Malherbe, Paraphrase du psaume CXLV

Entraide scolaire

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,je dois étudier le texte Paraphrase de psaume CXLV de François Malherbe
N'espérons plus,mon àme,aux promesses du monde;
Sa lumière est un verre,et sa faveur une onde
Que toujours quelques vents empêchent de calmer.
Quittons ces vanités, lassons-nous de les suivre
C'est Dieu qui nous fait vivre
C est Dieu qu'il faut aimer

En vain,pour satisfaire à nos lâches envies
Nous passons près des rois tout le temps de nos vies
À souffrir des mépris et ployer des genoux
Ce qu'ils peuvent n'est rien; ils sont comme nous sommes,
Véritablement hommes,
Et meurent comme nous

Ont-ils rendu l'esprit, ce n'est plus que poussière
Que cette majesté si pompeuse et si fière
Dont l'éclat orgueilleux étonne l'univers;
Et dans ces grands tombeaux, où leurs âmes hautaines
Font encore les vaines,
Ils sont mangés des vers.

Là se perdent ces noms de maîtres de la terre,
D'arbitres de la paix,de foudres de la guerre
Comme ils n'ont plus de spectre, ils n'ont plus de flatteurs
Et tombent avec eux d'une chute commune
Tous ceux que leur fortune
Faisait leurs serviteurs
François Malherbe rédige «Paraphrase de psaume »en 1620 alors que vieillissant,il s'est éloigné de la cour. Dans ce poème,tire du recueil intitulé Stances, et composé de quatre sizains, il porte un regard sévère sur les rois et leur cour.
Une telle sévérité nous invite à nous demander ce qui a motivé chez Malherbe cette critique de la société.Il conviendra d'abord de se pencher sur se qu'il reproche au rois avant de comprendre pourquoi il utilise le theme de la mort pour rétablir un ordre juste.Enfin, nous tenterons de cerner le bilan que le poète tire de ses réflexions.

I. La critique des rois

1) Champs lexical de la vanité:
"Cette majesté si pompeuse et si fière"v 14,"eclat orgueilleux "v.15
Représentation péjorative des rois.
2)Critique de la fatuité dérisoire des rois
"Dans ces grands tombeaux,où leur âme hautaine/Font encore les vaines"v.15-16
Meme face à la mort,ils restent convaincus de leur supériorité
3)Malherbe soutient qu'être roi n'est pas un état mais un rôle identifiable à ses attributs:
"Noms"l.19, "spectre" et "flatteurs"v.21
Il surenchérit en déclarant qu'être roi n'est pas une question de mérite mais de "fortune"v.23,de chance,le hasard de la naissance.

II.Le rôle de la mort
1) Désacralise la figure royale
"Véritablement homme"v.11,"comme nous"v.12
Le roi est ramené à l'état d'homme mortel
2)La mort est un anéantissement t de l'échelle sociale
Les rois "perdent"v.19 leur prestiges et "tombent"v.22 au même niveau que les autres hommes
Quels que soit le statut élevé des rois il n'est pas éternel
3)Représentation de la mort
"Ce n'est plus que poussière"v.13 et meme les rois "sont mangés des verres"v.18
Bien qu universelle, la mort est essentiellement vulgaire et triviale

III. La position de Malherbe
1) Expression du lyrisme
"N'espérons plus,mon âme …"v.1
Révèle une réflexion intime et annonce des le début la désillusion du poète.
2)Ni hommes Ni rois ne sont admirables
"En vain"v7,"Nous passons…tout le temps de nos vies"v 8 et "Ce qu'i,s peuvent n'est rien"v.10
Les hommes gaspillent leur existances et les tous ne sont pas égaux à Dieu
3)Expression s péjorative aussi pour désigner les courtisans
"Souffrir des mepris" et "ployer les genoux"v.9 pour "de lâches envies"v.7
Malherbe exprime son dégoût envers se qui s'asservissent volontairement par intérêt
4)Dieu est un refuge contre l'inconsistance du monde
"C'est lui qui nous fait vivre,/C'est lui qu'il faut ai.er"v.5-6
Malherbe recommande une forme d'humilité

Conclusion
Malherbe a atteint un àge avance.Il nous fait partager sa sagesse été sa lucidité.Mais il fait surtout preuve d amertume et de cynisme. Son style clair et incisif annoncé les moralistes du grand siecle (XVII) comme La Fontaine qui reprendra à sa facon le theme de la mort qui efface les privilèges et les richesses dans "La mort et le mourant"
Merci de me dire se que vous en pensez
Bonsoir,

J'examinerais d'abord en quoi ce poème est une réécriture.
Voici l'original
PSAUME 145
Hymne au Dieu secourable
(Bible de Jérusalem - Ecole biblique de Jérusalem - Ed. Desclée de Brouwer Paris 2000 p.1080-1081)

Alleluia !

Loue Yahvé, mon âme !
Je veux louer Yahvé tant que je vis,
je veux jouer pour mon Dieu tant que je dure.

Ne mettez point votre foi dans les princes,
dans un fils de la glaise, il ne peut sauver !
Il rend le souffle, il retourne à sa glaise,
en ce jour-là périssent ses pensées.

Heureux qui a l'appui du Dieu de Jacob
et son espoir en Yahvé son Dieu,
lui qui a fait le ciel et la terre,
la mer, et tout ce qu'ils renferment !

Il garde à jamais la vérité,
il rend justice aux opprimés,
il donne aux affamés du pain,
Yahvé délie les enchaînés.

Yahvé rend la vue aux aveugles,
Yahvé redresse le courbés,
Yahvé protège l'étranger,
il soutient l'orphelin et la veuve.

Yahvé aime les justes,
Mais détourne la voie des impies,
Yahvé aime les justes,
Mais détourne la voie des impies,
Yahvé règne pour les siècles,
ton dieu, ô Sion, d'âge en âge.
Alleluia !
A partir de là, tu peux discerner comment Malherbe a compris et infléchi le texte sacré.
et dans la traduction Louis Segond, Psaume 146
Louis Segond Bible

1 Louez l'Eternel! Mon âme, loue l'Eternel!

2 Je louerai l'Eternel tant que je vivrai, Je célébrerai mon Dieu tant que j'existerai.

3 Ne vous confiez pas aux grands, Aux fils de l'homme, qui ne peuvent sauver.

4 Leur souffle s'en va, ils rentrent dans la terre, Et ce même jour leurs desseins périssent.

5 Heureux celui qui a pour secours le Dieu de Jacob, Qui met son espoir en l'Eternel, son Dieu!

6 Il a fait les cieux et la terre, La mer et tout ce qui s'y trouve. Il garde la fidélité à toujours.

7 Il fait droit aux opprimés; Il donne du pain aux affamés; L'Eternel délivre les captifs;

8 L'Eternel ouvre les yeux des aveugles; L'Eternel redresse ceux qui sont courbés; L'Eternel aime les justes.

9 L'Eternel protège les étrangers, Il soutient l'orphelin et la veuve, Mais il renverse la voie des méchants.

10 L'Eternel règne éternellement; Ton Dieu, ô Sion! subsiste d'âge en âge! Louez l'Eternel!
A partir de là, tu peux discerner comment Malherbe a compris et infléchi le texte sacré.
Oui, on constate surtout de quelle façon il l'infléchit.
Alors que le psaume loue et "re-re-loue" l'Eternel, le poète reprend certes l'idée dans les deux vers de la première strophe :
C'est Dieu qui nous fait vivre
C est Dieu qu'il faut aimer

…mais lui qui, toute sa vie a été attaché aux grands de son monde, montre ici la vanité des choses humaines, des grands et du monde en général.
Ce poème a été écrit en 1627, l'année où il a perdu son fils et où il s'est vu refuser justice. (il s'agissait d'un duel…)
L'influence de sa vie personnelle transparaît-elle ici ?
On peut se poser la question devant le caractère désabusé de certaines expressions.
N'espérons plus, mon âme, aux promesses du monde;
…. pour satisfaire à nos lâches envies


Nous passons près des rois tout le temps de nos vies
À souffrir des mépris et ployer des genoux


….Et tombent avec eux d'une chute commune
Tous ceux que leur fortune
Faisait leurs serviteurs


Plus généralement, celui que les classiques ont prit comme maître (Enfin Malherbe vint), expose une vision toute baroque de l'instabilité du monde, un monde de reflet, d'illusion (verre) de mouvement changeant (l'onde…quelques vents…) auquel il est impossible de se fier, dans lequel on est balloté..
Le thème de la vanité est constant. Le mot revient sans cesse, sous une forme ou une autre (Quittons ces vanités…En vain…n'est rien…les vaines…) au moins une fois dans chaque strophe

La critique des rois et du courtisan qu'il fut est bien plus importante que dans le psaume.
La profession de foi tient en deux vers, tout le reste du poème réduit à la poussière qu'ils sont, les grands de ce monde.
Ce qu'ils peuvent n'est rien; ils sont comme nous sommes,
Véritablement hommes,
Et meurent comme nous

Nous ,…les courtisans ne sont pas épargnés et les mots sont durs, comme l'était, paraît-il, le poète
nos lâches envies
Nous passons près des rois tout le temps de nos vies
À souffrir des mépris et ployer des genoux


Les contrastes, les images, sont bien de caractère baroque et on peut noter leur crudité.
Ont-ils rendu l'esprit, //ce n'est plus que poussière
….
Et dans ces grands tombeaux, ….
Ils sont mangés des vers.

se perdent ces noms de maîtres de la terre,
D'arbitres de la paix, de foudres de la guerre
Comme ils n'ont plus de spectre, ils n'ont plus de flatteurs


Et tombent avec eux d'une chute commune
Tous ceux que leur fortune
Faisait leurs serviteurs

L'inversion du sujet à la fin du poème mériterait un long commentaire.

Bon, je manque de temps pour aider davantage, mais la matière est riche.
Tant de choses à commenter…
Il me faut partir. Désolée.
J'adore ce texte.
La paraphrase consiste à reprendre dans ses propres mots les idées d’un auteur.
Ici, l'écart est d'importance. Le texte du psaume est prétexte.
En écho avec l' Ecclésiaste.
Vanité des vanités, dit l'Ecclésiaste, vanité des vanités, tout est vanité. 1.3Quel avantage revient-il à l'homme de toute la peine qu'il se donne sous le soleil? 1.4Une génération s'en va, une autre vient, et la terre subsiste toujours.
Ici, l'écart est d'importance.
Oui. Cela ne nous fournirait-il pas la matière d’une problématique convenable ? 😉
Hourra ! Laoshi parle de problématique de façon apaisée … 🙂

Oui, c'est tout le propos : le texte ou l'écart ? Le texte ou le prétexte ? Que reste-t-il du psaume, du chant religieux adressé à Dieu ?
De façon apaisée, mais tellement moins bien que floréale. 😉