Bonjour,
Je viens de relire Bérénice de Corneille et je suis tombé sur ces deux vers :
"Venez, prince, venez. Je veux bien que vous-même
Pour la dernière fois vous voyez si je l'aime."
Je me demandais si la proposition subordonnée introduite par "je veux que" n'appelle pas un subjonctif, et donc un "voyIez" plutôt qu'un indicatif. Je suppose que j'ai tord, mais pourquoi ?
Merci d'avance 🙂
Je suppose que j'ai tord
S'il avait employé le conditionnel dans la première, oui, mais là, "je veux bien que…".
Tu te corrigeras ce qui est en gras.
Après « Je veux que », il faut un subjonctif.
=> que vous voyiez.
Il doit y avoir une coquille dans ton édition.
Laoshi a écrit :Après « Je veux que », il faut un subjonctif.
=> que vous voyiez.
Il doit y avoir une coquille dans ton édition.
"il faut", mais le fallait-il il y a plus de trois cents ans ?
@ Lamaneur :
On employait le ' & ' "et commercial" (?) à l'époque ?
ricardo a écrit :On employait le ' & ' "et commercial" (?) à l'époque ?
Oui, nettement plus qu'aujourd'hui. Et bien sûr, on ne l'appelait pas "et commercial", ni même esperluette ou perluète.
"il faut", mais le fallait-il il y a plus de trois cents ans ?
Je le crois. Mais par contre, la forme orthographique en était peut-être différente.
Merci Herodote et Lamaneur.
Bien sûr, je connaissais le Père Luète, mais je ne pensais pas son origine aussi lointaine, je croyais plutôt que c'était apparu avec l'imprimerie. Je n'avais pas fait l'effort de chercher, c'est tellement plus facile de poser la question ici. 😉
De plus, je n'étais pas sûr du bien-fondé de l'appellation "et commercial", que lui donnait mon père.
Le & est en fait une ligature qu'on trouve assez tardivement dans les manuscrits écrits surtout en minuscule caroline (nos minuscules d'imprimerie) ou en cursive soignée.
Contrairement au abréviations, extrêmement nombreuses dans les mss., elles ne permettent pas de "gagner de la place" ou d'écrire plus vite ; elles ont plutôt au départ une fonction esthétique.
C'est le cas des trois ligatures conservées dans les caractères Garamond des éditions de la Pléiade : le fi, le ct et le st (je ne sais pas leur code).