Réponse de Madame de Francueil à Rousseau

Entraide scolaire

7 réponses

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Ce devoir consiste à écrire la réponse qu'aurait pu écrire Mme de Francueil à Rousseau (celui-ci avait envoyé une lettre expliquant l'abandon de ces enfants aux enfants trouvés)
Jean-Jacques Rousseau, Lettre à Madame de Francueil, 1751

J.-J. Rousseau a confié ses cinq enfants aux Enfants-Trouvés, organisme qui correspond aujourd’hui à l'assistance publique. Il a été pour cela l’objet de multiples attaques.

À Madame de Francueil, À Paris, le 20 avril 1751

Oui, madame, j'ai mis mes enfants aux Enfants-Trouvés; j'ai chargé de leur entretien l'établissement fait pour cela. Si ma misère et mes maux m'ôtent le pouvoir de remplir un soin si cher, c'est un malheur dont il faut me plaindre, et non un crime à me reprocher. Je leur dois la subsistance, je la leur ai procurée meilleure ou plus sûre au moins que je n'aurais pu la leur donner moi-même; cet article est avant tout1. Ensuite, vient la déclaration de leur mère2 qu'il ne faut pas déshonorer.

Vous connaissez ma situation, je gagne au jour la journée mon pain avec assez de peine; comment nourrirais-je encore une famille? Et si j'étais contraint de recourir au métier d'auteur, comment les soucis domestiques et les tracas des enfants me laisseraient-ils, dans mon grenier, la tranquillité d'esprit nécessaire pour faire un travail lucratif? Les écrits que dicte la faim ne rapportent guère et cette ressource est bientôt épuisée. Il faudrait donc recourir aux protections, à l'intrigue, au manège, briguer quelque vil emploi; le faire valoir par les moyens ordinaires, autrement il ne me nourrira pas, et me sera bientôt ôté; enfin, me livrer moi-même à toutes les infamies pour lesquelles je suis pénétré d'une si juste horreur. Nourrir, moi, mes enfants et leur mère, du sang des misérables! Non, madame, il vaut mieux qu'ils soient orphelins que d'avoir pour père un fripon.

Accablé d'une maladie douloureuse et mortelle, je ne puis espérer encore une longue vie; quand je pourrais entretenir, de mon vivant, ces infortunés destinés à souffrir un jour, ils payeraient chèrement l'avantage d'avoir été tenus un peu plus délicatement qu'ils ne pourront l'être où ils sont. Leur mère, victime de mon zèle indiscret, chargée de sa propre honte et de ses propres besoins, presque aussi valétudinaire3, et encore moins en état de les nourrir que moi, sera forcée de les abandonner à eux-mêmes, et je ne vois pour eux que l'alternative de se faire décrotteurs ou bandits, ce qui revient bientôt au même. Si du moins leur état était légitime, ils pourraient trouver plus aisément des ressources. Ayant à porter à la fois le déshonneur de leur naissance et celui de leur misère, que deviendront-ils?

Que ne me suis-je marié, me direz-vous? Demandez à vos injustes lois, madame. Il ne me convenait pas de contracter un engagement éternel, et jamais on ne me prouvera qu'aucun devoir m'y oblige. Ce qu'il y a de certain, c'est que je n'en ai rien fait, et que je n'en veux rien faire. « Il ne faut pas faire des enfants quand on ne peut pas les nourrir. » Pardonnez-moi, madame, la nature veut qu'on en fasse puisque la terre produit de quoi nourrir tout le monde; mais c'est l'état des riches, c'est votre état qui vole au mien le pain de mes enfants. La nature veut aussi qu'on pourvoie à leur subsistance; voilà ce que j'ai fait; s'il n'existait pas pour eux un asile, je ferais mon devoir et me résoudrais à mourir de faim moi-même plutôt que de ne pas les nourrir. Ce mot d'Enfants-Trouvés vous en imposerait-il, comme si l'on trouvait ces enfants dans les rues, exposés à périr si le hasard ne les sauve? Soyez sûre que vous n'auriez pas plus d'horreur que moi pour l'indigne père qui pourrait se résoudre à cette barbarie: elle est trop loin de mon cœur pour que je daigne m'en justifier. Il y a des règles établies; informez-vous de ce qu'elles sont, et vous saurez que les enfants ne sortent des mains de la sage-femme que pour passer dans celles d'une nourrice. Je sais que ces enfants ne sont pas élevés délicatement: tant mieux pour eux, ils en deviennent plus robustes; on ne leur donne rien de superflu, mais ils ont le nécessaire; on n'en fait pas des messieurs, mais des paysans ou des ouvriers. Je ne vois rien, dans cette manière de les élever, dont je ne fisse choix pour les miens. Quand j'en serais le maître, je ne les préparerais point, par la mollesse, aux maladies que donnent la fatigue et les intempéries de l'air à ceux qui n'y sont pas faits. Ils ne sauraient ni danser, ni monter à cheval; mais ils auraient de bonnes jambes infatigables. Je n'en ferais ni des auteurs ni des gens de bureau; je ne les exercerais point à manier la plume, mais la charrue, la lime ou le rabot, instruments qui font mener une vie saine, laborieuse, innocente, dont on n'abuse jamais pour mal faire, et qui n'attire point d'ennemis en faisant bien. C'est à cela qu'ils sont destinés; par la rustique éducation qu'on leur donne, ils seront plus heureux que leur père.
La consigne plus ou moins précise (quasiment illisible sur mon document polycopié) étant : "Imaginez la réponse de Mme de Francueil à Rousseau en utilisant au moins 3 arguments"
Les arguments défendus par Rousseau étaient:
-L'argent (ne peut pas élever ses enfants)
-La maladie (se présente comme malade)
-L'injustice de sa situation/Ses enfants seront mieux là-bas
Il est vrai que Rousseau a eu une enfance difficile mais doit-il faire subir le même sort à ces enfants?…
Mon devoir commence par:<
A Paris, le 30 Avril 1751.
Monsieur,
Tout d'abord je tenais à vous remercier d'avoir répondu à ma précédente lettre. Cependant, je voulais vous exprimer mon avis sur la nature de vos arguments concernant l'éducation de vos enfants.>

Je n'ai pas eu de mal à trouver cette introduction cependant c'est une autre histoire pour ce qui est des arguments que pourraient employer Mme de Francueil…
En attendant vos reponses,
conan-kun.
Reprends point par point les arguments de Jean-jacques, et madame de Francueil doit contre argumenter sur
L'argent
-La maladie
-L'injustice de sa situation
Merci de m'avoir répondu.
Cependant il me reste encore quelques points où je butte encore comme repérer des contres arguments.
-JJR fait comprendre qu'on ne peut être payé pour écrire sans être un frippon. Comment contre argumenter ceci?
Il paraît indigné mais comment Mme de Francueil aurait pu lui dire que travailler n'est pas indigne?
-Pour l'argument qu'est la maladie, je n'arrive à trouver de contre argument…("est ce que le fait que JJR et sa femme soit malades rendraient obligatoirement leur enfants malheureux" est acceptable comme contre argument?)
-Pour l'injustice de sa situation, JJR accuse (très injustement) l'état des riches (Mme de Francueil) de priver ses enfants de nourriture ("La terre produit de la nourriture pour tout le monde").Mme de Francueil peut-elle contre argumenter sur le fait qu'elle a aidé JJR et sa famille financièrement?
-JJR dit que c'est le meilleur choix possible et qu'il la fait car c'est un bon père. MDF(mme de Francueil) peut elle contre argumenter en disant:" qu'importe le choix fait, celui d'abandonner ses enfants n'est pas le bon?"(ce qui le rend mauvais père?)
-JJR dit que ces enfants seront élevés durement mais que c'est pour leur bien, ils seront heureux (du moins plus que leur père). MDF peut-elle contre argumenter en disant:" peut-on réellement être heureux lorsque l'on est élevé durement?(ce qui ne les rendra pas plus heureux que leur père?)
En attendant vos réponses,
conan-kun
JJR fait comprendre qu'on ne peut être payé pour écrire sans être un frippon. Comment contre argumenter ceci?
en donnant des exemples d'écrivains rénumérés et non fripons. Molière, Racine, la Fontaine étaient pensionnés par le Roi
Pour la suite, mieux vaut de mauvais parents que pas de parents du tout
Bien sûr que Mme de Franceuil peut contre argumenter en disant qu'elle nourrira et habillera les enfants
etc
Merci beaucoup je vais voir ce que je peux faire avec sa dsl pour le double post mais il semble que les edits ne soient pas visible comme nouveau message…enfin bref voila ma question:
comment conclure cette lettre? (j'ai mis en place les differents contre argument mais je n'arrive pas à trouver de fin a cette lettre…)
C'est une femme, elle peut conclure en disant qu'on ne doit pas séparer une mère de ses enfants, ni les enfants de leur mère
Les formules de politesse (epistoliaires) étaient-elles les mêmes au 18e siècle que celles en vigueur de nos jours?
Si non, qu'elles étaient-elles?