L’agrégation : une voie "sûre" ?
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Pour répondre à votre question, je dirais que le travail d'un professeur agrégé débutant ne diffère pas, à mon sens en tout cas, de celui d'un certifié. Certainement aura-t-il le souci de perfection et d'excellence et approfondira davantage ses cours que le professeur certifié, mais en dehors de cela, je ne vois pas trop ce qui pourrait être différent.
Merci à tous pour vos éclairages.
Merci. Vous semblez vous placer dans l'optique du cours magistral, mais c'est normal. Vous en reviendrez.
M'autorisez-vous une remarque qui déborde de la question initiale?
Où que l'on enseigne, comment transmettre, comment faire progresser chacun ? Toute la pédagogie est là et nous ne sommes pas sûrs de réussir à faire réussir. Mais on s'attache à persévérer …
C'est le cœur du métier.
Oui, et j'ajouterais comment faire faire.
Certainement aura-t-il le souci de perfection et d'excellence et approfondira davantage ses cours que le professeur certifié
Je ne puis être d'accord avec ce point de vue.
Le souci de perfection et d'excellence doit animer tout professeur qui veut exercer au mieux le travail pour lequel il a été recruté, et le métier qu'il a choisi (non par défaut) : instruire des enfants, si divers soit-ils, et les faire progresser dans le savoir.
Comme il a été dit plus haut, l'agrégation n'est pas un certificat de compétence. Les professeurs certifiés peuvent faire preuve d'un souci de perfection, d'une créativité et d'un savoir-faire dans la transmission des savoirs supérieurs à celui de leurs collègues agrégés. Le contraire est tout aussi vrai.
De plus certains agrégés étant d'anciens certifiés, leur personnalité et leur pédagogie ne va pas changer du jour au lendemain.
…..
Je n'avais pas vu les deux messages précédents, postés au moment où j'écrivais.
Je vais dans ce sens bien entendu.
Imaginons deux classes similaires, par exemple deux classes de seconde générale dans un même lycée. L'une ayant comme prof de maths un certifié, l'autre un agrégé. Si l'agrégé approfondit plus son cours que son collège et confrère certifié, on aurait une classe qui étudierait plus de choses que l'autre. Ce serait bizarre, non ?
Là n'est pas le problème.
Deux classes de même niveau peuvent avoir deux professeurs de mathématiques (deux agrégés ou deux certifiés, là n'est pas le problème).
Les enseignements de toute façon ne seront pas identiques, car les professeurs (même de mathématiques 😉 ) ne sont pas des robots, et que leur personnalité est différente.
Cela ne veut pas dire que le programme ne sera pas mené selon les instructions officielles.
En effet, il y aura un effort de réflexion de ma part à mener sur ce point. A mon avis, je me calque beaucoup trop sur ce que je lis et sur ce que j'ai connu. Néanmoins, je ne doute aucunement des qualités d'un professeur certifié. Comme vous le dites si bien, certains certifiés enseignent bien mieux que leurs homologues agrégés.
@floreale: Comment transmettre ? Bonne question. Je dirais, bien que cela soit chronophage, essayer d'adapter son cours de sorte qu'il puisse bénéficier à tout un chacun, ne pas hésiter à se remettre en question. Selon moi, travailler avec l'humain suppose, voire exige une certaine humanité. -logique, me direz-vous-. Qu'est-ce que j'entends par là ? Essayer, autant que faire se peut, d'apporter le plus d'éléments de connaissances aux élèves sans pour autant vouloir à tout prix faire du bachotage, aller au plus vite. Mais cela, malheureusement, comme je l'ai dit plus haut, est parfois impossible quand l'on enseigne dans le secondaire.
J'ai, moi aussi, une question à vous poser: Qu'est-ce qui vous a poussés à passer le concours de l'agrégation et comment vous êtes-vous sentis une fois que l'avez obtenu ?
1° Le défi personnel (cf. ce qu'a dit Laoshi).
2° La possibilité de m'inscrire sur des listes d'aptitude ou de postuler à des concours qui exigent l'agrégation comme titre d'accès.
3° Un traitement plus élevé (je suis franc, comme vous le voyez).
Ce sont en effet (en partie) les mêmes raisons qui me poussent à vouloir passer l'agrégation. Ce titre représente-t-il pour vous un sacerdoce, ou il importe peu à vos yeux ?
Quoi de mieux que la franchise ? Il y en a qui crachent sur l'agrégation et qui, par souci alimentaire, envisagent de la passer, d'après ce que j'ai lu…
C'est la profession qui est un sacerdoce, pas le titre en lui-même. Je n'ai pas l'orgueil de mon titre et je trouve souvent qu'on s'en fait une idée trop valorisante. Je me plais à dire que ce n'est qu'un concours de recrutement de professeurs du secondaire et des classes prépas. En lui-même, il ne donne pas accès à plus. Si vous voulez être prof à l'université (sauf dans le cas des postes de PRAG) ou dans une ENS, il faut avoir bien d'autres références.
C'est aussi un concours en décalage. Il révèle certes des qualités que je ne nie pas, mais que prouve-t-il ? Que l'on est capable de faire des cours magistraux en classe prépa, c'est à peu près tout. Je vous le redis, si vous êtes agrégé, ce que je vous souhaite évidemment, vous aurez presque tout à apprendre ensuite. Et ce n'est pas l'année de stage qui vous formera.
En Finlande, et maintenant en Estonie, l'examen probatoire n'a rien de commun. Mais il est vrai qu'on travaille dans un tout autre esprit, beaucoup moins encyclopédique, et avec des principes que je défendrai jusqu'à ma mort, donc encore longtemps j'espère :
Principe n°1
Ne pas croire que le transfert s'effectue spontanément du maître à l'élève, et qu'il suffit au maître de "bien expliquer" pour que l'acte pédagogique soit valable.
Principe n°2
Il faut saisir toutes les occasions de faire mettre la main à la pâte à l'élève.
Et c'est difficile, pourquoi ?
Prenez une classe standard, de collège ou de lycée.
Les élèves se satisfont tout à fait du cours magistral, pourquoi ?
- un quart profite du cours, même si d'autres méthodes les mèneraient encore plus loin, mais admettons.
- un quart, non concerné par ce que le professeur dit ou totalement dépassé parce que celui-ci croit être clair alors qu'on ne le comprend pas (et ce n'est pas qu'une question de vocabulaire), peut "dormir" ou finir en douce un jeu en ligne qui, interrompu, lui ferait courir le risque d'une disqualfication.
- un quart, dans la même situation, vous mène la vie dure au maître parce que le fait de ne pas y arriver, d'être soulé de paroles, ou d'avoir l'impression que le monde de l'école n'est pas le sien engendre chez lui de l'agressivité, et que vous êtes la cible idéale.
- un quatrième quart se lance dans le trollage (autrefois, c'était dans la contestation idéologique).
A part cela, passer l'agrég, deux fois dans mon cas, a été une expérience inoubliable, "le bon temps", quoi…
Je trouve aussi que la profession en elle-même est un sacerdoce, plus encore que le titre. Néanmoins, il est à mon sens indéniable que ce titre en question rassérène plus d'un, donne (l'illusion, peut-être) l'impression à celui qui a passé l'agrégation, d'avoir enfin terminé son parcours.
Je n'envisage pas forcément d'enseigner à l'université. Le côté rationnel du métier me manquerait un peu, bien qu'il puisse exister à l'université, mais dans une mesure moindre que dans le secondaire et/ou en prépa.
Merci à vous, j'espère aussi être agrégé, mais avant tout un bon enseignant, qui apporte quelque chose à ses élèves. Même à ceux qui n'aiment pas la matière, qui sait, aiguiser leur esprit critique, les faire réfléchir sur des sujets divers…
Je trouve l'enseignement "vertical" -du professeur vers les élèves- un brin "radical". On dirait presque que cela signifie "Apprends et tais-toi". L'élève ne doit pas être qu'un apprenant, il doit, toujours à mon sens, être acteur de sa scolarité, aider le professeur à lui transmettre ses connaissances. (Je ne peux m'empêcher de penser à Gargantua en affirmant cela ! 🙄 )
Pour finir, même en prépa, je pense que le cours magistral doit être limité, l'étudiant devant encore participer, "mettre la main à la pâte ", comme vous le dites si justement.
Une question (deux, même) qui je l'espère ne seront pas trop indiscrètes : Vous avez passé l'agrégation à deux reprises, certes, mais deux années de suite ? Étiez-vous admissible la première fois?
Oui, deux fois consécutives, et la première fois, j'ai été admissible. Malheureusement, j'ai gâché ma chance par une impréparation coupable aux épreuves orales, notamment à la leçon, si bien que mes notes ont offert une image assez fidèle des montagnes russes.
Je me suis fait sonner les cloches par ma femme qui m'avait déchargé des tâches domestiques les plus lourdes, et qui m'a fait comprendre qu'il n'y aurait pas de troisième essai dans ces conditions. 😂
Je précise que c'était en lettres classiques, une spécialité intéressante à cause du bel équilibre entre le français, le latin et le grec (ma matière de prédilection avec l'ancien français).
Je vous remercie, Yvain. Je présume donc que vous l'avez passé en interne, option que je n'avais pas encore envisagée dans le cas où financer une année d'études supplémentaire serait impossible pour moi. Merci énormément pour tous vos renseignements.
Seul l'agrégation externe existait en ce temps-là. Mais j'étais déjà certifié et en service.
J'ai, moi aussi, une question à vous poser: Qu'est-ce qui vous a poussés à passer le concours de l'agrégation et comment vous êtes-vous sentis une fois que l'avez obtenu ?
Si mon point de vue t'intéresse, pour ma part, tout simplement, ayant passé le CAPES l'année précédente, je voulais achever le cycle de mes études pour être professeur (impression fausse d'ailleurs, on n'achève jamais rien…).
Une fois que je l'ai obtenue, je me suis réjouie, à l'idée d'avoir un emploi du temps plus léger et d'être mieux payée. Pour le reste, j'ai conservé le même poste en collège et n'ai pas changé ma façon d'être. Mais je me suis sentie plus libre.
Ton message 32, Teddy01, me paraît frappé au coin du bon sens. Tu seras sûrement un bon enseignant.
D'accord et merci pour ces précisions, @Yvain.
@Laoshi, je suis sincèrement touché par votre message. Il me pousse, comme tous ceux de vos collègues, à redoubler d'efforts pour atteindre mes objectifs. Pour ce qui est de votre parcours, c'est celui-ci que j'avais envisagé de suivre.
Excusez-moi, je voudrais poser une question qui vous paraîtra peut-être débile : y a-t-il dans les universités des classes ou des cours ou je ne sais quoi qui préparent le passage de l'agrégation ? Si oui, quel diplôme faut-il avoir pour y entrer ?
Oui, bien sûr, il existe des cours. Il faut avoir un master pour s'y inscrire ou un diplôme reconnu équivalent.
Alors l'agrégation est du niveau bac+6 !