Les débouchés de l’ENS

La filière littéraire

42 réponses · Page 1 / 3

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonsoir,

Mon petit ami envisage de faire l'ENS (lettre) , mais beaucoup le décourage. En effet, ils lui disent souvent que tu finiras proviseur-adjoint ou proviseur ou au pire professeur au lycée. Du coup il est un peu perdu, ce ne sont vraiment pas du tout des métiers très interessants pour lui , il a beaucoup d'ambition il a souvent tendance à viser haut.

Est-ce que quelqu'un peut me dire pourquoi ce sont toujours ces fonctions , surtout proviseur et proviseur-adjoint qui viennent toujours à la bouche de ceux qui sont contre son projet ? est-ce qu'il y a un pourcentage élevé de normaliens.ennes au sein de cette fonction ? on peut faire l'ens et être proviseur, c'est possible ?

Merci
Bonjour,

As-tu lu ce que Wikipédia disait d'Ulm, de l'ENS de Rennes etc. ?
Entre autres :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_d%27%C3%A9l%C3%A8ves_de_l%27%C3%89cole_normale_sup%C3%A9rieure
Ou les sites des ENS ?
Les normaliens que je connais qui sont proviseurs ou proviseurs adjoints = 0

Les proviseurs et proviseurs adjoints que je connais qui sont normaliens = 0

Les anciens élèves de prépa que je connais qui sont proviseurs ou proviseurs adjoints = 1

Attention, je ne dis pas que ça n'existe pas, mais simplement que cette généralisation me semble tout à fait abusive.

Cependant, il faut tout de même qu'il se renseigne sur les perspectives d'avenir. Les principaux débouchés d'une ENS sont certes la fonction publique : enseignement (secondaire mais surtout supérieur) et recherche dans les universités et les organismes de recherche. Je parle bien de recherche dans les matières littéraires ! Pas de paillasse et de blouse blanche !
Mais beaucoup d'autres perspectives sont ouvertes, comme travailler dans des ambassades ou des organismes internationaux, faire l'ENA, etc…

Sans compter que pour entrer à l'ENS, ton ami devra passer la Banque d'Épreuves Litteraires, qui ouvre les portes d'une trentaine d'autres écoles, donc s'il trouve que finalement les débouchés de l'ENS sont un peu restreints ou ne correspondent plus à ses espoirs, il peut très bien bifurquer vers autre chose sans perdre d'énergie.

Conclusion : demande à ceux qui le découragent depuis combien de temps ils n'ont pas mis les pieds dans un lycée, dans une prépa, ou à l'ENS… Visiblement ils n'y connaissent rien. Si ton ami vise haut tant mieux, il faut l'encourager !
Pas de paillasse et de blouse blanche !
Jésus, Marie, Joseph, mais comment font les chimistes de la rue d'Ulm ?
Et les informaticiens, ils se servent de bouliers ?
Mais je ne parle pas de la recherche à l'ENS ! Je parle de la recherche dans les disciplines littéraires ! (à l'ENS ou ailleurs)

J'ai précisé cela car souvent, quand je parle de recherche, les gens ne comprennent pas qu'il puisse y avoir de la recherche en philosophie, en linguistique, en histoire, en geographie, en litterature, en civilisation des pays étrangers, en droit etc. Ils pensent que la recherche est réservée aux médecins, aux chimistes, aux physiciens, aux mathématiciens… Éventuellement aux économistes, aux anthropologues et aux sociologues.

Mais c'est vrai que ma formulation n'était pas claire.
Un camarade de service militaire (je vous parle d'un temps…) travaille dans un "laboratoire de philosophie", chose mystérieuse. Il est par ailleurs prof à la Sorbonne.
Encore un normalien qui n'est pas devenu proviseur.
Je parle de la recherche dans les disciplines littéraires
Ah…Cela existe ? Et on trouve quoi ?
https://www.etudes-litteraires.com/forum/d/5862-enseignant-chercheur-en-lettres-modernes.html
Laoshi a écrit :
Je parle de la recherche dans les disciplines littéraires
Ah…Cela existe ? Et on trouve quoi ?
Les résultats de ces recherches remplissent les pages des thèses de doctorats et des synthèses d'HDR, les journées de colloques et de symposiums divers et les étagères de toute bonne librairie ayant un rayon "lettres et sciences humaines".
Donc on produit du texte essentiellement, dans lesquels on construit des systèmes théoriques. Ce sont les chercheurs en lettres sciences humaines qui, par ailleurs, sont collectivement dépositaires des connaissances construites au fil des siècles, et qui ont pour rôle des les mettre à jour perpetuellement.
Laoshi a écrit :
Je parle de la recherche dans les disciplines littéraires
Ah…Cela existe ? Et on trouve quoi ?
Il est incroyable que quelqu'un qui a fait des études littéraires puisse poser cette question.
Oui. Incroyable !
Voilà ce qui arrive quand quelqu'un est contraint de faire ce qu'il n'a pas vraiment choisi.
Je connais beaucoup de personnes qui ont fait des études littéraires et qui ne connaissent pas trop la recherche littéraire. Même au niveau master, chez les littéraires l'expérience reste très solitaire.
On pourrait faire un sujet specifique, "qu'est-ce que la recherche dans les matières littéraires ?" parce que là, nous sommes en train de polluer le sujet d'origine…
Bonjour,

Merci à vous tous pour vos messages, ça ne peut que le rassurer et le conforter dans son choix d'étude.
Laoshi a écrit :
Je parle de la recherche dans les disciplines littéraires
Ah…Cela existe ? Et on trouve quoi ?
Il est incroyable que quelqu'un qui a fait des études littéraires puisse poser cette question.
C'est peut-être une façon humoristique de pousser les gens ayant des compétences sur le sujet, comme CCCC, à nous en faire part.

Ça me rappelle une phrase célèbre de De Gaulle visitant un centre de recherche :
"Et vos chercheurs… Ils trouvent ?".
C'est peut-être une façon humoristique de pousser les gens ayant des compétences sur le sujet à nous en faire part.
Exactement.
Je tiens à ajouter que j’aime les textes et rien que les textes. Ceux qui bavassent sur les textes comme ceux qui bavassent sur les films, je ne les aime pas.
La plupart du temps leurs écrits me tombent des mains.

NB. Pour en revenir au sujet, la plupart de mes camarades issus de prépa et/ou normaliens ont enseigné dans le secondaire ou en classe préparatoire. Une collègue de collège normalienne a choisi d’éduquer de jeunes délinquants. Un autre a abandonné les lettres pour devenir magistrat, un autre chef d’entreprise. Deux autres après deux échecs à l’ENS et après une agrégation d’histoire ont réussi à l’ENA.
Le choix de la prépa et de l’ENS, (si on a le niveau requis pour réussir) est de toute façon un bon choix.
Le fait est que l'ENS ouvre presque toutes les portes à l'étranger (pour un échange du moins) ou en France… :/
Mais avant de tirer des plans sur la comète, il faut se rappeler qu'à propos de portes il en est une qui est très dure à ouvrir : celle de l'entrée à l'ENS.
Sidérant, Laoshi… Qu'on dise que certaines thèses ou que certains articles n'apportent pas grand chose, OK, mais nier l'intérêt de toute recherche, voire de toute critique, comme tu le fais ici, ça dépasse tout.
mais nier l'intérêt de toute recherche, voire de toute critique
Je ne nie pas l'intérêt de toute recherche. Tout dépend de ce que l'on cherche…ou recherche.
Pour ce qui est de la critique en matière littéraire, j'en ai lu le minimum syndical (La transparence et l'obstacle, de Starobinski, l'ouvrage sur Rabelais de Bakhtine, sans doute quelques autres…en khâgne… et après, fini…de toute façon, j'ai tout oublié…mais pas les oeuvres sur lesquelles elles portaient.)
Entendons-nous ! Se fier à sa seule petite et médiocre personne, à son seul bon sens pour interpréter des oeuvres, je ne dis pas que cela est bien. Cela peut te paraître sidérant, je peux te paraître ignare, et sans doute le suis-je.
Simplette aussi sûrement par rapport à tous ceux qui interviennent ici (je ferais bien d'ailleurs désormais de m'en abstenir). Mais cela est.
Dire que cela dépasse tout me paraît tout de même excessif.
Je ne crois pas avoir commis un crime, que je sache, ou alors celui de lèse-sa-majesté- chercheur- en -littérature ?
Je l'ai déjà dit et je le répète :
J'aime les textes (pas tous), le théâtre (pas tout), les romans (pas tous), la poésie (pas toute, pas forcément celle que tu aimes et que je trouve parfois sidérante, moi aussi), l'histoire, la géographie, les langues étrangères, l'astronomie, le chant, la pratique d'un instrument de musique, le cinéma, le tournage de films, la randonnée pédestre, le bouddhisme tibétain et les voyages lointains.
Et la recherche littéraire me paraît moins intéressante que la recherche scientifique. Question de goût sans doute…Quant à en faire mon métier… Vois-tu, j'ai refusé de prolonger mon mémoire de maîtrise par une thèse comme me le conseillait mon directeur de maîtrise. Et si, après l'agrégation, j'ai déposé un sujet de thèse, j'ai vite renoncé et préféré aller apprendre à lire et à écrire à des élèves de collège à la frontière belge.
Si certains préfèrent faire de la recherche sur l'oeuvre de….ou de…ou sur tel ou tel sujet obscur…eh bien, c'est leur affaire.
C'est un des débouchés de l'ENS ? Très bien. C'était là le sujet, je crois.
On peut aussi en faire sans réussir à l'ENS au fait.

On en reste là maintenant ?
Pour avoir fait une thèse de littérature française, et en avoir lu pas mal d'autres, je trouve aussi que c'est presque abuser des mots que de parler de "recherche" dans ce domaine, où règne en général une gratuité sans borne, et où la teneur des mémoires en informations susceptibles d'être objectivement résumées est à peine supérieure à celle d'un symposium d'astrologie.

Rue d'Ulm, j'ai côtoyé des chercheurs: mathématiciens, physiciens, biologistes… Jamais je ne me suis pris pour leur égal.

Et pourtant, j'ai tenté moi-même d'être plus précis et concret que ce que je lisais à droite et à gauche. Mais mon directeur me disait alors: "vous avez un beau style. Pourquoi ne faites-vous pas des phrases plus longues et des paragraphes plus amples?"