Roman signifie exemplarisation. Le roman prouve…

Entraide scolaire

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonsoir à tous, après vérification aucun sujet mentionné sur ce site ne correspond à ce qui m'est proposé

"Roman signifie exemplarisation. Le roman prouve. Il constitue un discours parabolique, illustratif, donne à souscrire à un sens. Raconter suppose la volonté d’enseigner, implique l’intention de dispenser une leçon comme aussi celle de la rendre évidente. " C.Grivel

Voici mon travail, pouvez vous me dire ce que vous en pensez et quelles pistes vous y ajouteriez ? J'avoue que je trouve ma première partie assez cliché et mon plan trop manichéen mais rien de mieux ne me vient….

Accroche : « un drame, un roman ne prouve rien » - V. Hugo, le dernier jour d’un condamné. V. Hugo écrivain engagé s’il en est écrit cela dans une œuvre elle aussi engagée. Renoncement du roman à la preuve ?
o Lien avec la définition de Huet : « Des histoires feintes d’aventures amoureuses, écrites en prose avec art, pour le plaisir et l’instruction des lecteurs. » - Père Huet, Lettre à M. de Segrais sur l’origine des romans, 1670
o Mais opposé à Diderot : « Un tissu d’événements chimériques et frivoles dont la lecture était dangereuse pour le goût et les mœurs. » (Veut trouver un autre nom pour les ouvrages de Richardson) – Diderot, Eloge de Richardson, 1761
o Roman est à la fois l’un et l’autre car il est « lawless », la majorité des romans n’ont aucune visée didactique même si certains sous-genres cherchent à « dispenser une leçon ».


I. Le Roman n’a pas vocation à instruire, il peut s’opposer à l’exemplarisation ou simplement n’avoir aucune visée didactique.

• « Ce qui me semble beau, ce que je voudrais faire, c’est un livre sur rien, un livre sans attache extérieure, qui se tiendrait lui-même par la seule force interne de son style ». Flaubert – Lettre à Louis Collet : Le roman est autotélique, il n’a pas de dimension didactique. On retrouve le détachement du réel dans le roman A Rebours de Des Esseintes ou il ne se passe rien.
• La lecture philosophique d’un roman peut nier la thèse de l’auteur. Alors que dans La Peau de Chagrin Balzac reprend le thème du pacte avec le diable pour nous dissuader de la société de consommation naissante (première révolution industrielle émerge au début du XIXème) le lecteur est en droit de se demander s’il faut vivre peu mais bien ou longtemps et raisonnablement.
• Le romancier n’écrit pas pour donner des leçons à ses contemporains mais pour la postérité. Un roman, en tant qu’œuvre purement fictive ne doit pas être politique, le roman ne prouve rien, il n’est qu’une vulgaire typification souvent caricaturale de la réalité.
• L.F Céline, antisémite notoire et partisan de l’extrême droite lors de la collaboration écrivait des romans neutres politiquement, le seul engagement qu’on pourrait y déceler est le parlé populaire qui anime ses personnages. Cette neutralité est une condition de sa postérité et de la valeur de ses romans.

II. Cependant, comme l’énonce Grivel, le roman « implique l’intention de dispenser une leçon »

• La crise du personnage dans le NR est une crise stylistique mais surtout politique. En luttant contre le héros romanesque les membres du NR luttent contre une Histoire faite par des individus.
• La Princess de Clèves qui ne semble pas être un roman à thèse dispense une morale, le point de vue de l’auteur passe par le point de vue de Madame de Chartes qui livre à sa fille une critique acerbe de la vie de cour. La critique de la vie de cour est un topos moraliste présent dans la majorité des œuvres de l’époque : Les Maximes, La Rochefoucault.
• Grivel concoit le roman non comme rupture avec l’épopée médiévale mais comme continuité. Selon lui le roman a toujours un rapport au réel, il « , donne à souscrire à un sens ». Un roman est toujours le reflet d’une société donnée, il ne peut être considéré comme hors du monde et même les romans qui prétendent ne pas avoir de rapport à la société (La Disparition, Perrec, a été écrite en réation à la disparition de ses proches dans l’holocauste selon les psychanalystes. Ce roman n’est pas simplement une œuvre d’art mais il est surtout l’écriture de la culpabilité d’un innocent.
• En plus d’être le reflet d’une société, un roman peut être écrit pour faire changer une société : Quatrevingt-Treize est écrit dans l’urgence de la commune, avec ce roman V. Hugo ne cherche pas à dispenser une simple lecon, il veut faire réfléchir le lecteur sur la violence politique qu’implique le soulèvement communard
• Le romancier est homme avant d’être artiste, il doit donc prendre parti dans ses œuvres selon les écrivains existentialistes. Selon J.P Sartre on doit considérer le travail d’un écrivain sur le plan éthique avant de le considérer sur le plain esthétique car « l’écrivain est embarqué ». Cependant, cette vision bornée entrainera Sartre dans une forme d’engagement extrême qui le conduira par exemple à renier son ami Camus pour défendre des régimes indéfendables.

III. Le roman n’est pas didactique pour le romancier or le lecteur est un interprète, il construit son propre sens. Un roman a donc de multiples leçons à enseigner

• « L’œuvre d’art est un message fondamentalement ambigu, une pluralité de signifiés qui coexistent en un seul signifiant. » - U. Eco, L’œuvre Ouverte
• Le roman est un genre réflexif, il instruit mais part active du lecteur : un bon roman est ambigu et n’impose pas un prêt à penser
• Distanciation comme solution à la propagande, volonté de susciter l’esprit critique en empêchant le lecteur de trop s’identifier. Le roman ne doit pas prouver.
• « L’inquiétante étrangeté » : l’intime semble étranger, en lisant pour s’évader on se recentre sur soi et on est bouleversé, La meilleure leçon est celle que crée le lecteur surpris de trouver une dimension didactique dans un roman qu’il ne considère pas comme tel. La dimension didactique peut passer par la rupture de « l’horizon d’attente », elle transcende la volonté de l’auteur
(peut être simplifier mon III, ajouter d'autres idées ?)
Bonsoir.

Tu as donné la citation de Grivel.
Quelle est la question exacte posée à son propos ?
Donne-nous le libellé exact du sujet.
Il n'y a pas de question ni de sujet, je suis en prépa
Bonsoir,

A mon avis, ce qui manque surtout c'est l'aspect du roman comme vision du monde, comme construction significative des rapports que l'auteur entretient avec le monde. La Préface de Pierre et Jean de Maupassant est très éclairante à ce sujet : l'auteur est obligé d'organiser le magma d'informations qui se présente à lui, de choisir et d'ordonner pour rester intelligible. Il y a toujours un fil conducteur qui sous-tend un récit : soit il est idéologique, soit il est implicite, mais il relève toujours d'une expérience de la réalité.
Bonsoir Jean Luc, j'ai pensé à considérer le roman comme vision subjective et partiale du monde (I, idée de la typification) mais je n'ai pas pensé à la Préface de pPierre et Jean ni à votre idée de structuration des informations.
je pense qu'on peut mettre en lien cette nécessite d'organisation avec les prétentions du naturalisme (objectivité, forme de positivisme et véritable travail de journaliste) et avec le roman non fictionnel même s'il vient des Etats-Unis. Je vais réfléchir à tout cela.
Cette organisation significative qui sous-tend le récit n'est pas limitée au naturalisme. Un vrai romancier nous transmet toujours une vision du monde, sa vision du monde. En ce sens, tout roman digne de ce nom est une parabole : qu'il soit policier, de science-fiction, historique, merveilleux, fantastique, il nous livre volontairement ou non un éclairage sur la condition humaine, sur les rapports avec le monde qui nous entoure. Tout vrai roman possède un univers poétique signifiant qui lui est propre…