J’ajoute quelques petits points :
Le master recherche est vivement recommandé pour toutes celles et ceux qui ont déjà l’idée de faire une thèse plus tard. Le problème, c’est évidemment que ces deux ans de formation ne conduisent pas directement à un poste et à un salaire contrairement à ce qui est vrai pour le master MEEF.Cela dépend de ce que l’on pourrait appeler le type de thèse : j’ai déjà vu des thèses "courtes" (inférieures à la taille minimale donnée par
@dinozor), mais cela relevait plutôt de doctorants ne cherchant pas à candidater plus tard ou bien ayant travaillé sur un sujet très, très pointu qu’il était possible d’épuiser, en quelque sorte, avec ce nombre de pages-là. Généralement, le nombre de pages dépend aussi de la mise en page demandée par telle ou telle université et n’est pas le meilleur critère (c’est plutôt, dirais-je, le nombre de mots, de signes). Autres différences : la taille peut varier selon qu’il s’agit d’une édition critique d’œuvre ou d’une thèse classique. Il faut garder à l’esprit que pour l’édition d’un texte antique, médiéval, ou postérieur mais ayant demandé un travail particulièrement lourd (brouillons dans le cadre de la critique génétique par exemple), quelques dizaines de pages concernant le stemma codicum et le propos présentant les manuscrits peuvent synthétiser, à plus forte raison que pour d’autres thèses, un travail titanesque !Il y a des abandons, peut-être davantage ces dernières années. C’est un projet difficile. Il survient souvent à un moment de transition durant la vie, qui se heurte facilement aux changements familiaux, aux nécessités et contraintes financières (en lettres, la plupart des doctorants travaillent à côté en dehors du monde universitaire), au manque de temps en raison des contraintes professionnelles. Toutefois, depuis quelques années, il est possible de mettre en pause son inscription pour répondre à d’éventuels problèmes de ce genre.Le Professeur doit effectivement avoir passé son HDR (habilitation à diriger des recherches) et obtenu un poste de professeur. Concrètement, il y a un certain nombre de maîtres de conférences qui ont leur habilitation et sont en quelque sorte dans une situation intermédiaire en attendant un poste de professeur. L’habilitation est un travail important, de longue haleine, qui aboutit souvent à une publication importante, qui témoigne aussi de la capacité de conduire des travaux d’autres chercheurs dans un domaine donné. Du reste, le Professeur assure davantage de tâches liées à la direction, notamment des unités de recherche. Autorité reconnue, le professeur est la référence en matière de cours magistraux, de direction doctorale, de jury de thèse et évidemment aussi de jury d’HDR.À l’exception de quelques filières qui échappent aux règles communes, comme le droit (où le passage de l’agrégation du supérieur permet de court-circuiter cette question), il faut un certain temps pour préparer un dossier d’HDR. Au moins 8-10 ans après la thèse, peut-être. Il n’y a pas de règle d’âge à ma connaissance. Tout dépend du parcours du docteur. Mais comme je l’ai indiqué plus haut, avoir obtenu son HDR permet de candidater sur un poste de professeur, ça ne le donne pas.
Il faut vraiment savoir que c’est un parcours compliqué, difficile, pour tout le monde. Peut-être moins pour les normaliens, qui ont certains avantages. Il y a beaucoup de concurrence de fait. Il faut souvent se résoudre à des sacrifices pour faire sa thèse, pour se constituer un dossier solide, à la fois en matière de recherche, mais aussi en matière d’enseignement. Ceux qui réussissent à obtenir des conditions favorables et des postes temporaires sont favorisés par rapport aux autres, évidemment, mais ça dépend parfois, voire souvent, de la fortune… Pour donner un exemple, je dois une année d’ATER au fait qu’une collègue pouvait rester ATER dans sa fac d’origine ; sinon, elle aurait sans doute accepté le poste pour lequel j’étais classé initialement deuxième. J’ai été classé premier l’année suivante pour être reconduit. En somme, deux années de vie et de travail, 384 heures de cours (HTD) et des conditions favorables pour la recherche et la thèse ont dépendu initialement en quelque sorte de la chance dans mon cas.
Mais quand j’écris favorables, il faut avoir en tête ce que ça veut dire : mon salaire net est de 600 € inférieur à ce que j’aurais dans le secondaire (sans heure supplémentaire) et la différence est bien plus grande par rapport à l’année où j’ai eu des HSA. Je ne peux pas économiser, j’ai déménagé à l’autre bout du pays, c’est compliqué pour le budget… La thèse est l’objectif, mais il n’y a aucune garantie pour la suite et il est difficile de se motiver pour assurer plus solidement encore son dossier dans la perspective de devenir titulaire, quand les perspectives sont minces.