Alchimie poétique : la boue et l’or

Entraide scolaire

10 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour à tous,
J'ai terminé déjà il y a un petit moment la séquence Alchimie poétique mais en en discutant avec des amis et faisant quelques recherches sur internet j'ai l'impression que je n'ai pas entièrement saisi le sujet. En effet, à travers les textes que nous avons étudié de Baudelaire (Chant d'Automne, Spleen 1 et 4) la seule relation que j'ai trouvé avec le sujet est que Baudelaire transforme la boue de son Spleen en la beauté de ses poèmes à travers son talent d'écriture (pour aller au plus simple). Nous avons eu à lire uniquement Spleen et Idéal dans les Fleurs du Mal.
Cependant je me suis rendu compte que Baudelaire tente aussi d'extraire la beauté de la boue, de choses peu attrayantes au premier abord pour la faire ressortir dans les poèmes. J'avais effectivement observé cela dans la Charogne mais j'ai l'impression de ne pas avoir beaucoup d'idées autres par rapport à ça. En effet, j'ai également vu que cette partie de l'intitulé à comprendre se situait probablement dans Tableaux Parisiens où Baudelaire dit par exemple "Tu m'as donné la boue et j'en ai fait de l'or." et tente plus réellement que dans les poèmes que j'ai étudié en classe de transformer l'horreur de sa vie et en ville en or en en extrayant la beauté. Je voulais savoir si vous aviez des poèmes à me recommander pour mieux comprendre ceci, des liens internets qui explicitent bien ce thème ou même si vous pouviez dire ce qui est très important dans cette séquence et que je n'aurais pas évoqué.
Merci d'avance
Bonjour, pour la première partie de l'oral ce n'est pas un souci mais si tu envisages éventuellement le sujet de dissertation à l'écrit ou la présentation du recueil dans la deuxième partie de l'oral, en effet ce sera trop réducteur.
Tu peux aller vers "Une charogne" bien sûr, "A une martyre", "les petites vieilles", "danse macabre", "alchimie de la douleur".
Je ne connais pas de site en particulier. En librairie tu devrais trouver des livres parascolaires adaptés. Dans ton édition des FDM (si c'est une édition scolaire "bac 2021") tu trouveras aussi des éléments (assez peu, mais cela dépend des éditions). Au fil de l'année on devrait voir "fleurir" de plus en plus de sites consacrés aux œuvres au programme.
Merci pour ces conseils, est ce que vous pourriez me donner quelques idées sur la manière par laquelle Baudelaire extrait la beauté de la boue?
Est ce que il y aurait d'autres aspects de l'intitulé qui m'aurait échappé ?
Bonjour.

Tu peux sans doute trouver des pistes intéressantes en consultant d'autres sujets analogues au tien.
En bas de page, sous "Voir aussi…".
En effet, j'avais pas remarqué merci

Deux petites questions subsidiaires une en relation avec le sujet l'autre pas réellement désolé si c'est vraiment dérangeant je supprimerai. La premiere est de savoir si il serait correct d'affirmer que dans Spleen et Idéal le Spleen l'emporte dans l'âme du poete alors que dans Tableaux parisiens il arrive à dominer la boue qui provoquait son Spleen en en extrayant la beauté?
La deuxième hors sujet, pour le poème Chant d'automne auriez vous une idée d'ouverture car je n'en ai pas réellement, ma problématique étant assez banale, sur la transformation d'une action banale en image angoissante par le Spleen.
Chant d'automne.

Comme un paysage mental, comme un chant du cygne. Un chant comme une plainte. Au-delà de la fuite du temps, au-delà du déclin de la lumière et de l'approche de l'hiver, le poète cherche un apaisement à l'angoisse et au spleen et aussi la douceur dans l'évocation de la femme aimée.
Ah mais oui évidemment en cours on a étudié que la première partie du coup j'ouvre sur la seconde un élément de l'idéal près duquel il essaie de trouver du réconfort, merci beaucoup ! Du coup ne reste plus que ma première question en suspens

Bonjour,

Je fais actuellement des révisions sur Les fleurs du Mal de Baudelaire, que nous avons étudié en classe mais je rencontre un léger problème. Effectivemant, le thème de la séquence est alchimie poétique, la boue et l’or, mais mis à part pour certains poèmes comme Une charogne ou à une mendiante rousse, je ne comprend pas très bien comment Baudelaire transforme la boue en or. Par exemple, si je prends quelques poèmes connus comme l’albatros ou l’horloge, je comprends pas vraiment quelle laideur il prélève et comment il en fait quelque chose de beau…Quel lien entre la solitude du poète ou la fuite du temps et l’alchimie poétique ? Si quelqu’un pouvait m’aider, ce serait vraiment très gentil à vous.

Merci beaucoup par avance.

Bonjour,

Je réponds ponctuellement à cette question.

Prenons l’exemple de "L’Horloge". Baudelaire dit clairement à la quatrième strophe : "…Les minutes, mortel folâtre, sont des gangues / Qu’il ne faut pas lâcher sans en extraire l’or !"

"Gangue" = boue vs "or" des minutes.

Extraire l’or des souvenirs (cf. "Remember" dans la même strophe) afin de ne pas laisser passer la vie et le temps.

Pour ce qui est de "L’Albatros", placé en début du recueil après "Bénédiction" (Baudelaire a réfléchi à l’ordre dans lequel devaient paraître ses poèmes) le poème dresse un constat de la situation du poète face à la médiocrité humaine. L’alchimie = tout un long travail poétique. On voit déjà l’or qui forge le poète (relever les expressions mélioratives : "prince des nuées", etc.), méprisé pour l’instant mais qui saura trouver dans l’Idéal le sens de son existence.

Bonjour,

Tu pourrais regarder cette page qui démontre toute l’ambivalence de la formule.

https://esprit-et-lettre-francais-lycee.nathan.fr/etude-des-oeuvres-integrales/baudelaire-les-fleurs-du-mal.html

Pour ma part, je n’assimilerais pas la boue à la laideur.

Il faut concevoir les Fleurs du mal comme une tentative d’échapper à la boue existentielle, une nature et une condition humaine mal faites, pour retrouver un paradis perdu

Le titre provocateur, qui veut dénoncer le conformisme bourgeois, peut être aussi compris comme la valeur rédemptrice de la poésie qui transforme, grâce à l’alchimie poétique, un monde imparfait et douloureux en une nouvelle création. Baudelaire tente une opération démiurgique par une esthétique "bizarre". Cette immersion lucide dans le mal existentiel a pour corollaire la poésie vécue comme une tentative désespérée et pathétique d’échapper au mal de vivre.

Le recueil suit un ordonnancement rigoureux qui révèle ce projet :

Une exposition où Baudelaire explore sa dualité, cause de son mal, « Spleen et Idéal ».

1 Dualité de l’expérience de l’artiste (I – XXI) placé entre le ciel qui l’attire et le sol qui le retient, entre les deux sources divine et infernale de la beauté.

2 Dualité de l’amour (XXII – LXIV) charnel et mystique, éros et agapè. Finalement l’amour reste ambigu.

3 Dualité de l’expérience de la solitude (LXV – LXXXV) : emporté par l’Idéal ou accablé par le Spleen, le poète découvre la fêlure de son âme, sa blessure secrète.

Puis les cinq tentatives pour échapper à cette insupportable contemplation de son mal.

1 La tentative de la charité romantique : las de l’introspection, le poète se tourne vers les « Tableaux parisiens ». Il a pitié de la mendiante, de la négresse, des vieillards. Cependant ces souffrances le renvoient à sa fatigue et à sa lassitude morale.

2 La tentative des paradis artificiels avec « le vin » : loin de faire naître la poésie, il donne soif.

3 La tentative de la débauche, des fleurs vénéneuses, des « fleurs du mal » : toutes ces curiosités malsaines le détruisent et le conduisent à la mort.

4 La tentative du blasphème : Baudelaire se tourne vers le « plus beau des anges », Satan. Dans un effort de lucidité, il voit son cri de désespoir aller grossir le fleuve de révolte qui ne peut atteindre un Dieu inaccessible.

5 Dernière tentative : la Mort avec ses multiples apparences entre lesquelles le poète ne sait laquelle lui sera destinée.

Le dénouement est constitué par « le voyage » qui résume tous les échecs des tentatives précédentes et qui laisse pressentir que la mort sera elle-même un échec de plus.