Salut tout le monde s΄il vous plait aidez moi j΄ai un commentaire à préparer extrait du cinquième chapitre partie une de L΄Éducation sentimentale de Flaubert et je suis perdue 😥J΄ai choisi 3 axes d΄étude :la cristallisation de Mme Arnouxvision fantasmatique de Frédéricamour impossible entre illusion et désillusion Les dîners recommencèrent ; et plus il fréquentait Mme Arnoux, plus ses langueurs augmentaient. La contemplation de cette femme l’énervait, comme l’usage d’un parfum trop fort. Cela descendit dans les profondeurs de son tempérament, et devenait presque une manière générale de sentir, un mode nouveau d’exister. Les prostituées qu’il rencontrait aux feux du gaz, les cantatrices poussant leurs roulades, les écuyères sur leurs chevaux au galop, les bourgeoises à pied, les grisettes à leur fenêtre, toutes les femmes lui rappelaient celle−là, par des similitudes ou par des contrastes violents. Il regardait, le long des boutiques, les cachemires, les dentelles et les pendeloques de pierreries, en les imaginant drapés autour de ses reins, cousues à son corsage, faisant des feux dans sa chevelure noire. A l’éventaire des marchandes, les fleurs s’épanouissaient pour qu’elle les choisît en passant ; dans la montre des cordonniers, les petites pantoufles de satin à bordure de cygne semblaient attendre son pied ; toutes les rues conduisaient vers sa maison ; les voitures ne stationnaient sur les places que pour y mener plus vite ; Paris se rapportait à sa personne, et la grande ville avec toutes ses voix bruissait, comme un immense orchestre, autour d’elle. Quand il allait au Jardin des Plantes, la vue d’un palmier l’entraînait vers des pays lointains. Ils voyageaient ensemble, au dos des dromadaires, sous le tendelet des éléphants, dans la cabine d’un yacht parmi des archipels bleus, ou côte à côte sur deux mulets à clochettes, qui trébuchent dans les herbes contre des colonnes brisées. Quelquefois, il s’arrêtait au Louvre devant de vieux tableaux ; et son amour l’embrassant jusque dans les siècles disparus, il la substituait aux personnages des peintures. Coiffée d’un hennin, elle priait à deux genoux derrière un vitrage de plomb. Seigneuresse des Castilles ou des Flandres, elle se tenait assise, avec une fraise empesée et un corps de baleines à gros bouillons. Puis elle descendait quelque grand escalier de porphyre, au milieu des sénateurs, sous un dais de plumes d’autruche, dans une robe de brocart. D’autres fois, il la rêvait en pantalon de soie jaune, sur les coussins d’un harem ; −− et tout ce qui était beau, le scintillement des étoiles, certains airs de musique, l’allure d’une phrase, un contour, l’amenaient à sa pensée d’une façon brusque et insensible. Quant à essayer d’en faire sa maîtresse, il était sûr que toute tentative serait vaine. Un soir, Dittmer, qui arrivait, la baisa sur le front ; Lovarias fit de même, en disant : −− " Vous permettez, n’est−ce pas, selon le privilège des amis ? " Frédéric balbutia : −− " Il me semble que nous sommes tous des amis ? " −− " Pas tous des vieux ! " reprit−elle. C’était le repousser d’avance, indirectement. Que faire, d’ailleurs ? Lui dire qu’il l’aimait ? Elle l’éconduirait sans doute : ou bien, s’indignant, le chasserait de sa maison ! Or, il préférait toutes les douleurs à l’horrible chance de ne plus la voir.
Flaubert, L’Éducation sentimentale - Les dîners recommencèrent…
4 réponses
On pourrait se demander ce que cet extrait révèle de l’image de Madame Arnoux et du personnage de Frédéric.
Madame Arnoux, comme une madone inaccessible
comme une image à contemplercomme un personnage à comparerune femme comme un centre d’ intérêtFrédéric, un personnage subjugué
idéalisationobsessionamoureux transiLe personnage de Madame Arnoux contribue à l’éducation sentimentale du héros. Elle provoque une passion obsédante, platonique, impossible à réaliser.
Bonjour,
Un aspect à ne pas négliger : l’ironie de Flaubert qui se moque de son jeune héros.
les accumulations,le caractère exagéré, grotesque ou convenu de certaines évocations,un jeune homme romantique un peu ridicule.Et si Frédéric était le pendant masculin d’Emma Bovary, la volonté en moins ?
Bonjour,
Je ne crois pas qu’un plan en deux parties
soulignant le caractère contradictoire entre les deux personnages Mme Arnoux comme une entité supérieure cristallisée désirée
et Frédéric ridicule, subjugué et dans cet axe je parle de l’ironie de Flaubert de son personnage
soit une bonne piste.
En effet la focalisation est interne, tout est apprécié par le regard de Frédéric. La cristallisation autour de Mme Arnoux contribue au jugement critique que Flaubert porte sur son personnage.
Ton parcours de lecture pourrait être le portrait d’un jeune homme romantique un peu ridicule.
la cristallisation qui obnubile,les rêves sentimentaux issus de la littérature romanesque,un velléitaire qui s’ignore. (À ce sujet, ne te trompe pas sur le sens du verbe "énerver" initial, il prend ici l’acception étymologique d’enlever les nerfs, de rendre amorphe).


