Bonne année et meilleurs voeux à tous!!
Aujourd'hui, pour ne pas changer, j'ai encore une question de phonétique diachronique et encore une fois, sur les diphtongaisons spontanées.
Voilà :
En regardant le mot vicinu accentué sur la pénultième [ i ] long, cela ne semble pas avoir empêché la diphtongaison française de [ e ] fermé (le premier [ i ] ayant évolué en [ e ] pendant le BSVL des premiers siècles de notre ère).
Pourtant, on sait tous que les diphtongaisons romanes et françaises n'ont touché que les voyelles accentuées.
Or, mon manuel ne fait pas part de cette bizarrerie de la diphtongaison du premier [ e ] non accentué.
Quelqu'un pourrait-il m'expliquer le pourquoi du comment?
Merci.
Je pri Damnedeu que vos doint pleine benestance cest an tot plein.
Le e fermé initial suivi d'un yod qui peut se combiner avec lui aboutit régulièrement à [wa], comme sous l'accent.
Ex messionem > moisson, medietatem > moitié, vectura > voiture.
Si vous vous préparez l'agrégation, avez-vous aussi songé à la morphologie ? Le gros pavé est le verbe.
Bonjour Jacques,
J'ai mis du temps à comprendre vos voeux (mais sans traduction) : ils sont plus classes (je dirais mieux, élégants, que les miens) 😉
Je viens de revoir mon manuel de phonétique, et oui, je crois que j'ai trouvé : quand K+e,i est en position intervocalique, il se palatalise avec un y de transition à l'avant avec sonorisation :
c'est donc ce yod qui fait évoluer le [ e ] en une diphtongaison conditionnée.
Je l'avais lu, je m'en souviens mais il va falloir petit à petit que j'arrive à faire le tri dans tout ce que j'engrange de manière très rapide et compacte depuis que je m'y suis mis en septembre.
Pour la morphologie, j'ai le "Précis d'ancien français : morphologie et syntaxe" de Geneviève Joly mais pour un faux débutant comme moi, il est trop fourni, il est trop complet et il est dur de s'y retrouver parfois (même si j'ai l'intention de passer le concours l'année prochaine, je sens que j'avance trop lentement).
J'ai l'impression qu'il me faudrait un livre plus facile, histoire de me débloquer et reprendre le livre de Joly après.
Est-ce que vous auriez un titre à me donner par hasard?
Essayez de procéder méthodiquement et inscrivez-vous au CNED pour avoir une idée exacte des attendus. Ma spécialité étant les lettres classiques, je n'ai eu à subir aucune épreuve de grammaire historique. Ce que je puis vous dire, c'est qu'un précis ne suffira pas pour votre préparation. Pour ce qui est de la morphologie, je ne connais que Fouché. Le volume sur le verbe est un "pavé" assez malaisé à utiliser, mais il a le gros avantage de ne pas s'arrêter au seuil du français moderne.
D'autre part, je ne veux pas vous déstabiliser, mais si vous n'avez pas déchiffré ma phrase à la lecture, c'est que vous n'êtes pas assez habitué à la langue, dont il faut sans tarder consolider l'étude. Faites donc du "petit AF" dans les Lais de Marie de France, par exemple, vous acquerrez du vocabulaire et presque toutes les tournures usuelles du genre narratif (outre l'intérêt littéraire)(1). Faites-en le plus possible cette année car l'an prochain, vous n'aurez pas que l'AF à traiter.
Un dernier conseil : lisez attentivement les rapports des concours passés, ils sont tous en ligne.
Quelle langue choisissez-vous pour la version ?
(1) J'ai publié ma traduction annotée et commentée d'Éliduc, mais l'administration ayant jugé bon de la désépingler, elle s'est perdue dans les profondeurs. Vous pouvez y accéder par le moteur de recherche si elle n'a pas disparu.
Mais oui, je le sais, merci, mais il y a des choses qui passent si mal…
J'ai surtout donné le lien direct pour Seesaw…
Merci à vous,
En fait, je vais m'inscrire à la Sorbonne (où j'étais étudiant auparavant) pour passer l'Agreg en septembre de cette année (pour passer l'Agreg l'année prochaine.
Mais j'avoue que votre idée de m'inscrire avant au CNED pour l'Agreg ne serait-ce que pour m'entraîner à l'Ancien français et connaître mieux les épreuves qui m'attendent d'ici là me plaît beaucoup et je vais peut-être le faire.
Pour les Lais de Marie de France, j'ai l'édition qui est celle de l'Agreg de cette année : "Lais bretons" de Champion classique.
Je vais aussi voir votre traduction proposée par Jehan, que je remercie.
Cordialement.
Assurez-vous que la formation dispensée en fac correspond bien à la préparation du concours, sinon vous risquez d'être déçu. Inscrivez-vous parallèlement au CNED, vous aurez des devoirs plus réguliers à faire, des corrigés "personnalisés" (du moins j'espère) et une bibliographie actualisée.
J'ai oublié de vous répondre sur l'ouvrage "basique" que vous cherchiez : prenez donc Bourciez, vous pouvez apprendre dedans sans pb. Par contre, les datations sont rares.
Il existe aussi des synopsis bien commodes : cherchez sur les moteurs de recherche.
Et n'hésitez pas à me demander des éclaircissements pour tout ce qui concerne la langue et la littérature médiévales.
Bonjour,
J'ai longtemps buté sur ce vers :
Qu’il escundit de lui preïst
que vous avez traduit par :
qu’il consentît une procédure de justification
Vous avez proposer l'acception juridique de "escondit": réparation ou justification (ou excuse) - ce sont les emplois donnés par mon manuel de "Vocabulaire d'ancien français" (éd. Armand Colin), c'est ce qu'il me semble, mais je n'en suis pas sûr.
Est-ce que vous avez traduit "escondit" par "consentit une procédure"? et le subjonctif présent "prïest" (de prier) par "justification"?
J'ai donc essayer de triturer tout cela et ça a donné cela :
qu'il excusa ses prières
en somme : qu'il accepta ses prières ou supplications (pour le recevoir)
Est-ce qu'il vous serait possible de m'éclairer comment vous en êtes arrivé à votre traduction?
Cordialement.
Non : Éliduc a été calomnié par des gens jaloux de sa réussite, et le roi a cru les accusations de ces derniers sans permettre à Éliduc de se justifier.
D'où le passage :
Soventesfeiz requist le roi
Qu'il escundit de lui preïst.
- escundit est un nom qui désigne ici une procédure solennelle de justification contre des accusations. C'est un terme du langage judiciaire.
- preïst est le subjonctif imparfait du verbe prendre, dont l'emploi est voisin de celui du FM "prendre" dans l'expression "prendre un arrêté". Mais on ne dit pas "prendre une procédure", c'est pourquoi j'ai dû changer de verbe en FM et adopter "consentir", en me basant sur la traduction de P. Jonin. J'ai malgré tout préféré construire le verbe directement.
En mot à mot : "A plusieurs reprises, il demanda au roi qu'il (= le roi) prît de lui (= Éliduc) une procédure de justification"
D'une manière générale, je ne me permets pas de changer la nature des mots dans mes traductions.