teenspirit29 a écrit :Et pensez-vous que le métier de chercheur soit accessible si on est sérieux et vraiment passionné ? Parce que je me dis qu'il n'y a peut-être pas beaucoup de débouchés.
Le doctorat est accessible aux personnes sérieuses, motivées (et qui ont un certain niveau, parce que c'est nécessaire aussi, évidemment).
En revanche, à moins de faire partie des plus brillants (qui rencontreront forcément moins de difficultés pour obtenir un contrat doctoral, des postes d'ATER, des postdocs), il vaut mieux intégrer le fait que la voie de l'enseignant-chercheur est extrêmement sélective et que la tendance est à la raréfaction des postes. C'est d'autant plus vrai dans les domaines en difficulté, comme les lettres classiques. Pour la linguistique proprement dite, un docteur ou doctorant dans ce domaine répondra mieux que moi.
En fait, il faut être capable de travailler pour se constituer une expérience et un CV d'enseignant-chercheur digne de ce nom, tout en n'oubliant pas qu'un poste peut n'être accessible que bien plus tard (ou jamais). Comme l'écrit TheRedRoom, les normaliens peuvent avoir des atouts (logiquement) pour ce type de parcours.
Concernant le secondaire, l'expérience varie sensiblement selon le lieu et les conditions d'affectation, sans oublier les classes, bien entendu. Mon expérience a peu de choses à voir avec celle de TheRedRoom. Face à des classes difficiles, cela peut vite devenir infernal quand on est introverti et quand on n'a pas vraiment le profil du "professeur du secondaire" - ce que les élèves mal intentionnés sentent très vite.
Disons que c'est un métier très particulier. Le seul goût pour les matières (surtout si on l'éprouve pour les matières universitaires, ou si l'on vénère la Littérature ou la philologie) ne suffit pas toujours pour le faire ; le goût pour la transmission n'est pas forcément équivalent au goût et au talent pour la pédagogie scolaire.
Peut-être vaut-il mieux que je n'en dise pas beaucoup plus, de peur d'effrayer (parce qu'il y a de quoi vu mon expérience, et encore, elle n'est pas si rude que cela).
À côté de cela, il y a des collègues qui racontent de bonnes expériences, avec des classes dans la moyenne.
Ça ferait rigoler mes amis si je leur parlais de devenir professeure, je n'ai pas du tout d'autorité. S'il y a des professeurs qui répondent, est-ce que vous aviez également ce problème ? Ça s'est arrangé ?
Je n'ai fait que deux ans dans le secondaire (dans le même établissement). J'ai un tout petit peu amélioré ma pratique et mon autorité la deuxième année (la première a été invivable)… Mais on ne change pas vraiment son tempérament. La vérité, c'est que même les collègues ayant vingt ans d'expérience me disaient, par rapport à telle classe ingérable de STMG, qu'eux-mêmes avaient du mal avec elle (une exclusion définitive, une exclusion d'un mois suite à menace de mort, des dizaines et dizaines d'exclusions de cours…).
Je pense vraiment que face à certaines classes, c'est un métier peu recommandable aux introvertis. Face à 36 élèves bavards, avec au moins cinq-six élèves dissipés, c'est compliqué.
Il faut comprendre que cela n'a rien à voir avec les cours particuliers et pas grand chose à voir non plus avec les cours dans le supérieur.