En tant qu'un étudiant en lettres classiques qui se destine à l'enseignement, je m'interrogeais la capacité de ma génération à apprécier (et faire apprécier) les Bucoliques et les Géorgiques à notre époque. En effet, si on peut encore admirer la justesse de la peinture des sentiments humains (Alexis et Corydon, la mort de Daphnis, l'horreur de l'expropriation et le regret de devoir abandonner son domaine natal), je me demande si, nous qui sommes nés dans un monde d'acier et de métal, de voitures, d'écrans, de bâtiments assez hideux nous sommes encore capables de ressentir la beauté des églogues et des géorgiques (par opposition à ceux qui sont nés dans la campagne - a fortiori la campagne italienne à une époque beaucoup moins "laide" sur le plan esthétique). Par exemple, Marcel Pagnol qui a vécu durant la première moitié du XXème dans la campagne du Sud a sans doute un rapport beaucoup plus personnel à cette poésie champêtre que moi, qui n'ai jamais vécu à la campagne - ce qui ne m'empêche pas de trouver cette poésie pastorale charmante mais je crois que nous avons un rapport moins direct, moins charnel à la nature qui nous empêche d'en ressentir pleinement la beauté.
Par contre, je pense qu'il est beaucoup plus facile d'apprécier et de faire apprécier l'Enéide puisqu'outre la grandeur universelle des sentiments humains (le sacrifice de soi, le renoncement à l'amour pour suivre un destin plus grand, l'amour passion de Didon, la rancœur de Junon, la scène où Enée reconnaît les grands épisodes de la guerre de Troie à Carthage, les retrouvailles glaciales aux Enfers,…) nous en maîtrisons les codes épiques, quasi cinématographiques (le chant II qui relate la prise de Troie ne le cède en rien aux superproductions actuelles).
Par contre, je pense qu'il est beaucoup plus facile d'apprécier et de faire apprécier l'Enéide puisqu'outre la grandeur universelle des sentiments humains (le sacrifice de soi, le renoncement à l'amour pour suivre un destin plus grand, l'amour passion de Didon, la rancœur de Junon, la scène où Enée reconnaît les grands épisodes de la guerre de Troie à Carthage, les retrouvailles glaciales aux Enfers,…) nous en maîtrisons les codes épiques, quasi cinématographiques (le chant II qui relate la prise de Troie ne le cède en rien aux superproductions actuelles).



