Schopenhauer, Le Monde comme volonté et comme représentation - Tout désir procède d’une privation…

Entraide scolaire

15 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour, pouvez-vous m'aider pour l'explication d'un texte ?
Tout désir procède d’une privation, c’est-à-dire d’une souffrance. La satisfaction y met fin ; mais pour un désir satisfait, dix au moins sont contrariés ; de plus le désir est long, et ses exigences tendent à l’infini ; la satisfaction est courte. Mais ce contentement suprême n’est lui-même qu’apparent: le désir satisfait fait place aussitôt à un nouveau désir ; le premier est une déception reconnue, le second est une déception non encore reconnue. La satisfaction d’aucun souhait ne peut procurer de contentement durable et inaltérable. C’est comme l’aumône qu’on jette à un mendiant : elle lui sauve aujourd’hui la vie pour prolonger sa misère jusqu’à demain. Tant que nous sommes asservis à l’impulsion du désir, aux espérances et aux craintes continuelles qu’il fait naître, tant que nous sommes sujets du vouloir, il n’y a pour nous ni bonheur durable, ni repos. Poursuivre ou fuir, craindre le malheur ou chercher la jouissance, c’est en réalité tout un: l’inquiétude d’une volonté toujours exigeante, sous quelque forme qu’elle se manifeste, emplit et trouble sans cesse la conscience; or, sans repos le véritable bonheur est impossible.

Le monde comme volonté et comme représentation, Schopenhauer.


Je pense avoir trouvé la thèse : pour lui le désir comblé n'amène pas au bohneur mais au malheur. C'est une cause de notre souffrance.

Il faut aussi que je trouve les différentes parties du texte : je pense que c'est : de "Tout désir…" à "y met fin", puis de "mais pour un…" à "jusqu'à demain" et enfin de "tant que nous sommes…" jusqu'à la fin du texte.

Je ne comprends pas trop ce qu'il dit à partir de "tant que nous sommes…" jusqu'à la fin. Est-il en train de dire qu'il faut arrêter de désirer ?
Bonjour,

Oui pour la thèse.
Je verrais plutôt deux parties :
- début jusqu'à "demain", l'illusion du désir
- "tant que nous sommes" jusqu'à la fin, vouloir satisfaire le désir est l'ennemi du bonheur.

Ce que tu ne comprends pas : il ne faut pas rendre sa volonté esclave de la satisfaction du désir. Le désir est constitutif de notre nature, comme la recherche du bonheur. Cependant trouver le second ne passe jamais par la satisfaction du premier, bien au contraire.

À titre personnel, je ne suis pas d'accord avec Schopenhauer qui professe ici l'ataraxie stoïcienne. Le désir est une force essentielle et nécessaire à l'accomplissement de notre nature imparfaite et limitée. Mais il ne faut pas nous tromper sur l'objet de notre désir. À désir mesquin, satisfaction frustrante… Mais désirer le meilleur et le vouloir peut conduire au bonheur épanouissant.
Ok, merci, vous m'aidez beaucoup

En fait…J'ai l'impression qu'il y a un contre sens car il dit aussi : "la satisfaction d'aucun souhait ne peut procurer de contentement durable et inaltérable" : si on ne réalise aucun désir on ne peut pas être satisfait mais après il dit qu'il faut arrêter de désirer pour atteindre le véritable bonheur…


Et concernant la thèse, c'est la satisfaction de nos désirs qui amènent au malheur ou le désir en lui même ? J'ai un doute avec la dernière phrase…
Il n'y a pas contresens : "la satisfaction d'aucun souhait ne peut procurer de contentement durable et inaltérable" se comprend comme "aucun souhait satisfait…"

C'est bien la satisfaction de nos désirs qui amènent au malheur car elle déçoit toujours.
Et en quoi la deuxième partie (vouloir satisfaire le désir est l'ennemi du bonheur) répond à la thèse ?
l’inquiétude d’une volonté toujours exigeante, sous quelque forme qu’elle se manifeste, emplit et trouble sans cesse la conscience; or, sans repos le véritable bonheur est impossible
Désolé, mais je ne suis pas sûr de comprendre… C'est parce qu'il dit que tant qu'on désir (sans repos) on ne peut pas atteindre le bonheur ? Et on souffre toujours ?
Pour Schopenhauer, le bonheur nécessite la paix de l'esprit, or le désir crée un trouble permanent par la conscience douloureuse du manque.
Sauf que le désir fait partie de nous donc c'est impossible d'atteindre le bonheur ?
C'est pourquoi Schopenhauer pense que le bonheur n'est possible que dans l'ataraxie stoïcienne, dans le détachement de la volonté par rapport à l'objet du désir. Mais il est vrai que cette ascèse est élitiste et, par certains côtés, inhumaine. Il vaut mieux placer son désir sur des biens qui le méritent.
Ok, merci mais je trouve que vers la fin il n'y a pas grand-chose à expliquer…
Sauf que la conception du bonheur selon Schopenhauer est austère.
De même, son approche du désir est à l'opposé de celle de Spinoza qui y voit un conatus, une force vitale essentielle, constitutive de l'être de l'homme.
Donc en fait pour lui il faut se libérer de ses désirs, être un homme sans manque = bonheur. Sauf que pour lui on ne peut pas se détacher de nos désirs. C'est donc une vision pessimiste
Ton dernier mot est un mot approprié 🙂
Et avant, c'est bon ?