->souvenir doux et nostalgique(répétition de "bien", "un air bien vieux, bien faible et bien charmant"

->décor charmant et romantique :"soir rose et gris", "boudoir", "jardin" et l'atmosphère musicale témoigne du goût du poète pour le doux, le léger et le délicat.

->relation quasi maternelle avec la femme aimee:"berceau", "dorlote" suggère un homme à la recherche de l'affection et de la protection d'une mère.

->le second sizain est interrogatif et implique une recherche de soi, une quete existentielle entre autre.

Conclusion:
->caractère musical et intimiste déjà présent dans le titre du recueil "roma'ces sans paroles"
->on découvre les goûts raffinés du "prince des poètes" qui rejette la violence des mots, des couleurs agressives et des sons.
->on découvre un homme à le recherche d'une mere
->(ouverture) ici, on pourrait imaginer un air de Félix Mendhelson dont le titre du recueil lui a été emprunté. Il désignait ainsi de courts morceaux de piano non chantés.

C'est tout ce que j'ai pu trouver dans mes cours et dans ma têtes à propos de ce poème mais j'ai l'impression qu'il y a d'autres choses à dire donc pouvez vous m'indiquer quelques éléments pour apronfondir ? Merci d'avance.


ARIETTES OUBLIÉES V


Son joyeux, importun d'un clavecin sonore.
(Pétrus Borel.)

Le piano que baise une main frêle
Luit dans le soir rose et gris vaguement,
Tandis qu'avec un très léger bruit d'aile
Un air bien vieux, bien faible et bien charmant
Rôde discret, épeuré quasiment,
Par le boudoir longtemps parfumé d'Elle.

Qu'est-ce que c'est que ce berceau soudain
Qui lentement dorlote mon pauvre être ?
Que voudrais-tu de moi, doux chant badin ?
Qu'as-tu voulu, fin refrain incertain
Qui vas tantôt mourir vers la fenêtre
Ouverte un peu sur le petit jardin?
La régularité de la composition participe au rythme. Deux strophes de cinq vers donc deux quintils et un mètre régulier : des vers de dix syllabes donc des décasyllabes.

Remarque : une épigraphe, citation de Pétrus Borel qui elle aussi fait référence à la musique et à un instrument : le clavecin.
Pétrus Borel.

Lyon 1809 / Mostaganem 1859
Écrivain, poète, traducteur, mais aussi architecte et cultivateur, cet homme aux multiples facettes, a traversé la vie en romantique, connaissant de nombreux déboires, qui lui ont valu l'épithète de
« poète maudit ».
Surnommé le Lycanthrope (l'homme loup), Petrus Borel est, à notre époque, pratiquement inconnu. Il fit néanmoins partie du monde des Lettres.

Son œuvre avait retenu l'attention des grands écrivains de son temps, mais elle est restée à peu près ignorée par la suite, bien que réhabilitée par les surréalistes. L'étude de sa vie révèle un être instable, tourmenté, sans cesse à la recherche de l'inaccessible. Ressentant l'appel d'une liberté sans limites, il était forcé d'accepter les contraintes de la vie, ce qui le rendait agressif, voire révolté contre son milieu.

https://www.memoireafriquedunord.net/biog/biogHC_Borel.htm
Extrait de Doléance
À Francisque Borel.

Moerore conficior
Rudiment.

Son joyeux, importun, d'un clavecin sonore,
Parle, que me veux-tu?

Viens-tu, dans mon grenier, pour insulter encore
A ce coeur abattu?
Son joyeux, ne viens plus; verse à d'autres l'ivresse;
Leur vie est un festin
Que je n' ai point troublé; tu troubles ma détresse,
Mon râle clandestin!

Indiscret, d'où viens-tu? Sans doute une main blanche,
Un beau doigt prisonnier
Dans de riches joyaux a frappé sur ton anche
D'ivoire et d'ébénier.
Accompagnerais-tu d'une enfant angélique
La timide leçon?
Si le rhythme est bien sombre et l'air mélancolique,
Trahis-moi sa chanson.