Traduire l’imparfait en grec

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,

J'étudie la dixième étape du manuel Hermaion qui introduit, entre autres, l'imparfait.

Un passage mentionne : "On emploie l'imparfait grec lorsqu'on veut faire sentir qu'une action passée a eu une certaine durée. Vous constaterez qu'on est souvent obligé de le traduire en français par un passé simple ou un passé composé, ce qui aboutit à ne pas rendre sa valeur d'imperfectif."
Je ne discerne pas bien en quoi l'imparfait français ne pourrait pas remplir cette fonction, le passé simple ou composé me semblent donner au contraire une nuance ponctuelle et factuelle à l'énonciation.

D'autant plus que le paragraphe précédent indique : "L'imparfait transpose dans le passé les valeurs de l'imperfectif. Ainsi ἔτρεχε, il courait, signifie, selon le contexte, soit il était en train de courir soit il avait l'habitude de courir"

Je suis un peu troublée, ces paragraphes me semblent se contredire. Pouvez-vous m'éclairer ?

Merci à vous !
Ce n’est pas faux, mais hors de tout contexte, c’est en effet peu compréhensible, donc inutilisable.

1° Il se peut qu’une action ponctuelle ait duré un certain temps : ce qui compte, c’est si elle est perçue comme révolue par rapport au moment du récit, ou si elle envisagée dans son déroulement.

Victor Hugo écrit (La conscience, LdS) :

Il marcha trente jours, il marcha trente nuits.
Il allait, muet, pâle et frémissant aux bruits.


On a bien des PS dans le premier vers : l’action a duré, c'est le moins que l'on puisse dire, mais elle est révolue quand le récit va reprendre.
Le vers 2 revient sur le parcours, saisi dans son déroulement cette fois : l’action n’est pas bornée, on a l'imparfait.

Au vers 1, on aurait l’imparfait en grec :
Τριάκοντα ἡμέρας ἐπορεύετο, τοσαύτας δὲ νύκτας (que les mânes d'Hugo me pardonnent).

2° S’il faut exprimer l’annonce d’une action passée, c’est l’imparfait qui sera utilisée puisque l’action n’est pas bornée. C’est l’imparfait inchoatif.
Ὁ δὲ Τευτίαμπλος ἔλεγε τοίαδε (Thucydide) ; "Alors, Teutiaplos prononça les paroles que voici : "…"


3° S’il faut exprimer un effort, une volonté forte de tendre à un résultat, on aura aussi l’imparfait en grec ; on lui donne le nom latin d’imparfait de conatu (d’effort) :

Ὁ μὲν τοσαῦτα εἰπὼν οὐκ ἔπειθε τὸν Ἀλκίδαν (Thucydide) Avec ces quelques paroles, il ne réussit pas à persuader Alcidas.
Merci beaucoup Yvain, votre réponse m'a sortie de mon embarras.

Savez-vous où je pourrais en apprendre plus à propos de ces particularités (aspects ?), j'ai regardé dans ma grammaire (Ragon) dans la partie "Temps et aspects" mais ils ne me disent rien d'aussi précis. Mis à part un petit aoriste gnomique maigrement justifié par "des raisons d'aspect"…
Si vous êtes débutante, assimilez les bases, la morphologie surtout, et pratiquez le texte. Vous apprendrez tout de manière beaucoup plus authentique. Les grammaires spécialisées, ce sera pour plus tard.
Je vous en indique une, mais à manier avec précaution, surtout au début :

Nouvelle grammaire grecque
, de Joëlle Bertrand (prof de khâgne à Louis-le-Grand), éd. Ellipses.
Bien que je continue l'étude du grec ancien, après avoir passé l'épreuve au bac, je pense pas être réellement sortie de la catégorie "débutante", du moins pas encore. J'irai jeter un coup d'oeil si j'en ai l'occasion. Cela m'a l'air tout à fait fascinant !

Merci beaucoup pour votre aide.