Le verbe "être" accepte-t-il un COI ?

Langue française

14 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,

Dans la phrase: " ces crayons étaient à nous", quelle est la fonction de "à nous"?

En règle générale, les compléments des verbes attributifs sont attributs du sujet, ce qui me perturbe ici c'est que le sujet et le complément ne renvoient pas à la même personne et que, de plus, ce complément est introduit par la préposition "à". C'est pour ces raisons que j'ai pensé à un COI, est-ce possible?

merci
Bonjour !

C'est bien un attribut du sujet, malgré la préposition.
Grevisse donne un exemple exprimant la possession :
* Ce livre est à moi.
Parce qu'on pourrait dire "ce livre est mien" "ces crayons sont nôtres" ?
J'ai du mal je dois le dire à voir un attribut avec une préposition !
Bonsoir!


Léah, un C.O.I. complète un verbe. Un attribut du sujet complète, par l'intermédiaire d'un verbe d'état (éventuellement, la copule: "être"), le sujet.
Quand on dit "Je parle de lui.", "de lui" se rapporte à "parle", tant sémantiquement que syntaxiquement.
Quand on dit "Ce livre est à moi.", "à moi" se rapporte à "ce livre", tant sémantiquement que syntaxiquement. "Est" n'est que l'intermédiaire, la copule.
Oui je suis d'accord ; c'est simplement cette construction avec la préposition, on n'en a pas l'ahbitude intuitivement avec l'attribut, dans la mesure où la plupart du temps l'attribut est un qualificatif
Donc
Respirer est naturel
devenant
il est naturel de respirer
On a attribut dans les deux phrases, par l'intermédiaire de EST
Tout-à-fait…
(Dans "Il est naturel de respirer.", c'est le sujet qui est précédé par "de"…)
Donc vous dites encore “sujet réel” ? je croyais que c'était ringard à souhait 😂
Bonsoir !

Effectivement, on ne s’attend pas à voir un attribut PRÉPOSITIONNEL.
Voici cependant d’autres exemples où, comme dit Grevisse (245), ce sont des syntagmes ASSIMILABLES À UN ADJECTIF :
* Je suis EN RETARD. (= attardé)
* Il est EN COLÈRE. (= irrité)
* Le jardin est À L’ABANDON. (= abandonné)
* Ce manteau est encore À LA MODE. (= non démodé)
* La porte est DE TRAVERS, DE GUINGOIS. (? VA de travers)
* Nous sommes AUX PRISES AVEC UN ADVERSAIRE TENACE. (= opposés à)
* Il est DE BONNE HUMEUR ce matin. (= joyeux)
* L’astre était SANS ORGUEIL et le ver SANS ENVIE. (Hugo)
* Il était DE STYLE TRÈS RICHE. (Zola)
* Ils ne sont montrés HORS DE PAIR. (De Gaulle)
* Cécile était EN VACANCES, alors que vous ne L’étiez pas. (Butor)
* Il me semble que je suis SI BIEN À TON BRAS, SI LIBRE ET SI À L’AISE. (Nerval)
* La grande plaine est BLANCHE, IMMOBILE et SANS VOIX. (Maupassant)
* Nous sommes SI EN RETARD. (Sand)
* Rien n’est plus SANS DÉFENSE que l’œuf. (Hugo)
* Ce livre est À MOI (= mien).
* Cela est À PROUVER. (à + infinitif)
* Le substitut Fachot était DE LEURS AMIS. (Simenon) (de partitif)

Il s’agit de syntagmes :
- que l’on peut remplacer par le pronom personnel LE (voir Butor),
- qui peuvent servir de complément à un nom (un homme EN COLÈRE),
- que l’on peut coordonner à un adjectif (cf. Nerval et Maupassant),
- qui acceptent les degrés de signification (cf. Nerval, Sand et Hugo).

Grevisse n’accepte pas, à l’inverse d’autres grammairiens, de voir un attribut dans :
* Je suis ICI. Je suis À PARIS. (→ J’Y suis.)
* Nous sommes LE 24 AOÛT. (→ Nous Y sommes.)

Un adverbe peut aussi être attribut, lorsqu'il est pris adjectivement :
* Ma religion était AINSI. (Julien Green)
* COMMENT est-il, leur intérieur ? (Sand)
* Tout le monde était DEBOUT dès le matin. (Académie)
* Voilà vingt ans qu'ils sont ENSEMBLE. (Flaubert)
Mince ! j'en reste baba (pour les adverbes désormais attributs)
Chère Léah !

Adverbe, c'est la nature, la classe ; attribut, c'est la fonction.
Vous savez bien que tous les adverbes ne sont pas des attributs :
* Je vais de travers. (Complément adverbial de manière.)

Bonne nuit !
Edy
Bonjour,

merci à tous pour vos nombreuses réponses. Bonne journée
Bonjour,

Je suis tombé sur une phrase dont une partie m’a interpellé : « Elle peut nous être cruelle… »
Cette tournure est-elle correcte ? Le pronom « nous » est-il COI ?

Je vous remercie par avance pour vos réponses.
Bonsoir,

Un verbe d'état n'a jamais de complément d'objet, seulement des attributs.
Ici l'attribut est "cruelle". "Nous" est complément de l'adjectif (cruelle pour nous).
Merci infiniment.