La poésie est essentiellement philosophique, mais elle doit être involontairement philosophique

Entraide scolaire

13 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour, je suis en khâgne B/L et j'ai un DM en français sur un sujet étant tombé en LSH (ou bien en A/L ?) en 2012.

"La poésie est essentiellement philosophique […] mais elle doit être involontairement philosophique"

Nous devons traiter le sujet comme en B/L, soit par une voie assez "bateau" puisqu'il s'agit d'un DM


J'aurai besoin de l'aide de quelques érudits pour une question bien particulière seulement

J'aborde, dans une première partie, les thèmes philosophiques dont est empreint la poésie.
- La recherche de dieu
- La place de l'homme dans le monde
- Le caractère moral et intellectuel de la poésie

Le fait est que je manque d'exemples pertinents …
Ma culture poétique est vraiment faible et je peine à trouver de bons exemples par moi même dans certains arguments

J'ai donc besoin d'aide pour trouver certains poèmes pour illustrer ces arguments
- La poésie évoque le divin et la recherche de dieu
- La poésie permet de rendre compte de la place de l’homme dans son environnement (par rapport à la nature et à l'Autre)
- La poésie permet de rendre compte de l’homme en lui même, dans son fort intérieur

J'espère vraiment une réponse, car je bloque et j'ai pas envie de caler des exemples qui finalement ne collent pas à ce que j'avance ..

Merci d'avance!
Bonsoir.

Tu as écrit "La philosophie est essentiellement philosophique"…
Je suppose qu'il faut lire "La poésie est essentiellement philosophique" ?
Oui en effet je m'étais trompé, je viens de modifier mon post merci!
Bonsoir,

Vigny est un bon exemple de poésie philosophique.
Pour ce qui concerne les tourments de la condition humaine, Baudelaire est incontournable.
Je n'y connais pas grand chose en dissertations de lettres en B/L, mais une chose m'étonne : Comment peux-tu faire un plan sans avoir tes exemples avant ? En termes de méthode, il me semble qu'il vaudrait mieux, après une analyse préalable des termes du sujet (essentiellement // involontairement, "doit", le fait que ce soit Baudelaire qui écrive, si je ne me trompe pas), parcourir de la poésie et, à partir de poèmes qui te semblent pertinents, construire un plan.
Les membres du forum pourront te conseiller, mais si j'étais toi je jetterai un œil aux poètes romantiques (Vigny, Lamartine…), à Baudelaire, bien sûr. D'autres membres du forum auront certainement des conseils plus précis.

Édit : Vigny et Baudelaire, nos messages se sont croisés, mais les grands esprits de rencontrent !
Je viens de verifier, les œuvres au programme de Lyon, l'année où le sujet était tombé, étaient les suivantes : Alcools de Guillaume Apollinaire, Le Testament de Villon, Phèdre de Racine et A la recherche de l'Absolu de Balzac
Merci de vos réponses!

En réalité j'ai bien procédé à une analyse du sujet avant tout. J'en arrive à des arguments qui me semblent pertinents et qui découlent bien directement de mon analyse.

Mon problème est surtout de trouver des poèmes biens précis pour expliciter certains de mes arguments. J'ai l'idée, voire même l'auteur mais j'ai plus en tête des recueils et non des poèmes en particulier.
La démarche surréaliste est intéressante. Bien que P. Reverdy se soit tenu un peu en marge du mouvement, c'est lui qui décrit le mieux l'ambition poétique des Surréalistes :
"Le poète est dans une position difficile et souvent périlleuse, à l'intersection de deux plans au tranchant cruellement acéré, celui du rêve et celui de la réalité. Prisonnier dans les apparences, à l'étroit dans ce monde, d'ailleurs purement imaginaire, dont se contente le commun, il en franchit l'obstacle pour atteindre l'absolu et le réel ; là, son esprit se meut avec aisance. C'est là qu'il faudrait bien le suivre, car, ce qui est, ce n'est pas ce corps obscur, timide et méprisé, que vous heurtez distraitement sur le trottoir - celui-là passera comme le reste - mais ces poèmes en dehors de la forme du livre, ces cristaux déposés après l'effervescent contact de l'esprit avec la réalité."

P. Reverdy, Le gant de crin, éd. Plon.
Comme on le constate, la poésie mène à l'inconnu, c'est à dire au réel !

Mais cela, c'est une explication lucide. La poésie, elle, n'explique ni ne justifie, elle est, elle pose, elle affirme. C'est l'aspect "involontaire" de la démarche poétique.
Le poète ne veut pas prouver quelque chose, ce quelque chose "cogne à la vitre", s'invite et règne en maître. Le poète vaticine, "fixe des vertiges" (Rimbaud) comme un présocratique.

Tiens, ça me fait penser à Héraclite, le précurseur d'Apollinaire : pour tous les deux, les fleuves coulent, le temps passe (Pont Mirabeau), l'homme et ses amours trépassent avant de renaître, comme la vie, sans cesse (Le brasier).
La fixité, c'est la vraie mort :
Sur le palais il y a un haut tumulus de craie
Et des plaques de tôle ondulée
Fleuve figé de ce domaine idéal
Mais privé d'eau car ici il ne roule que le feu jailli de la mélinite


G. A., Lueurs des tirs, le Palais du tonnerre in Calligrammes.
https://www.etudes-litteraires.com/forum/d/56059-baudelaire-la-poesie-est-essentiellement-philosophique-mais-elle-doit-etre-involontairement-philosophique.html

Elévation de Baudelaire
blckby a écrit :Mon problème est surtout de trouver des poèmes biens précis pour expliciter certains de mes arguments. J'ai l'idée, voire même l'auteur mais j'ai plus en tête des recueils et non des poèmes en particulier.
Oui, c'est bien cela que je trouve bizarre, comment peut-on faire un plan sans avoir des vers précis en tête ? Cela reste pour moi un mystère.

Autres questions : 1/ devez-vous vous contenter de poésie ? (Lorsque c'est tombé qui concours, il fallait parler de tous les genres) 2/ êtes-vous limités à la littérature française ?
@Jacques

Merci beaucoup, je vais jeter un coup d'oeil à ces poèmes!

CCC :
- Oui je dois me contenter de la poésie, notre prof nous a en fait donné un DM pour justement approfondir la poésie (que nous avions négligé lors de nos précédents DS)
- Non je ne suis pas limité à la littérature française, nous sommes plutôt libre à condition de se cantonner au genre poétique
Le pont Mirabeau (très connu) et Le brasier font partie d'Alcools. Vous pouvez vous contenter de ces deux-là pour Apollinaire, mais je ne sais pas comment vous pouvez les intégrer à votre plan. On est évidemment très loin de Vigny… Le thème peut être "bateau" : le rapport du poète au monde, à l'existence, à la "destinée" (fatum), ou plutôt, chez lui, à la destination.
Il y aussi Les fiançailles ; Le brasier et la fin des Fiançailles s'inspirent de l'exécution des Templiers.

Liens déliés par une libre flamme ardeur
Que mon souffle éteindra ô morts à quarantaine
Je mire de ma mort la gloire et le malheur
Comme si je visais l'oiseau de la quintaine

(par cœur, je fais peut-être des fautes !)
En poésie francaise, pour la partie si la recherche de Dieu, je pense au sonnet en x de Mallarmé ("Ses purs ongles très haut dédiant leur onyx…") qui est d'une certaine manière la vacuité mise en mot, et présente la figure d'un maître absent (figure d'un Dieu que l'on ne trouve pas ? )
En poésie étrangère je pense à Rilke, mais je ne retrouve pas mon exemplaire des Elégies de Duino. Je pense que chaque page ou presque de ce recueil peut être utilisée, ainsi que ses Sonnets à Orphée.
La poésie peut-être mise en rapport avec divers thèmes philosophiques :
- conscience et inconscient : pour Paul Valéry, la poésie est dans la "conscience consciente" et le travail sur le langage : on est ici à l'opposé de la "projection du moi" romantique ou élégiaque.
- sujet et objet : un poète comme F. Ponge (Le parti-pris des choses, au titre révélateur), focalise son regard sur l'objet, dont il affirme la présence originale.
- poésie et langage : le langage est susceptible à lui seul de créer un objet au lieu de ne servir qu'à transmettre. C'est déjà un peu le cas de Valéry, mais vous avez nombre de poètes qui créent, comme Dieu, une sorte d'absolu avec ce qui est à la portée de l'Homme : le langage. C'est là la posture "prométhéenne" de Mallarmé, mais on peut aussi évoquer Desnos, Michaux…
- poésie et action : l'engagement (Aragon, Garcia Lorca…).

Et n'oubliez pas "doit être involontairement philosophique", qui invite à se poser le problème des limites.

…Et qui invite surtout à la discussion.