Le doute stérilise-t-il la pensée ?

Entraide scolaire

6 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Nous venons de traiter le doute cartésien et pour conclure dessus nous devons faire une dissertation sur

Le doute stérilise t-il la pensée ?

M'étant trompée sur le plan de ma précédente dissertation (est-il utile de chercher à se connaître?) j'aimerais votre avis pour ce plan :


I- Doute méthodique : développement de la raison
a) douter c'est penser , travail de la pensée ; selon Descartes
b) le doute ammene vers la certitude
→ le doute stérilise la raison des vérités fausses

II- Doute septique : remise en cause de la pensée
a) faiblesse de la raison ; Pascal
b) doute rend infécond la pensée

III- Pensée stérilisée par l'évidence sensible
a) la révocation des évidences sensibles
si on ne doute pas des informations données par nos sens nous restons dans l'illusion et la pensée ne peux survivre

merci d'avance.
Attention à l'ambiguïté du verbe "stériliser" (tu l'as entrevue, mais il faut donner une place centrale, dans ton devoir, à cette ambiguïté, et en faire même - pourquoi pas - le principe de ton plan) :
- stériliser = rendre stérile (pas féconde) => le doute sceptique, l'épokhè (cf. les "zététiques" Pyrrhon, Sextus Empiricus)
- stériliser = aseptiser (éradiquer tous les germes qui pourraient la rendre malade = éliminer tous les faux problèmes, les concepts creux, etc.) => un doute qui épure la pensée (cf. Descartes)
Ton plan n'est pas délirant, mais il reste très thématique. En philo, le plan annonce des problèmes, pas des parties d'exposé. D'autre part, III pourrait aisément être ramené dans I. Le plan en trois parties n'est d'ailleurs pas une règle intangible. Enfin, attention à quelques maladresses de vocabulaire : des "vérités fausses", sauf coquetterie, ne signifie rien !
Je dirais que douter = réfléchir plutôt que penser. Réfléchir (flèche) est de rediriger la pensée, l'aiguiller, la raffiner.
Mesurer une pensée par rapport à sa réflexion est d'estimer sa valeur (relativement bonne ou mauvaise).
La pensée en sort plus affirmée, et…affermie.

La pensée éphémère ou futile appartiendrait plutôt au monde des songes qu'à ce monde. Est-elle pour autant plus "faible"? J"aurais trouvé un autre adjectif probablement.

Stériliser= appauvrir, épuiser, rendre stérile (pas fécond), emasculer, châtrer, castrer, aseptiser, désinfecter, étuver, pasteuriser.
Des bons et des moins bons retombés, hein? 🆒
Est-ce que le mot implique 'anéantir' ou bien 'neutraliser' ou bien autre chose? En quoi le doute peut-il faire ces choses-là?

si on ne doute pas des informations données par nos sens nous restons dans l'illusion et la pensée ne peux survivre
Ça pourrait être pas mal comme conclusion.
donc il faudrait développer dans deux parties le fait que le doute peut désinfecter, aseptiser la pensée ; mais qu'il peut également ne rien produire sur la pensée voir même la rendre stérile

il faut que je partes sur le concept principal : le doute, par le développement des deux définitions de stériliser ; pour ensuite faire une ouverture avec le concept secondaire de la pensée ?
Marie, je suis désolé, je ne peux pas répondre à ta question, je ne peux que te filer des idées.

La pensée de Descartes, généralement considéré comme l'un des premiers philosophes modernes, est une philosophie de la certitude, c'est-à-dire une philosophie de la vérité prouvée.

Elle est une réponse à la question sceptique de Montaigne "Que sais-je" et traite à parité l'existence de Dieu et l'importance relative du concepte et de l'image.

Le doute pour lui est une "méthode".

Le doute ne tracassait pas uniquement Descartes.
"1.4. Toute pensée nouvelle génère du scepticisme et du nihilisme dans la simple mesure où elle sème le doute sur des idées qu'on ne questionnait plus, et où elle nie un certain nombre de paradigmes qu'elle ne prend plus pour appui.

D'ailleurs si mes thèses malmènent en effet les notions de vrai et de beau, ou encore la raison scientifique et l'expérience esthétique, elle les sauve aussi, d'un autre côté, d'une impasse. Si je vis dans une époque où l'une et l'autre sont parvenues à une crise, je n'en suis pas le principal responsable : ce n'est pas moi qui fait de la science un label qualifiant ce qui doit être cru et ce qui ne doit pas l'être, ni de l'esthétique une pratique entièrement stérile, à côté de la vie et n'engageant à rien. "

"2.2. Le risque de scepticisme, de nihilisme ou de relativisme stérile où l'on redouterait que des thèses nouvelles n'entraînent, n'existe pas. Qu'on prenne Ptolémée, Copernic, Newton ou Einstein, le jour se lève à son heure, les saisons se suivent, et même les marées ne varient pas.

Mais varie notre conception, notre perception de cette même réalité — au point qu'elle puisse même en devenir méconnaissable. Et varient aussi nos possibilités, notre pouvoir sur cette réalité.

Or c'est bien là qu'est la question : celle du pouvoir, de la puissance — du pouvoir que donne un système signifiant sur le réel.

La notion même de « beau » semble servir à dénier une telle puissance à l'expérience esthétique ; et celle de « vrai » n'est pas loin d'avoir le même usage envers la raison scientifique : le savoir, le savoir de la vérité."
https://jdepetris.free.fr/load/recherche/recherche.3.html Jean-Pierre Depétris
oui je comprends bien, merci en tout cas pour ta réponse, je vois un peu mieux où cela nous ammene 🙂