Mystérieuse lamentation

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2 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Je rapatrie ici la question posée sur un autre forum :
En finissant ma lecture des Perses du grand Eschyle, dans une traduction que je ne connaissais pas – celle de Jean Grosjean, pour la Pléiade – j'ai été surpris par l'emploi d'un verbe inconnu et pour le moins singulier. Nous nous situons dans l'épode finale (v. 1070-1071); Xerxès, accablé, geint: «Iaule par la ville.», le chœur lui répond « Ah! iaulons, oui, oui. ». D'autres traductions suggèrent: «Poussons nos cris» ou «que le cri de douleur remplisse la ville ». On comprend l'idée.

J'ai effectué une petite enquête, et tant les dictionnaires que les moteurs de recherche sont restés infructueux; ils ne connaissent pas ce qui ressemble à un verbe iauler. Je suppose qu'il s'agit d'un néologisme créé par l'honorable traducteur, s'inspirant du terme grec ἰωή, n.f. la plainte, utilisé par le grand tragique dans ce passage précisément.

Dans l'espoir que l'un parmi vous ait une réponse plus éclairée à cette question, je me remets à vous.
https://www.achyra.org/francais/viewtopic.php?p=102150#p102150

Si quelqu'un a une proposition de réponse, je l'indiquerai sur l'autre forum en renvoyant ici.
Le verbe iauler est un nonce word malheureux du traducteur. Le texte grec porte ἰωά, qui est une variante, unique, de l'interjection ἰώ bien connue chez les Tragiques. Le Bailly ne la mentionne pas, à la différence du Liddell Scott qui la distingue du nom ἰωή, "cri" ou "bruit", même si la parenté entre les deux formes est évidente, surtout si l'on tient compte du fait que ἰωά peut être la forme dorienne de ἰωή.

Je traduirais ainsi le vers 1070 :

- Las ! las ! par la ville.