Questions sur la première Olympique de Pindare (morphologie, dialectes)

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4 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,

J'espère que vous passez un été agréable. Je soumets à votre sagacité quelques petites questions sur la première Olympique de Pindare. La langue pindarique étant assez bigarrée (dorien, épique, éolien) j'ai parfois un peu de mal à distinguer les différents traits dialectaux (sauf pour les dorismes impressionnants du genre absence d'assibilation ou génitifs pluriels en ᾱ́ν ou première personne du pluriel en -mes)… Et comme la langue homérique artificielle est elle même pleine de traits éoliens je distingue parfois mal les traits "épiques" des traits "éoliens".

Questions sur la première Olympique :

Morphologie :


δαμέντα : participe aoriste passif, accusatif sg : pourquoi pas δαμασθέντα ? Il y a un autre lemme ?

Variantes dialectales :


ἔλδεαι : je reconnais ici de l'ionien (deuxième personne moyenne stade entre la chute du sigma intervocalique et la contraction) mais chez Pindare c'est impossible. Qu'est-ce donc ?
γαρύεν : c'est un dorisme ? (alpha à la place du hêta, infinitif en -en)
ἁλίου : dorisme ? (alpha à la place du hêta)
ἁμέρᾳ : dorisme ? (alpha à la place du hêta)
ἀρετᾶν (pour le génitif pluriel) : dorisme ?

Au niveau des pronoms : le "oi" à la place du αὐτώ, je reconnais là-dedans un trait ionien mais encore une fois, impossible chez Pindare. C'est de l'épique ? Et quid du νιν à la place du αὐτόν

De même le relatif au génitif singulier τοῦ : c'est un trait épique ?

ἐρύσσατο : la gémination du "s" à l'aoriste sigmatique est un trait épique ?
ἐξαπατῶντι : dorisme ? (pas d'assibilation)
θεοῖσι/δρόμοισι : datifs pluriels épiques ?

Bien cordialement,

Maxime.
δαμέντα : participe aoriste passif, accusatif sg : pourquoi pas δαμασθέντα ? Il y a un autre lemme ?

Ce verbe confond partiellement sa conjugaison avec celle de δάμνημι, ἔδαμην relève de cette dernière. La forme est épique (Homère).

ἔλδεαι : je reconnais ici de l'ionien (deuxième personne moyenne stade entre la chute du sigma intervocalique et la contraction) mais chez Pindare c'est impossible. Qu'est-ce donc ?

Impossible ? Et pourtant cela est ! Liberté imprescriptible des poètes… Cela dit, l’absence de contraction après la chute du sigma est commune à presque tous les langages poétiques.

γαρύεν : c'est un dorisme ? (alpha à la place du hêta, infinitif en -en)

Oui, c’est d’ailleurs un doublet de γαρυέμεν, forme dorienne s’il en est.

ἁλίου : dorisme ? (alpha à la place du hêta)
ἁμέρᾳ : dorisme ? (alpha à la place du hêta)
ἀρετᾶν (pour le génitif pluriel) : dorisme ?


Oui pour le α-, oui aussi pour le -ᾶν.

Au niveau des pronoms : le "oi" à la place du αὐτώ, je reconnais là-dedans un trait ionien mais encore une fois, impossible chez Pindare. C'est de l'épique ? Et quid du νιν à la place du αὐτόν
De même le relatif au génitif singulier τοῦ : c'est un trait épique ?


Voilà Pindare pris à récidiver en employant des formes poétiques communes illustrées par Homère. Les poètes empruntent beaucoup, mais rendent rarement.

ἐρύσσατο : la gémination du "s" à l'aoriste sigmatique est un trait épique ?
ἐξαπατῶντι : dorisme ? (pas d'assibilation)
θεοῖσι/δρόμοισι : datifs pluriels épiques ?


Oui à tout.

Bien cordialement,

De rien : vous me donnez envie de me replonger un peu dans les… Pythiques.
Une nouvelle fois merci pour le temps que vous m'accordez, Monsieur ! Toujours un plaisir de bénéficier de votre expertise sur ce forum !
Au niveau des pronoms : le "oi" à la place du αὐτώ, je reconnais là-dedans un trait ionien mais encore une fois, impossible chez Pindare. C'est de l'épique ?
Ce n'est pas un "trait ionien" mais un archaïsme (grec et au-delà) que la langue de Pindare conserve ; attention à ne pas adopter un point de vue trop scolaire et attico-centré.