L’amuïssement du "s"

Langue française

10 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,

À propos de l'amuïssement du "s" en français, pourriez-vous m'aider à comprendre :

1. quand il est advenu ?

2. s'il y a des raisons compréhensibles (influence des langues germaniques ou autre) pouvant l'expliquer ?

3. si l'amuïssement du "s" final est arrivé en même temps que l'amuïssement du "s" en première syllabe précédé d'un "é" (comme dans école, écrire, défigurer, détrôner (alors qu'en italien, portugais et espagnol le "s" s'est conservé) ?

4. s'il s'agit d'un même phénomène qui a eu lieu à la même époque ou pas.

Merci par avance.
Le s est parti vers le XII ème siècle même au XI ème pour les s qui était entre deux voyelles comme en Latin Vulgaire isola pour insula en latin classique car ns devient s ici le s disparaît au XI ème en latin vulgaire pour isola puis isle puis île .
Castellum chastel ,chasteau puis château le s n'est pas entre deux voyelles donc le s disparaît au XII ème .
À propos de l'amuïssement du "s" en français, pourriez-vous m'aider à comprendre :

Je suppose qu'il s'agit du -s final ?

1. quand il est advenu ?

Jusqu'au XIIIème, le s final est sensible dans tous les cas, d'autant que c'est une marque morphologique importante (cas sujet dans de nombreux mots).
A partir du XIIIème, il s'efface devant une consonne commençant le mot suivant tandis qu'il se conserve devant une initiale vocalique et à la pause.
Ce n'est qu'à partir du XVIème qu'il disparaît à la pause (sauf dans certains mots comme les noms de nombres, tous et plus (= davantage).
Le -s a été réintroduit dans fils au XVIIème, au XVIIIème dans mœurs, ours, sens, etc…
Il reste aussi présent comme marque graphique dans la conjugaison à partir du moyen français.

2. s'il y a des raisons compréhensibles (influence des langues germaniques ou autre) pouvant l'expliquer ?

Non, pas d'influence germanique ; ila subi, quoique plus tardivement, la loi générale des dentales en position finale (aimet > aime ; nudu > nu, etc…)

3. si l'amuïssement du "s" final est arrivé en même temps que l'amuïssement du "s" en première syllabe précédé d'un "é" (comme dans école, écrire, défigurer, détrôner (alors qu'en italien, portugais et espagnol le "s" s'est conservé)

Le -s devant consonne, derrière épenthèse ou non, s'efface plus tôt, dès le XIIème (cf. message de Viellfranceis), mais reste écrit jusqu'au XVIIIème.

4. s'il s'agit d'un même phénomène qui a eu lieu à la même époque ou pas.

vide supra
Chers Vieilfranceis et Yvain,

Sauriez-vous me dire si l'amuïssement du "S"

en fin de mot ("les questions", "des hommes"),
en première syllabe ("école", "études")
et à l'intérieur des mots ("fête", "château", "mât")

a eu lieu à la même époque en français et si cette tendance générale à l'effacement du S en syllabe finale et en syllabe fermée adviendrait d'une même cause (une influence de la langue des Francs, p. ex.) ?

Merci par avance,

Sérgio
Il me semble que oui à la fin de l'ancien français pour la majeure partie des cas c'est à dire au XII-XIII ème .
Mais le s final n'est pas toujours disparu comme quand on fait la liaison dez arico 'des haricots" par exemple.
Prononcé au XII ème "dets aricots" puis le groupe ts devient z entre deux voyelles .
Je considère que chaque peuple a sa sa propre paresse de prononcer les mots oui les Francs à même titre que les Gaulois ou même les Romains qui ont formé la langue française ils ont apporté leur grain de sel qui ont fait évoluer le Français dans un sens.
Cela dit, "des zharicots" est une liaison fautive, vu que le h est aspiré.
Tu aurais pu prendre un exemple avec un h muet, ou même sans h du tout… 😉
Des hommes genre . Le h est une latinisation latin hominem le h est parti au I èr siècle .
Viellfranceis, "des" ne s'est jamais prononcé *dets, il n'y a aucune raison à cela. C'est dans des mots comme vois < vides ou le e final s'est amuï, laissant en contact un -t et un -s qu'on a pu prononcer *voits, qui s'est aussitôt réduit à vois puis à /voi/ (vers le XIIIème) avec un -s morphologique restitué graphiquement.


Sergio Cunha, je vous avais déjà répondu à propos des dates.
Non, je ne vois pas d'influence germanique pouvant expliquer la relative résistance du -s final, qui a de beaucoup dépassé l'époque où cette influence s'est fait sentir.
Je vais devoir changer d'ouvrage j'en ai repéré un fort intéressant .
Merci bien de vos réponses