Bonjour à tous,
En pleine lecture je viens de tomber sur cette phrase dont la construction grammaticale m’intrigue:
"Lorsqu’il eût pris de son autre main le parapluie de M. le cure, l’on se mit à marcher"
Je ne comprends pas l’usage qui est ici fait du plus-que-parfait du subjonctif et pensait que, pour exprimer la simultanéité, l’indicatif était de rigueur. L’erreur vient forcement de moi, l’auteur étant insoupçonnable (Flaubert).
Quelqu’un pour m’éclairer ?
Merci !
Quelque chose me laisse perplexe dans l’utilisation du subjonctif. La conjugaison des verbes de ce mode est toujours (?) précédée de "que". Il semblerait que ce ne soit en fait pas toujours le cas, mais j’avoue ne pas comprendre pourquoi.
Pourquoi, par exemple, dans la phrase citée, ne pas en effet avoir employé le passé antérieur de l’indicatif ?
L’auteur est certes insoupçonnable, mais peut-être pas l’imprimeur ? Quelque chose m’échappe…
Oui, c’est apparemment l’imprimeur qui est en cause… Aucune raison d’utiliser le subjonctif après Lorsque. Il s’agit bien en fait d’un passé antérieur. Action antérieure à une autre action exprimée au passé simple. L’accent circonflexe ne figure d’ailleurs pas sur le texte de Wikisource :https://fr.wikisource.org/wiki/Madame_Bovary/Deuxi%C3%A8me_partie/02Lorsqu’il eut pris de son autre main le parapluie de M. le curé, l’on se mit à marcher.
Oui, me voilà rassuré aussi merci ! Erreur trouvée dans l’édition GF Flammarion de 2006 p. 149 de Madame Bovary, probablement corrigée dans les suivantes ! Bonne journée à tous,
Perluète : Quelque chose me laisse perplexe dans l’utilisation du subjonctif. La conjugaison des verbes de ce mode est toujours (?) précédée de "que". Il semblerait que ce ne soit en fait pas toujours le cas, mais j’avoue ne pas comprendre pourquoi.
C’est parce que le subjonctif se rencontre très souvent, mais pas exclusivement, dans des subordonnées complétives introduites par que ou dans des subordonnées circonstancielles introduites par une locution conjonctive avec que. Mais cela, c’est l’aspect formel de la chose… L’usage ou non du subjonctif dans tel ou tel cas est en fait fondé sur des raisons sémantiques : en gros, l’interprétation de l’action prime sur son constat pur et simple.
Un excellent résumé à consulter sur ce site de FLE (cliquer sur chacune des lignes) :
[lien invalide]
Merci pour ta réponse que je viens seulement de trouver.
En fait, ma question était mal posée parce que pas claire. Je reformule de cette façon: si on consulte les conjugaisons d’un verbe, celles des temps du subjonctif sont toujours précédées de "que". Comme ce n’est pas le cas dans la réalité, ce "que" dans les tableaux de conjugaison est censé donner quelle indication ? Si c’est purement formel, pourquoi le trouve-t-on partout ?
J’ai dit que c’était formel simplement parce que ça n’est pas censé expliquer, en soi, le sémantisme du subjonctif par comparaison avec les autres modes. Mais comme je l’ai laissé entendre, c’est tout de même un cas très fréquent . Le subjonctif se rencontre le plus souvent dans des complétives et des circonstancielles introduites par que; voire dans des indépendantes commençant par que, dans lesquelles on dénomme ce que "béquille du subjonctif", vu qu’il y perd un peu son statut de conjonction : Moi, que je fasse ça ? Que la lumière soit ! Qu’il parte ! etc. Cela justifie amplement, selon moi, l’usage de cette "béquille" dans les tableaux de conjugaison.
OK! En fait c’est une question que je ne m’étais encore jamais posée. Du coup, elle devenait carrément métaphysique! Me voilà revenue à la raison. 😊