Merci Jean-Luc Picard pour ce témoignage.
Sincèrement, je commençais à me sentir vraiment mal.
Sincèrement, je commençais à me sentir vraiment mal.
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Certains sont aussi au chômage…Certains élèves normaliens sont au chômage ?
Mais vous n'avez pas ce filet de sécurité lorsque vous êtes docteur en architectureMais ENS… et architecture, psychologie ?
En dépit de l'appellation "agrégé de l'université" (qui date de la Restauration je crois), l'agrégation n'est pas un titre universitaire.Sauf deux agrégations, celle de droit, de gestion et de sciences politiques ! (mais si le nom est identique, on parle de deux choses distinctes…)
Arthur a écrit :D'autant que l'agrégation (comme tout concours de la fonction publique d'État) est contraignante : mutations hasardeuses, détachement, disponibilité ou temps partiel difficiles à obtenir, absence de formation pédagogique (ni ESPE ni stage pour un agrégé ayant enseigné pendant la thèse), etc. Certains ne peuvent pas s'y conformer, et d'autres ne le veulent tout simplement pas.Et c'est normal puisque c'est un contrat passé avec l'État.
Tout ce que tu écris, Arthur, m’attriste profondément. Et encore je reste mesurée dans mes propos.Je pense comprendre ce que tu dis, Laoshi. Mais ces dernières années ont apporté des mutations profondes dans le métier d'enseignant qui creusent un fossé de plus en plus infranchissable entre recherche-enseignement supérieur et enseignement secondaire.
Cela témoigne d’une vision de l’enseignement à laquelle je n’ai jamais adhéré. (Et je ne parle même pas de l’image que tu me renvoies des nouveaux normaliens.)
…ces dernières années ont apporté des mutations profondes dans le métier d'enseignant qui creusent un fossé de plus en plus infranchissable entre recherche-enseignement supérieur et enseignement secondaire.Ces dernières années, je ne sais à quand tu les fais remonter, sûrement moins loin que moi.
les médias et la culture populaire ont largement contribué à l'image de l'enseignement en collège et lycée comme échec socialPour moi, ce n'est pas un échec social que d'être enseignant, à quelque niveau que ce soit. C'est la plus belle chose, et personnellement, je ne me suis jamais sentie vraiment à la hauteur. Mais pour ce qui est des revenus, évidemment, je ne saurais te donner tort. Il n'est en accord ni avec la durée des études, ni avec leur niveau élevé.
ils sont en postes sur 2 ou 3 etablissements différents, avec plus de 4 niveaux différents, sur des communes éloignéesQue des professeurs de langues dites rares, ou devenues rares, comme l'italien ou l'allemand ou le russe enseignent sur plusieurs établissements n'est pas nouveau. A qui la faute ? A une certaine politique qui favorise ta discipline d'élection ! 😉
la nature de l'enseignement en collège et lycée est parfois à mille lieux de l'idée que peut s'en faire un jeune prof idéaliste, et de la passion qui l'anime pour sa discipline…Cela est inévitable et en plus d'être idéaliste, il faudrait être bien naïf pour croire qu'en sortant de l'université, on va se trouver face à ses pairs.
Après avoir été admis en 1889 au concours d'entrée à l'École normale supérieure, il (Alain / Émile-Auguste Chartier) est reçu troisième à l'agrégation de philosophie en 18924, puis est nommé professeur, successivement aux lycées Joseph-Loth à Pontivy, Dupuy de Lôme à Lorient, à Rouen (lycée Corneille de 1900 à 1902) et à Paris (lycée Condorcet) puis à Vanves (lycée Michelet).
Et c'est normal puisque c'est un contrat passé avec l'État.C'est un contrat particulièrement contraignant. Ces contraintes, rendent le statut d'agrégé difficilement compatible avec la conception de "filet de sécurité" pour jeune chercheur évoquée précédemment. Les fonctionnaires de la FPT inscrits sur liste d'aptitude (hors EN), les professeurs contractuels passent aussi un contrat avec l'État.
Pour s'engager dans le secondaire, il faut avoir la vocation, sans cela, on risque de devenir un mauvais professeur.
Cela témoigne d’une vision de l’enseignement à laquelle je n’ai jamais adhéré. (Et je ne parle même pas de l’image que tu me renvoies des nouveaux normaliens.)J'imagine que chaque génération se fait son idée de ce métier, ce qui est après tout normal. Et mon appréciation de tout cela n'est probablement pas définitive.
Pour moi, ce n'est pas un échec social que d'être enseignant, à quelque niveau que ce soit.Pour moi non plus, y compris dans le primaire ou le secondaire, ni pour la majorité des normaliens qui choisissent de s'y engager. Mais justement, la rhétorique du "filet de sécurité" que serait l'agrégation installe cette idée.
A l'origine, l'ENS, sous la Révolution française avait été créée pour former des citoyens d'élite à l'art d'enseigner.
Cela a duré un moment : Simone Weil, Jean-Paul Sartre, Georges Pompidou, Jacqueline de Romilly… et bien d'autres ont commencé leur carrière dans des lycées.
Après avoir été admis en 1889 au concours d'entrée à l'École normale supérieure, il [Alain / Émile-Auguste Chartier] est reçu troisième à l'agrégation de philosophie en 1892, puis est nommé professeur, successivement aux lycées Joseph-Loth à Pontivy, Dupuy de Lôme à Lorient, à Rouen (lycée Corneille de 1900 à 1902) et à Paris (lycée Condorcet) puis à Vanves (lycée Michelet).Mais les lycées étaient eux-mêmes des établissements beaucoup plus élitistes à l'époque, justement (20 % d'une classe d'âge a un baccalauréat en 1970, le chiffre a quadruplé). L'exemple d'Alain est intéressant. Il n'avait que trois élèves à Pontivy ! Et il passera 8 ans dans une Basse-Bretagne qui lui est étrangère avant de rentrer dans sa Normandie natale, le tout sans femme ni enfant. Ces questions de mobilité forcée sont un grand frein actuellement. Ajoutez à cela que beaucoup de néo-agrégés, normaliens ou non, sont désormais nommés en collège (c'était mon cas avant d'obtenir mon détachement). Les mêmes noms ne recouvrent plus les mêmes réalités.
Personnellement, j'aime enseigner (du moins j'apprécie l'expérience d'enseignement que j'ai eue jusqu'ici, dans des cours pour spécialistes en master, dans un cadre plus généraliste en licence et occasionnellement comme interrogateur oral et professeur particulier pour CPGE).Tu me fais rire, tiens !
C'est un contrat particulièrement contraignant.Un engagement décennal dans lequel les années d'étude sont comprises ?
Mais les lycées étaient eux-mêmes des établissements beaucoup plus élitistes à l'époque, justement… Ajoutez à cela que beaucoup de néo-agrégés, normaliens ou non, sont désormais nommés en collège …Les mêmes noms ne recouvrent plus les mêmes réalités.Cela est vrai, le niveau général a beaucoup baissé, celui des collégiens, des lycéens, celui des khâgneux, des étudiants, et je le crains, de certains normaliens également.
et (au risque d'aggraver mon cas ), je suis aussi pour sa suppression :Oh oui, tu l'aggraves !