Prévost, Manon Lescaut - La conception de la morale

Entraide scolaire

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour, je suis étudiante en 2ème année de Lettres Modernes et notre enseignante nous a donné un sujet de dissert sur le roman Manon Lescaut de l'Abbé Prevost(3 parties 3 sous parties).
Ce sujet se présente sous la forme d'une citation issue du journal de la Cour et de Paris qui commente la censure de l'œuvre:

"Outre que l'on y fait jouer a des gens en place des rôles peu dignes d'eux, le vice et le débordement y sont peints avec des traits qui n'en donnent pas assez d'horreur".

Comme problématique j'avais pensé "En quoi l'œuvre Manon Lescaut est elle révélatrice des travers de la société du XVIII ème siècle"
C'est peut être un défaut de problématique mais je galère à formuler un plan cohérent: pour la 1ere partie j'avais pensé à axer sur l'hypocrisie ambiante et la contradiction entre la position sociales des personnages et leurs actes.

Mais pour la deuxième et 3ème partie je nage en plein brouillard.
C'est pourquoi j'en viens à quémander votre aide précieuse pour des pistes de réflexion sur ce plan. N'hésitez pas également à me dire si ma problématique est bancale et si je devrais la remplacer. J'avoue que j'ai encore beaucoup de peine à cerner les sujets qui relèvent de l'implicite
Bonjour,

Je ne pense pas que cette problématique soit recevable.
Le sujet devance les procès qui seront menés contre la Madame Bovary de Flaubert et Les Fleurs du mal de Baudelaire.
L'écrivain a-t-il le droit de peindre les vices ?
La première partie qui porterait sur la nécessaire exemplarité des puissants et sur leur corruption effective est bienvenue. On est là dans la tradition moliéresque de Tartuffe et Dom Juan ou celle de Gil Blas de Santillane de Lesage, qui produira plus tard Les Liaisons dangereuses de Laclos.
Ce qui est reproché à Prévost, c'est sa supposée complaisance à l'égard des vices, de l'immoralité. C'est aussi la non-conformité avec son statut d'ecclésiastique.
Bien entendu, un tel jugement ne tient pas compte du personnage de Tiberge et de la conversion finale de Manon. De même l'époque ne peut comprendre la force de la passion dont les moralistes du Grand Siècle ont dénoncé sans cesse le péril mortel pour l'âme. De même pour les aspects larmoyants qui annoncent la prééminence de la sensibilité sur la raison…