Mode après "je veux que"

Langue française

10 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,
Je viens de relire Bérénice de Corneille et je suis tombé sur ces deux vers :
"Venez, prince, venez. Je veux bien que vous-même
Pour la dernière fois vous voyez si je l'aime."
Je me demandais si la proposition subordonnée introduite par "je veux que" n'appelle pas un subjonctif, et donc un "voyIez" plutôt qu'un indicatif. Je suppose que j'ai tord, mais pourquoi ?
Merci d'avance 🙂
Je suppose que j'ai tord
S'il avait employé le conditionnel dans la première, oui, mais là, "je veux bien que…".

Tu te corrigeras ce qui est en gras.
Après « Je veux que », il faut un subjonctif.
=> que vous voyiez.
Il doit y avoir une coquille dans ton édition.
Dans un certain nombre d'éditions, y compris anciennes, c'est bien un subjonctif qui est employé :
https://books.google.fr/books?id=VZMFNVIt2EUC&pg=PA176#v=onepage&q&f=false
https://books.google.fr/books?id=l4ezaY-F-2kC&pg=PA130#v=onepage&q&f=false
https://books.google.fr/books?id=PyHKeaBcnvgC&pg=PA494#v=onepage&q&f=false

Mais il semble bien que Racine ait mis un présent
https://books.google.fr/books?id=DbQUAAAAQAAJ&pg=PA449#v=onepage&q&f=false
et ce présent lui est généralement compté comme une faute contre la syntaxe :
https://books.google.fr/books?id=lMdDAAAAcAAJ&pg=PA292#v=onepage&q&f=false
https://books.google.fr/books?id=I_hDAAAAcAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

En fait, il ne s'agit pas d'une erreur ou d'un choix de syntaxe particulier à Racine mais d'un simple problème d'orthographe. Racine omet souvent le "i" distinctif dans les conjugaisons :

https://books.google.fr/books?id=AOvqAAAAMAAJ&pg=PR136#v=onepage&q&f=false
Laoshi a écrit :Après « Je veux que », il faut un subjonctif.
=> que vous voyiez.
Il doit y avoir une coquille dans ton édition.
"il faut", mais le fallait-il il y a plus de trois cents ans ?

@ Lamaneur :
On employait le ' & ' "et commercial" (?) à l'époque ?
Esperluette : https://fr.wikipedia.org/wiki/Esperluette
ricardo a écrit :On employait le ' & ' "et commercial" (?) à l'époque ?
Oui, nettement plus qu'aujourd'hui. Et bien sûr, on ne l'appelait pas "et commercial", ni même esperluette ou perluète.
"il faut", mais le fallait-il il y a plus de trois cents ans ?
Je le crois. Mais par contre, la forme orthographique en était peut-être différente.
Merci Herodote et Lamaneur.
Bien sûr, je connaissais le Père Luète, mais je ne pensais pas son origine aussi lointaine, je croyais plutôt que c'était apparu avec l'imprimerie. Je n'avais pas fait l'effort de chercher, c'est tellement plus facile de poser la question ici. 😉
De plus, je n'étais pas sûr du bien-fondé de l'appellation "et commercial", que lui donnait mon père.
Le & est en fait une ligature qu'on trouve assez tardivement dans les manuscrits écrits surtout en minuscule caroline (nos minuscules d'imprimerie) ou en cursive soignée.
Contrairement au abréviations, extrêmement nombreuses dans les mss., elles ne permettent pas de "gagner de la place" ou d'écrire plus vite ; elles ont plutôt au départ une fonction esthétique.
C'est le cas des trois ligatures conservées dans les caractères Garamond des éditions de la Pléiade : le fi, le ct et le st (je ne sais pas leur code).