Kanjis chinois et japonais ayant la même signification

Langues vivantes

7 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour à tous.

Je me demande pourquoi il y a des kanji chinois et japonais on la même signification et la même écriture comme (le feu et l eau) merci
Il me semble que le japonais a pas mal emprunté au chinois au niveau linguistique.
Pas au niveau de la langue proprement dit…
Les deux langues, au point de vue du vocabulaire, de la grammaire et de la syntaxe, sont totalement différentes.
Mais des emprunts se sont faits au niveau de l'écriture.
Ce n'est pas parce qu'un kanji a le même sens dans les deux langues que les deux mots se disent de façon identique.
Un idéogramme, c'est un peu comme un pictogramme.

Bien des panneaux routiers ont la même signification dans de nombreux pays, mais ce qu'ils signifient ne se dit évidemment pas avec des mots identiques : chacun l'énonce dans sa langue.
Il me semble quand même que les emprunts sont non-négligeables et, même en ne connaissant que quelques mots de japonais, on est frappé par les similitudes phonétiques de pas mal de mots courants avec leurs équivalents chinois.
J'avais d'ailleurs crû comprendre qu'un certain nombre de caractères japonais ont une prononciation "chinoise" et une prononciation purement japonaise : https://fr.wikipedia.org/wiki/Kun%27yomi

En tout cas il est tout à fait possible pour un lecteur chinois de savoir grosso modo de quoi parle un texte écrit en japonais, rien qu'en se basant sur les kanji qui y apparaissent.

Bonjour, j’ai écrit un article là dessus récemment, que je vous partage (vous excuserez la mise en page qui n’est pas optimale sur cette plateforme…!)Chinois, japonais, si loin, si proche   Je suis N. DUPREZ, j’enseigne le Japonais. J’ai souhaité par le biais de cet article vous expliquer ce qu’est la langue Japonaise, et répondre à une question que tout le monde me pose : « Le Japonais, c’est pareil que le Chinois, non ? ».Eh bien pas du tout ! Il y a de fortes ressemblances notamment écrites, mais aussi de fortes différences.   Le Japonais est comme vous le savez sûrement, une langue très éloignée des langues du monde occidental. Le Japonais n’est pas écrit de manière alphabétique, mais de manière syllabique et logogrammique (un logogramme est un unique graphème notant un lemme (mot) entier et pas seulement une partie de ses phonèmes). Ce n’est pas sa seule particularité. Approfondissons un peu la question.   Caractéristiques morphologiques: c’est simple et compliqué en même temps. La langue Japonaise ne connaît ni le genre, ni le nombre, ni la personne dans ses caractéristiques morphologiques. Les noms ne changent pas de forme selon le genre ou le nombre, et les qualificatifs (qui correspondent aux adjectifs qualificatifs en français) ne changent pas de forme selon le genre ou le nombre auxquels ils se rattachent. (Cependant, ils changent en fonction de l’opposition entre l’affirmatif et le négatif, ou entre le non-passé et le passé, mais bref !). De plus, les verbes ne changent pas de forme selon la personne-sujet. Ils changent de forme, comme pour les qualificatifs, selon la fonction syntaxique qu’ils assurent dans la phrase.   Caractéristiques syntaxiques : le prédicat d’abord, mais quand même à la fin ! Le prédicat (noyau de la phrase : sa disparition détruit la phrase, elle se construit autour de celui-ci, et les autres éléments de la phrase prennent leur fonction par rapport au prédicat, soit nominal, soit qualificatif, soit verbal) se trouve toujours en fin de phrase, du moins dans la langue écrite. La fonction syntaxique des noms (sujet, complément…) est introduite par une postposition appelée particule grammaticale, ou particule fonctionnelle. De plus, nous distinguons en langue Japonaise deux niveaux de langue : polie et familier (ou neutre).   La phonétique Japonaise : Le système phonétique du Japonais, est relativement simple. Cette langue dispose d’un accent de hauteur, tout comme le Chinois. C’est-à-dire qu’il y a dans un mot, des mores (unité de son correspondant à la longueur d’un caractère phonétique, ce que l’on appelle un Kana (la notion de Kana sera traitée ultérieurement, quand nous aborderons le système écrit en détail)) qui se prononcent haut et d’autres bas. L’accent standard est caractérisé de la manière suivante : La première more et la deuxième more ont une hauteur différente et le ton ne remonte jamais une fois descendu, du moins dans un même mot. Par exemple : お↘んがく (音楽, la musique, « o↘ngaku ») Il faut veiller à prononcer le bon accent tonique, au regret de ne pas dire le bon mot !!! (Même si l’on se fait comprendre sans le bon accent…)   Le système graphique de la langue Japonaise : Le système d’écriture du Japonais est très complexe : c’est un mélange de Kanji(pictogrammes, idéo-pictogrammes, idéogrammes et idéophonogrammes (Kanji(漢字)en Japonais et Hànzì (汉字, chinois simplifié) en Chinois).Il y a environ20000Kanji (5000 suffisent pour lire un simple journal), et de deux systèmes phonétiques appelés Kana. Kana est le terme regroupant les deux alphabets syllabiques : Les Hiragana et les Katakana. La plus ancienne trace de Kanji au Japon serait le sceau offert par l’empereur de la Dynastie Chinoise des Hàn au seigneur d’un Etat situé au nord de Kyūshū, au Ier siècle.   La majorité des Kanji possède deux lectures ou plus.1)    Une lecture dite Sino-Japonaise (Sino = de la Chine), issue de la prononciation d’origine Chinoise avec adaptations au système phonétique Japonais. Par exemple : 注意se prononce chūi en Japonais.                                                        Il se prononce zhùyì en Chinois.2)    Une lecture dite purement Japonaise : transposition des mots Japonais aux Kanji. Ainsi, selon le contexte (raison qui ne sera pas expliquée ici), le Kanji se lira de telles ou telles lectures. Par exemple : Le Kanji 延 a six lectures différentes (lecture Sino-Japonaise en majuscule et lecture purement japonaise en minuscule) : EN , no (baso/beru) – prolonger, différer, repousser no (biru) – être différé/être repoussé/être prolongéUn Kanji peut donc avoir plusieurs lectures et plusieurs sens. Là est la principale difficulté que l’on ne retrouve pas dans le système écrit de Chine : en Chinois, un caractère a une seule lecture.Et vous l’aurez compris, en Japonais, on utilise plusieurs systèmes d’écriture en même temps ! Et maintenant, comparons tout cela caractères à l’appui Voici un texte en japonais :安部公房と言えば、非日本的で、故郷を持たないコスモポリタン、あるいは「無国籍作家」といったレッテルで捉えられることがいまだに多い。あらゆるレッテルがそうであるように、このレッテルもまた粗雑なものに過ぎないが、この捉え方自体にまったく根拠がないわけではないだろう。日本的な伝統から吹っ切れた、言わば「無国籍地帯」から突如出現した前衛作家(安部公房はみずから、「日本文学から何一つ学ばなかった」と言っていたそうである)。Voici un texte en Chinois :我们应该听清上帝的警告。就像一个在战场上胜利的或失败的男人那样想一想我们都干了什么。就像一个从市场上回家去的男人那样,想一想,我们是不是带回来钱财就够了?我们听清了上帝的警告——很可能女人会告诉我们 […]  Il est vrai que la langue Japonaise est très proche de la langue Chinoise, à l’écrit, dans sa syntaxe, ses caractéristiques morphologiques… Comme vous le savez maintenant, le système écrit est en partie le même pour les deux langues. Le Chinois possède un seul système écrit, les Hànzì (donc les sinogrammes), le Japonais possède les Kanji (équivalent aux Hànzì) ; mais possède aussi les Kana : les Hiragana et les Katakana, qui sont propre à la langue Japonaise. Soit trois systèmes écrits en langue Japonaise. Le phénomène des simplifications : Il y a une autre différence notable entre les Hànzì Chinois et les Kanji Japonais : Les Hànzì sont simplifiés. Le « style herbe » (écrit cursif des sinogrammes) conduit à des simplifications de plus en plus importantes du tracé. L’écriture cursive a donc introduit de nombreux caractères simplifiés, qui ont été officialisés par la réforme graphique, introduisant ainsi, les sinogrammes modernes. Máo Zédōng 毛泽东initia cette réforme dans les années 1950. Dans la grande majorité des cas, ces simplifications consistaient à accepter comme caractère ou clef de caractère des compositions héritées des styles cursifs. La réforme voulait rapprocher le chinois des écritures alphabétiques, perçues comme supérieures, et devait initier d’autres réformes ultérieures, mais celles-ci n’eurent pas lieu. Máo Zédōng souhaitait écrire le Chinois en Pīnyīn, romanisation des caractères en indiquant grâce à des diacritiques (accents) les tons :  Exemple:學 (traditionnel) 学(simplifié) xué (Pīnyīn)  Ce phénomène de simplification est plus rare en langue Japonaise. Certains Kanji courants sont simplifiés, mais c’est loin d’être monnaie courante comme en Chinois ! C’est pourquoi la langue Japonaise garde toute sa richesse (notamment étymologique), et à mon sens, la simplification altère la beauté graphique de la langue Chinoise.De nouveau un texte en Chinois où sont en gras les caractères simplifiés :我们应该听清上帝的警告。就像一个在战场上胜利的或失败的男人那样想一想我们都干了什么。就像一个从市场上回家去的男人那样,想一想,我们是不是带回来钱财就够了?我们听清了上帝的警告——很可能女人会告诉我们 […]Ce même texte, mais en traditionnel. Regardez la différence !我們應該聽清上帝的警告。就像一個在戰場上勝利的或失敗的男人那樣想一想我們都幹了什麼。就像一個從市場上回家去的男人那樣,想一想,我們是不是帶回來錢財就夠了?我們聽清了上帝的警告——很可能女人會告訴我們:[…] Et maintenant en Pīnyīn !wǒ mén yīng gāi tīng qīng shàng dì de jǐng gào 。 jiù xiàng yī gè zài zhàn cháng shàng shèng lì de huò shī bài de nán rén nà yàng xiǎng yī xiǎng wǒ mén dū gān liǎo shén me 。 jiù xiàng yī gè cóng shì cháng shàng huí jiā qù de nán rén nà yàng , xiǎng yī xiǎng , wǒ mén shì bù shì dài huí lái qián cái jiù gòu liǎo ? wǒ mén tīng qīng liǎo shàng dì de jǐng gào —— hěn kě néng nǚ rén huì gào sù wǒ mén […]  Conclusion : La langue Japonaise est un peu plus difficile graphiquement que le Chinois avec :104 Hiragana ,104 Katakana ,5000-6000 Kanji courants, pour la grande majorité traditionnels. (Le monumental dictionnaire de Kanji en 13 volumes : le « Dai Kan Wa Jiten »大漢和辞典, publié par le linguiste japonais Morohashi Tetsuji 諸橋轍次 et ses collègues, contient environ 50 000 Kanji et plus de 500 000 composés. La plupart de ces Kanji sont tombés en désuétude, mais ce dictionnaire garde un grand intérêt pour les linguistes, les historiens, et les curieux !) La phonétique Japonaise est un peu plus facile que la Chinoise. La langue Chinoise est un peu plus facile graphiquement que le Japonais :5000-6000Hànzì, courants, pour la grande majorité simplifiés. La phonétique Chinoise est un peu plus difficile que la Japonaise.   Quoi qu’il en soit, ces deux langues demandent une ouverture d’esprit, tant au niveau de la conception des choses, différente de celle de l’occident ; que des formes grammaticale et lexicale.C’est difficile. C’est exigeant. Mais le voyage vaut tellement la peine !  Bibliographie :みんなの日本語、初級一、第二版、翻訳•文法解説、フランス語版、1998みんなの日本語、初級一、第二版、本冊、1998基礎日本語文法、玲子島森、2019新しい日本語、学研、1982漢字と仮名、2018Source des extraits écrits : (sujets du CAPES 2019)Décembre 2022, N.DUPREZ

Merci de votre article très intéressant.

Très, mais vraiment très intéressant. Merci beaucoup.

J’ai une question et une toute petite remarque : j’ai cru comprendre que la jeune génération utilise de plus en plus le pīnyīn pour l’écriture et la lecture sur les téléphone portables, en particulier sur les réseaux sociaux et les messageries instantanées. Est-ce un phénomène important ? Est-ce une tendance qui annoncerait « la fin » de l’écriture traditionnelle dans le grand public - écriture qui deviendrait réservée aux plus lettrés ?

La petite remarque : vous écrivez « Il faut veiller à prononcer le bon accent tonique, au regret de ne pas dire le bon mot ». Il me semble que vous vouliez écrire « au risque de ne pas dire le bon mot » mais peut-être ai-je mal interprété.