Association indicatif passé + subjonctif

Langue française

10 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonsoir,

En tant que romancière, je suis confrontée à un problème de conjugaison. Dans mon dernier roman (fiction) en cours de relecture, je me suis rendue compte qu'à la rédaction, j'ai associé spontanément l'imparfait et le passé simple au subjonctif présent. Or, avec la règle de concordance des temps, j'aurais dû compléter l'imparfait et le passé simple avec le subjonctif passé ou imparfait.

Le second souci, c'est qu'il s'agit d'un roman adressé principalement aux adolescents et jeunes adultes et que je trouve que l'emploi du subjonctif passé et imparfait (même s'il est plus logique ou qu'il devrait prendre la priorité) alourdit beaucoup le récit. Je ne voudrais pas les faire fuir.

Je vous donne un exemple. J'ai écrit : Il s'agissait d'une petite librairie à l'intérieur sombre, si bien qu'elle crut un instant qu'elle était fermée, jusqu'à ce qu'elle voie un homme poser un livre dans la vitrine.
Avec la concordance des temps, j'aurais dû écrire : Il s'agissait d'une petite librairie à l'intérieur sombre, si bien qu'elle crut un instant qu'elle était fermée, jusqu'à ce qu'elle vît un homme poser un livre dans la vitrine.
Je trouve la première version beaucoup plus soft que la seconde, surtout pour des adolescents. Et encore, la troisième personne du singulier du subjonctif imparfait est plus soft que la troisième personne du pluriel du même temps, ce qui donnerait "jusqu'à ce qu'ils/elles vissent".

Sur Internet, j'ai lu que le langage courant permettait l'emploi du passé simple et de l'imparfait avec le subjonctif présent. Qu'en est-il vraiment, surtout lorsqu'il s'agit d'un roman ?

Je vous remercie infiniment si vous pouvez m'aiguiller.

Angélique
Oui, le subjonctif imparfait, malheureusement, ne s'emploie plus guère et le présent le remplace à cette occasion. Votre scrupule vous honore, mais il faut bien faire à Rome comme font les Romains.
Merci pour votre réponse. Donc dans le cadre d'un roman (qui sera lu du grand public), l'emploi de l'indicatif passé avec le subjonctif présent n'est pas considéré comme une erreur rédhibitoire ? Je ne voudrais pas me faire taper sur les doigts par les puristes de la langue française (moi-même étant assez perfectionniste à ce niveau-là), ni, comme je le disais, effrayer les adolescents avec un langage plutôt soutenu. En résumé, je cherche un juste milieu qui ne déplaira à personne.
Dans votre exemple, je ne trouve pas que le subjonctif imparfait alourdisse vraiment la phrase.
Et puis, ce sera peut-être l’occasion pour certains de découvrir cette curiosité. 🙂
Les lecteurs ne découvriront rien, puisque vît sera compris comme un passé simple ; mais cela ne gênera nullement la compréhension.
J'emploie assez couramment l'imparfait du subjonctif, mais je reconnais qu'il sent son vieux temps. Dans certains cas toutefois, il est difficile à éviter, comme derrière bien que.
Les lecteurs ne découvriront rien, puisque vît sera compris comme un passé simple
Et le chapeau, Yvain, et le petit chapeau ? ^^^^ 😀
Et d'ailleurs, le passé simple, ça existe encore ? 😀
angélique0331 a écrit :Merci pour votre réponse. Donc dans le cadre d'un roman (qui sera lu du grand public), l'emploi de l'indicatif passé avec le subjonctif présent n'est pas considéré comme une erreur rédhibitoire ?
Meuh non, n'ayez crainte.
Cela dit, il faut tenir compte du registre utilisé dans tout le roman. S'il est écrit dans un style très soutenu, on peut très bien continuer de respecter la concordance des temps classique, au prix d'une certaine préciosité.
S'il est écrit dans un style correct mais sans prétention, dans ce qu'on appelle la langue courante, alors le présent passe très bien et est bien sûr le plus usuel aujourd'hui.

https://www.etudes-litteraires.com/grammaire//conjugaison50.htm
L'emploi de l'imparfait ou du plus-que-parfait du subjonctif est aujourd'hui réservé à la langue écrite et particulièrement dans la langue littéraire. C'est pourquoi surtout dans la langue parlée, et parfois dans la langue écrite ordinaire, on procède aux substitutions suivantes :

On remplace couramment l'imparfait par le présent :
- Il fallait que vous sachiez (subj. présent) conduire pour obtenir votre permis (Au lieu de : Il fallait que vous sussiez (subj. imp) conduire pour obtenir votre permis).

On remplace couramment le plus-que-parfait par le passé :
- Il fallait que nous ayons su (subj. passé) conduire pour obtenir notre permis (Au lieu de : Il fallait que nous eussions su (subj. pqp) conduire pour obtenir notre permis).
https://www.etudes-litteraires.com/grammaire/concordance-des-temps


https://www.etudes-litteraires.com/forum/d/21387-concordance-des-temps-subjonctif-present-subjonctif-imparfait.html
https://www.etudes-litteraires.com/forum/d/20418-subjonctif-present-ou-imparfait.html
Laoshi a écrit :
Les lecteurs ne découvriront rien, puisque vît sera compris comme un passé simple
Et le chapeau, Yvain, et le petit chapeau ? ^^^^ 😀
Et d'ailleurs, le passé simple, ça existe encore ? 😀
Au fait, le logiciel Word ne détecte pas toujours l'oubli de l'accent circonflexe ^^!
Beaucoup d'élèves mettent justement un accent circonflexe à la 3PS du passé simple.

Et le passé simple est tellement connu qu'il est très difficile de faire écrire un texte au présent à des élèves, même de 6ème. On voit par là que le PS est vraiment un marqueur important. Ce qu'ils font par contre, ce sont des fautes de conjugaison, du genre "il prena", ou des confusions aspectuelles.
Les lecteurs ne découvriront rien, puisque vît sera compris comme un passé simple ; mais cela ne gênera nullement la compréhension.
J'emploie assez couramment l'imparfait du subjonctif, mais je reconnais qu'il sent son vieux temps. Dans certains cas toutefois, il est difficile à éviter, comme derrière bien que.
Effectivement, avec vît, je me suis dit que le subjonctif imparfait passerait inaperçu. En revanche, si on passe à la troisième personne du pluriel, qu'ils vissent, c'est beaucoup plus flagrant. Je ne pense pas que mon roman soit d'un registre suffisamment soutenu (beaucoup de dialogues qu'on pourrait échanger dans la réalité dans un langage ordinaire) pour mériter l'emploi du subjonctif imparfait, surtout à la 3ème personne du pluriel. J'imagine que l'important est que si j'utilise une fois le subjonctif présent, je dois l'utiliser partout, ou inversement avec le subjonctif imparfait, afin de garder une certaine homogénéité.

Merci lamaneur, ça me rassure. Je ne me voyais pas avoir à commencer une énième relecture pour tout modifier mais si ça avait été nécessaire, je l'aurais fait. Je prends note que l'imparfait et le passé simple s'accordent très bien avec le subjonctif présent dans un texte qui emploie la langue courante.

Merci à tous ceux et celles qui ont participé à ce sujet pour répondre à ma question.