Bonjour,
Je dois rédiger un commentaire linéaire sur ce poème,
Les Flamands
Les Flamands, gent mutine et têtue.
Mémoires d’Olivier de la Marche.
La bataille durait depuis none, quand ceux de Bruges lâchèrent le pied et tournèrent le dos. Il y eut alors, d’une part si épais désarroi, et de l’autre si rude poursuite, qu’au passage du pont bon nombre de révoltés croulèrent pêle-mêle, hommes, étendards, chariots, dans la rivière.
Le comte entra le lendemain dans Bruges avec une merveilleuse cohue de chevaliers. Le précédaient ses hérauts d’armes qui sonnaient horriblement de la trompette. Quelques pillards, la dague au poing, couraient çà et là, et devant eux fuyaient des pourceaux épouvantés.
C’est vers l’hôtel de ville que se dirigeait la cavalcade hennissante. Là s’agenouillèrent le bourguemestre et les échevins, criant merci, mantels et chaperons par terre. Mais le comte avait juré, les deux doigts sur la Bible, d’exterminer le sanglier rouge dans sa bauge.
« Monseigneur !
— Ville brûlée !
— Monseigneur !
— Bourgeois pendus ! »
On ne bouta le feu qu’à un faubourg de la ville, on ne pendit aux gibets que les capitaines de la milice, et le sanglier rouge fut effacé des bannières. Bruges s’était racheté pour cent mille écus d’or.
Mais certains termes restent flous pour moi, par exemple "Mais le comte avait juré, les deux doigts sur la Bible, d’exterminer le sanglier rouge dans sa bauge." je n'en comprends pas réellement le sens, mais je me demande si à travers ce vers il n'y a pas une forme de critique, tout comme le sanglier rouge que je ne parviens pas à analyser.
Merci de votre aide.
Bonne journee
Si on cherche, un palimpseste ?
On y perçoit néanmoins, les traces d' évènements survenus sous Philippe le Hardi en 1382 (" Les gens de Bruges s'épouvantèrent, prirent la fuite, laissèrent là leurs armes, se dispersèrent. Jamais on ne vit d'aussi lâches combattants après avoir été si présomptueux. Les chevaliers ne purent pas même essayer de les rallier, ni s'opposer à l'ennemi ; ils furent entrainés par la déroute. Le comte de Flandre lui-même fut abattu de son cheval et tiré à grand peine de la presse et du péril. Une peur panique avait gagné tout le monde ; on s'enfuyait à qui mieux mieux ; le fils n'attendait pas le père, ni le père le fils") et celles de la soumission de la cité à Philippe le Bon en 1438 (" Le duc de Bourgogne consentit à les admettre en sa présence ; ils se mirent à genoux, et entendirent dans cette humble attitude la lecture de tous les crimes de leurs concitoyens. Ils crièrent : " Merci, merci aux gens de votre ville de Bruges !" et se trainèrent ainsi jusqu'aux pieds de leur seigneur. " […/… ] " La ville de Bruges paiera deux cent mille rixdalles d'or à son seigneur.")
( "Histoire des Ducs de Bourgogne de la Maison de Valois" - Prosper de Barante -
https://monamilouisbertrand.blogspot.com/2012/09/bruges-brugge.html
Notes de vocabulaire :
https://books.google.fr/books?id=z_VnDvZ9RzUC&pg=PA5&lpg=PA5&dq=banni%C3%A8re+de+bruges+au+moyen+%C3%A2ge++avec+le+sanglier&source=bl&ots=ZbOSxPTBha&sig=ZZe76FAhWb4ofv0AKD483XCMNs8&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwigjI68pe3eAhXpyYUKHZpRCM8Q6AEwB3oECAcQAQ#v=onepage&q=banni%C3%A8re%20de%20bruges%20au%20moyen%20%C3%A2ge%20%20avec%20le%20sanglier&f=falseah oui ! je n'avais pas vu cet aspect en effet, mais j'ai l'impression que le poète se moque aussi du comte son arrivée par exemple est dégradée par les héraut et les pillards. Peut etre une satire ou un comique ? Cependant je ne sais pas si le poète veut seulement exprimer un aspect réel de la guerre ?
Tu peux creuser des axes dans ce poème en prose.
Le goût pour le moyen âge et les faits d'armes - Champs lexicaux de la violence et de la confusion -
Les tableaux (le mouvement) (les guerriers et les chevaux) (la manière de guider le regard). La chute.
Les références historiques, picturales .
Le sanglier rouge désigne un homme, par les armoiries de son blason.
Voir un exemple de "Sanglier Rouge" dans Quentin Durward, de Walter Scott :
https://books.google.fr/books?id=Oee3grEmgZ4C&pg=PA508#v=onepage&q&f=false
Par ailleurs, il y a eu en Belgique le légendaire Sanglier des Ardennes :
https://www.levif.be/actualite/belgique/la-veritable-histoire-du-sanglier-des-ardennes-ce-barbu-sanguinaire-de-la-pire-espece/article-normal-456125.html?cookie_check=1543163721
Aloysius Bertrand semble mêler plusieurs histoires dans celle de Bruges.
Merci de votre aide. J'avais déjà remarqué plusieurs références historiques, mais sinon il ne me semble pas avoir vu de références picturales. Mais est-ce qu'il ne s'agit pas d'une satire de la guerre ? Car il se moque du peuple flamand et aussi du comte j'ai l'impression après je ne suis pas certaine de tout comprendre encore de ce poème.
Ce poème fait partie du recueil :
Gaspard de la nuit sous-titré
Fantaisies à la manière de Rembrandt et de Callot.Quatrième Livre :
Les Chroniques Maître Ogier (1407)
La Poterne du Louvre
Les Flamands
La Chasse (1412)
Les Reîtres
Les Grandes Compagnies (1364)
Les Lépreux
À un bibliophile
Bonsoir, j'ai commence une esquisse de commentaire linéaire par contre je ne me souviens plus si il y a des sous parties
Le poème les Flamands intègre le lecteur directement dans cette guerre, dès le premier vers «la bataille durait none». En effet, Bertrand nous dresse un véritable tableau de la guerre avec la forme narrativisée du poème, ainsi que le champ lexical de la guerre «la bataille» vers 1 «hérauts d’arme» «pendit aux gibets». En plus, de la violence historique exprimée, Bertrand importe le lecteur dans un cadre historique et pittoresque, en s’inspirant des Mémoires d’Olivier de La Marche pour réaliser son poème. L’adverbe «quand» indique une rupture avec le précédent vers, il y a une forme antithétique entre ces deux vers. L’adverbe «depuis» suivit de «none» indique une durée importante environs quinze heures de l’après-midi du combat qui contraste avec les deux expressions populaires utilisées «lachèrent le pied» et «tournèrent le dos» il y a donc un abandon du peuple de bruges. Ce portrait que dresse l’auteur de ce peuple est en décalage par rapport à l’épigraphe d’Olivier de la Marche qui les décrit comme «gent mutine et têtue». En effet, le poème est construit en palimpseste. On peut faire référence à l’œuvre histoire des Ducs de Bourgogne de la Maison de Valois de Prosper de Brante qui évoque la peur du peuple flamand qui a pris la fuite, il y a donc un faux aspect pittoresque, qui est détourné et provoque le ridicule. De plus, l’épigraphe est fictive ou inventée (elle n’a pas été retrouvée). Ainsi, le poème crée une forme de comique et de surprise au lecteur par la description faite au peuple de l’épigraphe par rapport au poème. Il y a aussi une forme de rabaissement. Il y a donc un faux aspect pittoresque dans le poème. L’adverbe «alors» précipite l’action qui est structurée par des connecteurs logiques «d’une part» «et de l’autre». On remarque un parallélisme de construction «d’une part si épais désarroi, et de l’autre si rude poursuite» qui donne de l’intensité à la scène augmenté par la conjonction «si». On a donc une forme de crescendo une augmentation croissante de l’intensité qui provoque la destruction de la ville comme le montre accumulation «hommes, étendards, chariots, dans la rivière» La juxtaposition de l’adjectif «bon nombre» suivi du complément du nom «de révoltés» indique la densité démographique qui provoque elle-même la mort de leur pair, on pourrait s’il n’a pas une forme de comique du poète vis-à-vis du peuple ou une conséquence fréquente des guerres.
La deuxième strophe montre une rupture temporelle avec le nom «le lendemain». On passe du chaos provoqué par la guerre à l’arrivée remarquée du comte comme l’indique la juxtaposition de l’adjectif «merveilleuse cohue de chevaliers». Dans la première strophe du poème l’ennemi est invisible il n’est pas cité. Cet «ennemi» n’apparait que lors de la deuxième strophe «le comte». Ainsi, le poète crée une tension vis-à-vis du lecteur, qui veut connaitre la vérité. L’adjectif «merveilleuse cohue de chevaliers» indique un nombre important et participe à un effet de réel. La métaphore cohue utilisé renvoie à une foule tumultueuse indisciplinée donc ce qui est contraire au comportement d’un chevalier ou renvoie à une réalité de l’époque. L’imparfait de description introduit les protagonistes à la suite du comte. Il a une forme de dégradation progressive avec l’arrivée des différents protagonistes, le comte, les chevaliers, les hérauts d’armes, les pillards et les pourceaux. Ainsi, on passe d’un statut noble à un animal. Ce qui crée une forme de comique. .l’adverbe «horriblement» qui renvoie à la cacophonie. Il dégrade le portrait du comte avec l’adjectif possessif «ses hérauts d’armes». Dans ce poème, beaucoup de gestes renvoient au Moyen Age comme l’arrivée en fanfare d’un personnage important. Elle continue de l’être, avec l’arrivée de personnages populaires comme les «pillards» qui sont caractérisés par le déterminant indéfini. Ce terme montre une forme de ramassis de brigands qui veulent faire main basse sur la ville. Donc la figure du pillard qui est peu noble Les adverbes «çà et là» renvoient à un trajet aléatoire. Le terme «pourceaux» est ambigu ici car il renvoie aux cochons mais peut aussi renvoyer aux villageois. Cette deuxième strophe est représentative de la culture du Moyen Age qui consistait à piller un village. La troisième continue la narration, le complément d’objet direct «l’hotel de ville» évoque le lieu de pouvoir, il y a donc une prise symbolique du comte de la ville de Bruges. On a une forme d’écho avec le terme «cavalcade hennissante», le nom «cavalcade» renvoie une fois de plus à une troupe bruyante, l’adjectif qui le complète provoque le rire chez le lecteur. La ponctuation qui est assez riche avec les virgules retarde la trame et augmente l’impatience du lecteur. Adverbe «là» renvoie à un point fixe. Le geste effectué par le bourguemestre et les échevins renvoient à un geste de soumission du Moyen Age, ainsi on remarque de nombreuses références au travers de de ce poème, il provoque aussi la soumission donc une forme de pitié du lecteur. Ces personnages incarnent les des formes d’autorité comme le bourguemestre qui est une sorte de premier magistrat, il y a une forme de rabaissement ? La pitié est encore sollicitée avec la fonction explicative «mantels et chaperons par terre». Par les nombreux détails, il est aisé pour le lecteur de se représenter la scène. Le mot de liaison «mais» provoque une rupture par rapport au reste des vers. Le plus que parfait «avait juré» est utilisé pour faire référence à un fait qui est antérieur et qui revêt de l’importance pour le comte. En effet, l’apposition de la phrase «les deux doigts sur la Bible» renvoie à un serment solennel qui est juré sur une (relique). Mais cette dimension solennelle perd de l’importance avec le verbe «exterminer» qui exprime le massacre, le serment perd d’autant plus en importance avec le complément d’objet direct «dans sa bauge» renvoie à un endroit sale ainsi le serment du comte est tourné en ridicule. Le sanglier rouge peut renvoyer à différents personnages comme Quentin Durward, ou encore le héraut de Guillaume de la Marck, donc différentes références qui renvoient a diverses époques, on peut voir peut etre une volonté du poète de mélanger les époques et meler plusieurs histoires ou bien de perdre son lecteur. Le sanglier rouge renvoie aussi à l’emblème de la ville de Bruges. Ou bien une invention du poète Tout comme le poème qui est lui-même un palimpseste réalisé sous Philippe le Hardi en 1332. Le poème est ensuite interrompu par des stichomyties qui accélèrent l’action et la rende dynamique par les points d’exclamation. La répétition de «monseigneur» accélère l’empressement et sort le lecteur de la narration et donne une forme de pitié. Les répliques «ville brulée» «bourgeois pendus» montrent l’attitude un hautaine du comte qui ne répond que presque que par des monosyllabes, il ne fait pas un discours. Pour conclure on a un poème très visuel.
La dernière strophe est une forme de conclusion, le pronom impersonnel «on», montre un passage du comte au groupe, c’est à la fois tout le monde et personne qui agit et plus le comte. Le «on» donne aussi un effet de recul par rapport à un événement. Il y a un parallélisme de construction «on le bouta le feu qu’au faubourg de la ville», Le complément du nom «faubourg de la ville» reflète les périphéries de la ville et donc celle-ci en flamme donc la cruauté du comte. Le vers qui suit est introduit par une conjonction de coordination, montre ce qui s’est réellement passé. Le comte comme on le montre précédemment avait juré de détruire toute la ville On le présente en train de jurer de détruire toute la ville or il n’en fait rien et n’exécute que des représentants de l’autorité. La phrase passive «et le sanglier rouge fut effacé des bannières» évoque la défaite symbolique et la prise de pouvoir du comte. Le dernier vers évoque une chute mais aussi une vérité historique où il était fréquent pour les villes de se racheter après une défaite. Pour conclure, il y a une sorte de dédramatisation par rapport à la première strophe qui est plus chargée et plus détaillée. il y a une sorte de contre balancement. On remarque également une abondance du lexique du moyen âge comme «échevin», «faubourg», «monseigneur» ce qui plonge le lecteur dans cette époque
Parle-t-on de "strophes" dans un poème en prose ou de "paragraphes" ?
Il semble, à la lecture, que tu aies oublié l'introduction et ses composantes attendues. De plus, on dégage mal l'essentiel de l'accessoire.