Stendhal, Le Rouge et le Noir, II, 24 - Forcé de passer huit jours à Strasbourg…

Entraide scolaire

6 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour, je suis en première et je dois commenter le début de ce chapitre.
J'ai pensé à une problématique du style : Comment l’auteur exprime-t-il le doute de Julien ?
Et je suis arrivé à ce plan:
I Une imagination mise à mal
a Une ambition passée
b Une noire imagination
c Renforcée par la solitude

II Le doute
a Aime-t-il Mathilde ?
b Mathilde l’aime-t-il ?
c

III La rencontre d’un vieil ami
a Julien l’admire pour son apparence
b Une tristesse visible amenée par le doute
c Des conseils

J'aimerai savoir si c'est grave si je n'ai que deux sous-parties dans le II et ce que vous pensez de mon plan
Ce serait plus facile de te répondre avec le texte.
Donne-nous au moins les balises.
Voilà 🙂
Forcé de passer huit jours à Strasbourg, Julien cherchait à se distraire par des idées de gloire militaire et de dévouement à la patrie. Était-il donc amoureux ? il n’en savait rien, il trouvait seulement dans son âme bourrelée Mathilde maîtresse absolue de son bonheur comme de son imagination. Il avait besoin de toute l’énergie de son caractère pour se maintenir au-dessus du désespoir. Penser à ce qui n’avait pas quelque rapport à mademoiselle de La Mole était hors de sa puissance. L’ambition, les simples succès de vanité le distrayaient autrefois des sentiments que madame de Rênal lui avait inspirés. Mathilde avait tout absorbé ; il la trouvait partout dans l’avenir.

De toutes parts, dans cet avenir, Julien voyait le manque de succès. Cet être que l’on a vu à Verrières si rempli de présomption, si orgueilleux, était tombé dans un excès de modestie ridicule.

Trois jours auparavant il eût tué avec plaisir l’abbé Castanède et si, à Strasbourg, un enfant se fût pris de querelle avec lui, il eût donné raison à l’enfant. En repensant aux adversaires, aux ennemis, qu’il avait rencontrés dans sa vie, il trouvait toujours que lui, Julien, avait eu tort.

C’est qu’il avait maintenant pour implacable ennemie cette imagination puissante, autrefois sans cesse employée à lui peindre dans l’avenir des succès si brillants.

La solitude absolue de la vie de voyageur augmentait l’empire de cette noire imagination. Quel trésor n’eût pas été un ami ! Mais, se disait Julien, est-il donc un cœur qui batte pour moi ? Et quand j’aurais un ami, l’honneur ne me commande-t-il pas un silence éternel ?

Il se promenait à cheval tristement dans les environs de Kehl ; c’est un bourg sur le bord du Rhin, immortalisé par Desaix et Gouvion Saint-Cyr. Un paysan allemand lui montrait les petits ruisseaux, les chemins, les îlots du Rhin auxquels le courage de ces grands généraux a fait un nom. Julien, conduisant son cheval de la main gauche, tenait déployée de la droite la superbe carte qui orne les Mémoires du maréchal Saint-Cyr. Une exclamation de gaieté lui fit lever la tête.

C’était le prince Korasoff, cet ami de Londres, qui lui avait dévoilé quelques mois auparavant les premières règles de la haute fatuité. Fidèle à ce grand art, Korasoff, arrivé de la veille à Strasbourg, depuis une heure à Kehl, et qui de la vie n’avait lu une ligne sur le siège de 1796, se mit à tout expliquer à Julien. Le paysan allemand le regardait étonné ; car il savait assez de français pour distinguer les énormes bévues dans lesquelles tombait le prince. Julien était à mille lieues des idées du paysan, il regardait avec étonnement ce beau jeune homme, il admirait sa grâce à monter à cheval.

L’heureux caractère ! se disait-il. Comme son pantalon va bien ; avec quelle élégance sont coupés ses cheveux ! Hélas ! si j’eusse été ainsi, peut-être qu’après m’avoir aimé trois jours, elle ne m’eût pas pris en aversion.

Quand le prince eut fini son siège de Kehl : — Vous avez la mine d’un trappiste, dit-il à Julien, vous outrez le principe de la gravité que je vous ai donné à Londres. L’air triste ne peut être de bon ton ; c’est l’air ennuyé qu’il faut. Si vous êtes triste, c’est donc quelque chose qui vous manque, quelque chose qui ne vous a pas réussi.

C’est montrer soi inférieur. Êtes-vous ennuyé, au contraire, c’est ce qui a essayé vainement de vous plaire qui est inférieur. Comprenez donc, mon cher, combien la méprise est grave.

Julien jeta un écu au paysan qui les écoutait bouche béante.
Bonjour,

Il me semble que tu ne mets pas en évidence certaines caractéristiques du texte :
- un héros retourné (ou désemparé)
- les effets d'une passion naissante
- un traitement romantique caricatural (ou excessif)
- une ironie décapante (surtout à la fin).
Déjà merci infiniment !
J'ai essayé d'intégrer ces caractéristiques, j'en suis arrivé à cette problématique et à ce plan :
Comment l’auteur présente-t-il Julien dans son portrait ?

I Un jeune homme amoureux
a Une passion naissante
b Pensée obnubilée par Mathilde
c Qui le rend triste

II Un héros désemparé
a Une ambition passée
b Une noire imagination
c Renforcée par la solitude

III Une rencontre ironique
a Julien admiratif
b Conseils sur l’attitude
c Dialogue ou monologue?
C'est bien.
Revois ta problématique : Le portrait ironique d'un arriviste amoureux.
Note quand même que pour Julien Mathilde est en relation avec d'éventuels succès mondains. Julien est vaniteux.
La leçon finale implicite est que l'ennui romantique (une pose à afficher) doit être mis au service de l'ambition.