Merci beaucoup, Edy, de cette analyse dense que je vais lire et relire…
Voici ma première question :
Vous dites "(…) qu’on parle d’apposition uniquement dans les schémas Nom / pronom / infinitif + NOM, et qu’en l’espèce le second élément est un verbe. (…)"
Les schémas officiels d'apposition sont donc au nombre de 3 et du type :
NOM suivi de NOM
ou bien PRONOM suivi de NOM
ou bien INFINITIF suivi de NOM
Ai-je bien compris ?
Deuxième question :
Vous indiquez : "permettez-moi de ne pas voir une apposition dans « l’idée D’ALLER À LA PÊCHE », mais d’y voir un complément du nom, sans plus."
A la lecture des éléments précédents, la "punition de rester à la maison" n'est donc pas davantage une apposition?
Enfin, selon votre dernier point, dans la phrase "Elle me fait part de son désir : aller à Paris", nous avons bien affaire à une apposition (selon certains linguistes) ?
Bonsoir, Léah !
Je me réjouis que vous ayez eu quelque plaisir à retrouver l'enseignement de vos maîtresses et de votre expérience.
Bonsoir, John !
Vos analyses sont fines : vous m'avez donné du fil à retordre. Bravo pour vous ! Surtout si le français n'est pas votre langue maternelle.
Question 1. Exact.
Sous réserve de ce que j'ai lu in extremis dans une grammaire isolée :
nom + verbe(s).
Question 2. Exact.
Selon moi, ce sont des compléments de nom.
Je précise :
- L'idée d'aller à la pêche… : l'infinitif est traité comme un syntagme nominal ; c'est aussi une redondance grammaticale, puisqu'on peut dire plus simplement : Aller à la pêche me réjouit.
- Le fait que j'aille (le subjonctif présent pallie l'absence de subjonctif futur en français) : la proposition en QUE est traitée comme un syntagme nominal ; c'est aussi une redondance grammaticale, puisqu'on peut dire plus simplement : Que j'aille à la pêche me réjouit.
Les deux tournures sont aptes à donner n'importe quelle fonction respectivement à l'infinitif et à la proposition. Par exemple, pour la seconde :
* Elles ne sont pas liées AU fait que je suis Bordelais. (Mauriac)(COI)
* DANS le fait que je suis Bordelais, je vois que… (CC)
* LE FAIT que je suis Bordelais ne m'a pas empêché… (Sujet)
* Je n'écarte pas LE FAIT QUE le décor a pu étonner. (COD)
Question 3. Exact.
J'ajoute que cela me semble, en fin de compte, raisonnable et cohérent. Je vais demain fouiller dans d'autres grammaires.
Bonjour à tous!
Quelques remarques personnelles sans grandes prétentions, mais bon, autant tout dire dans de tels travaux…
Vous vous interrogez, John, quant au "de" devant un infinitif. Je pense que le problème de l'analyse de cette préposition est à la hauteur de la difficulté que nous aurons déjà à répondre à votre problématique, c'est-à-dire qu'il vaudra mieux éviter de mener les deux de front…
Édy, je me demande si c'est judicieux, dans votre message d'hier à vingt heures quatorze, que de refuser ce que propose John pour "souhait", "volonté", et "choix". Vous nuancez vous-même, en fait, mais peut-être serait-il bon d'aller un peu plus loin…
Dans ce même message: "d'aller à Paris" ne dépend pas d'un verbe… Ça prête à discussion! Verbe nominalisé mais verbe quand-même! À ceux qui ont fait du latin, ça leur rappellera quelque-chose, sans-doutes…
Encore, si l'on admet que "désir" peut signifier le désirer et le désiré, et que "d'aller à la pêche" est le désiré, alors, rapidement, l'apposition que vous rejetez semble vouloir survivre un peu! Mais, là aussi, vous avez tout prévu, et rappelez qu'il reste la syntaxe… Cela ne risque-t-il pas de devenir artificiel? À voir…
Dans le sixièmement de ce même message on lit: "La relative explicative n'équivaut pas à une apposition, du moins selon la syntaxe."… Pourquoi pas?
À bientôt!
Cher Bâ,
Faites-moi le plaisir d'amender ma note. Vous êtes de taille à le faire. Je suis curieux de savoir comment vous allez analyser "d'aller à Paris".
J'ajoute pour John :
* La punition [de rester à la maison].
Il ne peut pas y avoir d'apposition puisque les deux groupes ne sont pas coréférents, ne représentent pas la même réalité : "la punition" et "de rester à la maison".
C'est comme si vous me disiez que, dans "la peine [de mort]", il y a une apposition…
De part et d'autre, ce sont des compléments de nom.
Amicalement à vous deux,
Bonsoir, Cher Édy!
Faites-moi le plaisir d'amender ma note. Vous êtes de taille à le faire.
Oulah! Je n'ai pas cette prétention!, et l'ai bien précisé au début de mon message…
Pour "la punition de rester à la maison", vous avez sûrement raison, mais je suis très gêné… Une irrésistible envie de mettre un signe "=" au niveau sémantique… Par exemple: un professeur dit: "Si vous dérogez aux règles vous serez sanctionnés en conséquences, par une de ces punitions: _ Écrire vingt lignes puis deux cents puis deux mille, _ Recopier trois fois le Codé Pénal, _ Faire le tour du collège à cloche-pied."… Voyez-vous où je veux en venir, même si je me trompe?
L'absence de la préposition DE et l'emploi de : me conduisent à une triple apposition, comme vous, je pense.
La sémantique est la même, c'est dans la syntaxe que cela diffère.
Bonjour Édy!
"une de ces punitions: _ Écrire vingt lignes puis deux cents puis deux mille, _ Recopier trois fois le Codé Pénal, _ Faire le tour du collège à cloche-pied.""
Et si j'écris: "la punition d'écrire vingt lignes puis (…) ou de recopier, etc."…
Est-ce que vous pensez qu'il est logique et cohérent que de changer d'analyse entre la première et la seconde écriture?
Bonjour Bâ !
Je réfléchis encore, mais je bute toujours sur la même chose : l'apposition ne se construit indirectement (avec une préposition) que dans quelques cas (ville de Paris, le mot de gueux, cette putain de pendule ; dans le second exemple, l'absence de DE est même préférée aujourd'hui), et je ne trouve pas encore l'infinitif : la punition de copier.
En renvanche, plus je cherche, moins je trouve matière à contester encore l'existence d'un verbe comme apposition.
Cherchons et réfléchissons encore.
Bon dimanche ! Il fait "soleil", comme j'entendais parfois dans le Midi.
Quelle est d'ailleurs la fonction de soleil ? Autre sujet à mettre à l'agenda.
Cordialement,