Fac ou prépa pour le latin L3 (et master) ?

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13 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,
Actuellement en khâgne et envisageant de préparer d'ici 3 ans l'agrégation de lettres modernes, j'hésite à passer directement en fac (et quelle fac ?) ou khûber (la fac me tente bien, mais la problématique du latin me retient). En effet, je ne connais pas le niveau d'enseignement du latin en fac, et je doute que ce soit aussi soutenu qu'en prépa. Je n'aimerais pas perdre mon niveau, au contraire : travailler encore plus le latin car ce n'est pas une épreuve des plus évidentes au concours !
De plus, si je fais un master recherche, des cours de latin sont-ils dispensés ? J'essaye de penser sur le long terme pour optimiser mes chances à l'agrégation externe.
Est-ce que certains d'entre vous ont fait une khâgne aussi, et si oui, comment avez-vous vécu la prépa à l'agrégation ? Plus difficile que l'ENS ? Ou idem ?

Merci pour vos réponses 😉
En effet, je ne connais pas le niveau d'enseignement du latin en fac, et je doute que ce soit aussi soutenu qu'en prépa.
Il y a bien sûr des cours de latin à la fac et ils peuvent être d'un excellent niveau.
Mais si tu peux khûber, je te conseille de le faire. On est mieux encadré en classe préparatoire.
Est-ce que certains d'entre vous ont fait une khâgne aussi, et si oui, comment avez-vous vécu la prépa à l'agrégation ? Plus difficile que l'ENS ? Ou idem ?
Pour ce qui est de la difficulté, l'agrégation m'a paru bien plus facile que le concours de l'ENS. Le fait d'avoir été en khâgne est formateur.
C'est marrant comme les élèves (et des collegues) de prépa pensent que tout est plus facile à la fac… Ce n'est pas toujours vrai, surtout en L3, où on trouve les bons étudiants de l'université et… les anciens khâgneux.

Petite question de quelqu'un qui n'a pas fait de lettres modernes : n'y a-t-il pas de l'ancien français à l'agrégation de LM ?
C'est marrant comme les élèves (et des collègues) de prépa pensent que tout est plus facile à la fac.
Pour ma part, je ne me risquerais pas à dire que c'est plus facile aujourd'hui. Je n'y suis pas.
De toute façon, je n'ai que peu d'expérience de la fac pour y avoir suivi très peu de cours.
J'ai seulement dit qu'on était moins encadré. C'est un ressenti personnel.
Il faut être volontaire et autonome pour réussir à la fac où tout de même les cours sont moins nombreux qu'en prépa…(Ai-je tort et cela a-t-il changé à l'heure actuelle ?)
Et puis, avoir passé ma licence (L3 d'aujourd'hui) au rattrapage de septembre en obtenant des notes (ou mentions ?) extraordinaires sans avoir assisté à aucun cours, au sortir de trois ans de classe préparatoire, me font penser, qu'à mon époque du moins, oui, c'était plus facile.
Petite question de quelqu'un qui n'a pas fait de lettres modernes : n'y a-t-il pas de l'ancien français à l'agrégation de LM ?
Oui, il y en a, et à l'agrégation de lettres classiques également.
@Laoshi, bien entendu, je ne pensais pas du tout à toi en écrivant cela, mais j'ai des collègues que j'entends fréquemment dire aux élèves que le niveau à la fac est nul (mais ils ne disent jamais exactement quelle fac et quels cours, c'est toujours "la fac" en général) et qu'un ancien khâgneux réussira tous ses examens, ce qui est tout à fait faux.
Par conséquent, il y a beaucoup d'élèves qui ont cette idée préconçue qu'ils vont régresser en allant à la fac. Quant aux anciens élèves que l'on retrouve à diverses occasions, ils arrivent tous en vainqueurs en disant "la vie à la fac après la prépa, c'est trop facile !" parce qu'ils se sentiraient très mal de dire le contraire. Mais c'est difficile pour certains, qui soit ne viennent pas du tout fanfaronner dans leur ancienne prépa, soit font bonne figure devant leurs anciens profs mais rencontrent tout même des difficultés. Rien d'insurmontable en général, mais à la fac, on peut bosser dur, qu'on se le dise !

@Rhanamousse bien entendu, tu as raison de te poser la question. Peut-être que si tu citais les universités dans lesquelles tu souhaiterais éventuellement aller, des personnes pourraient te renseigner plus en détail. Pareil sur le master : le contenu des cours varie énormément en fonction des masters.
NB : normalement le contenu de la "maquette" d'une formation doit être disponible sur le site internet de chaque université, avec le volume horaire, les coefficients et le règlement du contrôle des connaissance.
Par ailleurs, si tu fais une L3 à l'université, tu auras la possibilité de faire de l'ancien français, ce qui n'est pas le cas en khâgne…
J'hésite entre Paris-Diderot, Paris-Nanterre, Sorbonne Nouvelle, et Lyon. Après il y a certainement d'autres facs qui valent le coup, ou encore les Instituts catholiques, ou une fac d'une autre ville !
Je vous remercie par avance pour vos témoignages et conseils si vous avez déjà suivi un cursus dans un de ces établissements.
Qu'en est-il de l'ancien français ? Est-ce corsé, comme le latin ?

🙂
Qu'en est-il de l'ancien français ? Est-ce corsé, comme le latin ?
Oh, beaucoup plus corsé ! 🙂
Non, c'est plus facile. Au bout d'un an de lecture assidue, on peut déjà lire bien des textes de la période d'or. Le moyen français est évidemment plus proche de la langue moderne, mais il nécessite aussi une initiation.

A l'agrég. de lettres classiques, il n'y a qu'une épreuve d'admission, orale par conséquent : lecture - traduction - commentaire d'un passage du texte au programme.

En lettres modernes, et à l'agrég. de grammaire, il y a aussi une épreuve de grammaire historique écrite (phonétique-morphologie-stylistique/versification). Ça, c'est un gros pavé ; du coup, il faut plus d'un an pour s'y préparer !
Ça, c'est un gros pavé
Je te le fais pas dire !
j'ai des collègues que j'entends fréquemment dire aux élèves que le niveau à la fac est nul (mais ils ne disent jamais exactement quelle fac et quels cours, c'est toujours "la fac" en général) et qu'un ancien khâgneux réussira tous ses examens, ce qui est tout à fait faux.
Il faut bien distinguer deux choses : le niveau des étudiants et le niveau attendu par les enseignants. Il peut y avoir des promotions ou des groupes de TD faibles voire très faibles, mais ça ne change pas les attentes de l'enseignant, le seul problème éventuel pouvant consister en des pressions des étudiants sur l'administration pour forcer les enseignants à faire monter les notes (oui, cela existe, hélas) !
Les enseignants de fac, à part exceptions éventuelles, ont des attentes… d'enseignants de fac, qui peuvent parfois être supérieures aux exigences de la seule année d'étude en question.
Ce qui change, c'est bien entendu les conditions d'encadrement. L'enseignant à l'université ne peut certes pas, dans les conditions usuelles, organiser des khôlles régulières ou corriger des devoirs aussi souvent qu'en prépa.

Je ne suis pas certain que khûber soit avantageux à part si l'on est vraiment sûr qu'on a toute sa chance d'entrer à l'ENS.
Je connais des personnes qui ont khûbé et qui ont ressenti encore plus douloureusement l'échec à l'ENS à la seconde tentative. Je ne suis pas sûr qu'on dispose d'un réservoir inépuisable en ce qui concerne les années de préparation aux concours les plus sélectifs ! Pour ma part, mes professeurs de khâgne m'avaient incité à retenter l'expérience, mais je n'ai pas regretté pas d'avoir choisi l'université, malgré une L3 déprimante du fait du changement de rythme et de cadre. Le master recherche a vite changé la donne… et je souhaitais me confronter le plus vite possible à la recherche.
Est-ce que certains d'entre vous ont fait une khâgne aussi, et si oui, comment avez-vous vécu la prépa à l'agrégation ? Plus difficile que l'ENS ? Ou idem ?
En prépa, on est jeune, au début des études, et le cadre reste scolaire et imposé. La préparation à l'agrégation, c'est une année en plus, donc c'est différent (pas d'UE à valider et d'examen à passer, pas d'assiduité obligatoire, ce qui présente des avantages… et des inconvénients). Avoir été un khâgneux sérieux peut conférer des avantages pour préparer l'agrégation, bien entendu, mais ça n'équivaut pas du tout à l'idée qu'on va forcément réussir (et même du premier coup). Il n'est pas impossible d'obtenir l'agrégation du premier coup sans être passé par la khâgne (j'ai quelques exemples en tête).

Ce qui a été difficile pour moi concernant l'agrégation, c'est l'endurance : non pas sur la durée de l'année, mais lors des épreuves, et surtout lors des épreuves orales qui peuvent s'étirer sur deux semaines, ce qui représente une rude épreuve pour le moral.
En revanche, je ne veux pas dissuader ou démobiliser, mais pour donner une idée, mon seul premier mois comme enseignant du secondaire a été plus éprouvant que toute ma khâgne et ma préparation à l'agrégation cumulées, en incluant le passage des épreuves de l'agrégation.

Les masters recherche peuvent être éloignés des exercices canoniques des concours, par définition. Il n'est pas impossible d'obtenir l'autorisation d'assister aux cours d'agrégation, pour prendre de l'avance ou du moins ne pas prendre du retard ! Je regrette de ne pas l'avoir fait alors et d'avoir vécu le retour aux exercices canoniques comme un choc, après la liberté du mémoire… mais je ne regrette pas d'avoir eu le temps de faire de mon mémoire une "mini-thèse" !
Ascagne, votre premier mois d'enseignement secondaire a été dur pour organiser les cours ? Ou pour faire face à une classe ? Dans ce cas-là, serait-il bénéfique d'opter plutôt pour un master enseignement, et non recherche ?
Pour préparer l'agrégation, est-ce nécessaire de passer par un master recherche ?
Merci 🙂
Pour préparer l'agrégation, est-ce nécessaire de passer par un master recherche ?
Non. Ce n'est pas une nécessité.
Concrètement, en termes de parcours, si l'on veut pouvoir faire un doctorat par la suite, si l'on aime la recherche, et si l'on veut accroître sa maîtrise des savoirs universitaires, le master recherche est la voie à suivre… tout en gardant à l'esprit qu'il n'y a pas d'emploi au bout, ce qui est vrai aussi dans le cas du doctorat lui-même.

Le master MEEF, pour sa part, fait exactement ce qu'indique son intitulé, c'est-à-dire qu'il est axé autour de la préparation du CAPES et autour de l'entrée dans l'enseignement, au pas de charge, apparemment. Une fois certifié on peut demander un report de stage d'un an pour préparer l'agrégation, mais il est commun d'obtenir ce concours seulement après au moins une tentative. Il est souvent très difficile de préparer l'agrégation externe, et même interne, quand on est en exercice avec 18h ou plus de cours.

Donc, concrètement, pour quelqu'un qui a ou se donne les moyens de retarder l'entrée dans le monde professionnel, il est certainement plus enrichissant (s'il a les goûts évoqués plus haut) de passer un master recherche puis l'agrégation.
Moi-même, je n'ai ni préparé ni passé le CAPES. Je doute que ce soit recommandable cependant, avec la réserve évoquée plus haut, cependant.

Pour les autres questions, étant donné qu'on est sur un forum public, lisible de tous, je vais juste répondre que la réalité du métier d'enseignant du secondaire peut conduire des personnes qui aiment la transmission (en général, pas spécifiquement face à des adolescents) et chérissent leurs disciplines, le savoir et les lettres, à vouloir se réorienter, s'enfuir à toute vitesse, parfois pour des raisons de moral et de santé. Mais je fais partie de la poignée de personnes qui ont passé l'agrégation avant tout parce qu'il le fallait pour le contrat doctoral et qu'il faut bien avoir un emploi quand on se lance en thèse en lettres (l'idée que ce doive être forcément celui d'enseignant du secondaire, en réalité, doit être contestée).
Oh, Ascagne, qu'est-ce que tu nous fais là ? 😞