Quelques nouvelles du marché de l’occasion en Pléiade (2ème partie).
La Pléiade, un investissement pas si spéculatif…
Malgré les tentatives de vendre à prix prohibitif les volumes déclarés comme épuisés par l’éditeur, et malgré quelques ventes ponctuelles réussies, on voit ces mêmes ouvrage revenir sans cesse sur le marché de l’occasion. La simple raison pour laquelle la plupart des « épuisés » n’ont tout simplement pas été réimprimés réside dans leurs faibles niveaux de ventes, ce qui correspond tout simplement à un intérêt moindre de la part des lecteurs. Ainsi, avec un peu de patience, on pourra acquérir la plupart des « épuisés » pour un budget de l’ordre de 40 à 60 euros.
On voit par ailleurs quelques tentatives de revente de collection en bloc, mais les bibliothèques complètes ne trouvent pas preneur et les transactions se terminent par des lots soldés, rachetés par quelques professionnels qui prendront le temps de la revente au détail, seul canal de revente à peu près certain.
Il y a quelques belles affaires à réaliser en rachetant des séries complètes : pour un lot des douze tomes de La Comédie humaine ou l’ensemble des huit volumes des Mémoires de Saint-Simon, le prix unitaire du livre est facilement ramené à moins de 30 €.
Reste enfin l’Encyclopédie de La Pléiade qui fleurit sur les sites de revente : l’amateur patient pourra se constituer une belle collection à vil prix, pourvu qu’il ne recherche pas l’état neuf ; la plupart des volumes en excellent état peuvent être acquis à moins de 25 €.
Rappelons également que l’acheteur de Pléiade dans sa grande majorité possède au fond de lui une fibre de collectionneur qui lui fait préférer les volumes en très bon état, voire en « état neuf », ce qui fait que les livres qui présentent un petit défaut – légère déchirure, coiffe élimée, dos insolé… - partent à de tout petits prix : il n’est pas rare que ces « seconds choix » se vendent aux alentours d’une dizaine d’euros.
…à condition toutefois de ne pas encourager les spéculateurs.
Il ne manque tout de même pas de charognards pour tenter de faire des bénéfices injustifiés sur le dos des amateurs, mais, après analyse des ventes effectivement réalisées sur les sites d’enchères, il semble que peu s’y laissent prendre.
La mode actuelle est aux coffrets – ceux d’Anouilh, Marx ou Wu Cheng’en sont parfois proposés à 250 €, 300 € voire plus. Mais attention au mirage : ces tarifs affichés à la revente ne reflètent pas la réalité des transactions. À de tels prix, les transactions n’aboutissent pas et les ouvrages restent chez leur propriétaire.
Les albums restent aussi une source de spéculation, notamment les dix premiers édités sous jaquette « blanche » ; mais curieusement, les prix proposés à la revente n’ont pas beaucoup évolué depuis près de 20 ans, la star restant le Balzac qui se vend aux alentours de 250 € (bien que certains petits rigolos s’amusent à le proposer à 850 €), tandis que le Dictionnaire des auteurs (le numéro zéro de la série) peine à trouver preneur à 200 €, sauf état exceptionnel - ce qui devient très rare.
Les albums de la première série qui partent à prix « collection » ont souvent fait l’objet d’une petite restauration : jaquette neuve en fac-simile, rhodoïd neuf comme il se doit et coffret cartonné refait à l’identique.
Quant aux volumes isolés qui ont la cote, on peut signaler le Baudelaire en première édition proposé à peu près à tous les prix possibles (de 500 € à 1500 € - mais qui achètera ça à ce prix, sans compter l’état incertain ?), le premier tirage de Céline que l’on tente de refourguer à 250 €, et même quelques volumes de l’Encyclopédie de La Pléiade proposés naïvement (?) à plus de 100 € ou 200 €, ce qui prouve de la part de ces vendeurs une totale méconnaissance de la réalité du marché des Pléiade d’occasion. Le Polybe voit aussi son prix monter, tandis que certains titres de Dickens « provisoirement indisponibles » au catalogue font également l’objet d’une petite spéculation, ce qui est assez étonnant quand on voit qu’avec un peu de patience on peut les trouver à prix « normal », tandis qu’ils sont progressivement réimprimés par l’éditeur.
Enfin, on a signalé tout récemment la remise sur le circuit du neuf (réimpressions ou déstockages ?) d’ouvrages qui faisaient récemment l’objet de « spéculations indécentes sur le marché de seconde main » comme Le Rāmāyaṇa de Vālmīki ou les deux volumes de Boulgakov.