Bonjour,
J'aurais deux questions au sujet d'extraits d'Une Vie de Maupassant, que je suis amenée à travailler en ce moment. (J'ai préféré les réunir en un seul et même topic, même si elles ne concernent pas le même passage du roman, pour éviter de polluer le forum…)
La première concerne la fin du roman : je vois bien qu'il s'agit d'une fin ouverte, qui laisse à Jeanne l'opportunité d'être heureuse à nouveau, même rien n'est certain (on devine par exemple qu'elle risque de redevenir trop possessive vis-à-vis de sa petite-fille, ce qui avait déjà posé problème dans ses relations avec son fils), et qui fait voir que la vie continue malgré tout. Mais je ne suis pas sûre que ces éléments suffisent à justifier le choix de cette fin (notamment si un correcteur pose les questions suivantes à l'oral de français) : pourquoi ne pas avoir continué le roman ? Comment justifier d'un point de vue narratif l'intérêt de cette fin, et le fait que cette scène de rencontre entre Jeanne et sa petite-fille (+ la dernière phrase de Rosalie) constitue un véritable point final à l'histoire ?
Je me pose cette question d'autant plus que j'ai cru comprendre que lorsque le roman était sorti en feuilleton dans le journal Gil Blas, en 1883, il avait été annoncé de la façon suivante :
Ma seconde question concerne un extrait du chapitre 2 du roman, qui dépeint la nouvelle vie heureuse de Jeanne, lorsqu'elle vagabonde librement dans des vallées, sur des falaises, près des plages. Il y est notamment dit ceci :
(Dans mon hypothèse, la deuxième partie de la phrase resterait donc plutôt figurée, puisque j'imagine mal des bouts de papier avoir des racines qui tiennent jusqu'à la mort…)
Je vous remercie d'avance pour vos lumières 😀 Bonne journée à tous !
J'aurais deux questions au sujet d'extraits d'Une Vie de Maupassant, que je suis amenée à travailler en ce moment. (J'ai préféré les réunir en un seul et même topic, même si elles ne concernent pas le même passage du roman, pour éviter de polluer le forum…)
La première concerne la fin du roman : je vois bien qu'il s'agit d'une fin ouverte, qui laisse à Jeanne l'opportunité d'être heureuse à nouveau, même rien n'est certain (on devine par exemple qu'elle risque de redevenir trop possessive vis-à-vis de sa petite-fille, ce qui avait déjà posé problème dans ses relations avec son fils), et qui fait voir que la vie continue malgré tout. Mais je ne suis pas sûre que ces éléments suffisent à justifier le choix de cette fin (notamment si un correcteur pose les questions suivantes à l'oral de français) : pourquoi ne pas avoir continué le roman ? Comment justifier d'un point de vue narratif l'intérêt de cette fin, et le fait que cette scène de rencontre entre Jeanne et sa petite-fille (+ la dernière phrase de Rosalie) constitue un véritable point final à l'histoire ?
Je me pose cette question d'autant plus que j'ai cru comprendre que lorsque le roman était sorti en feuilleton dans le journal Gil Blas, en 1883, il avait été annoncé de la façon suivante :
« C’est l’histoire très intéressante d’une femme depuis l’heure où s’éveille son cœur jusqu’ à sa mort… »Malgré quelques recherches sur le sujet, je ne suis pas parvenue à trouver l'explication de cette phrase : car, contrairement à ce qu'on pourrait attendre avec une telle annonce, le roman de Maupassant ne finit pas avec la mort de Jeanne… Doit-on comprendre que "sa mort" fait référence à la mort du cœur de Jeanne, plutôt qu'à celle de Jeanne ? Mais dans tous les cas, comment justifier la fin du roman par rapport à cette annonce ? (Ou bien dois-je juste en déduire qu'il s'agissait d'une annonce un peu trompeuse ?)
Ma seconde question concerne un extrait du chapitre 2 du roman, qui dépeint la nouvelle vie heureuse de Jeanne, lorsqu'elle vagabonde librement dans des vallées, sur des falaises, près des plages. Il y est notamment dit ceci :
"Elle semait partout des souvenirs comme on jette des graines en terre, de ces souvenirs dont les racines tiennent jusqu'à la mort."On aurait tendance à interpréter cette phrase comme étant plutôt figurée (et je suppose qu'ici "semer" signifie plus "faire pousser" que "jeter dehors ?), mais je me demandais s'il n'était pas possible de la prendre de façon plus littérale : il me semble que dans Le Cheval blanc d'Elsa Triolet (cinquante ans plus tard, certes), Francine montre à Michel des cachettes (dans la nature, donc) où elle dissimule des bouts de papier avec des dates, qui symbolisent des souvenirs - et je suppose qu'elle n'est pas la seule à faire ce genre de choses. Ne pourrait-on pas imaginer que Jeanne fasse de même, en écrivant quelques-uns de ses souvenirs heureux sur des bouts de papier pour ensuite les "semer" dans la nature ? Ou bien est-ce un contre-sens ?
(Dans mon hypothèse, la deuxième partie de la phrase resterait donc plutôt figurée, puisque j'imagine mal des bouts de papier avoir des racines qui tiennent jusqu'à la mort…)
Je vous remercie d'avance pour vos lumières 😀 Bonne journée à tous !



