Poèmes sur le thème de la mémoire

Entraide scolaire

4 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
Livres sur Amazon
Bonjour,

Actuellement en classe préparatoire, je prépare mon épreuve de culture générale sur le thème de la "mémoire".

Après beaucoup de recherches, je n'ai trouvé que peu de poèmes en lien avec ce thème. Pourriez-vous m'aider à en trouver ? Des vers, des citations, des noms d'auteurs, des titres d’œuvres me suffisent pour que je puisse réaliser mes propres recherches par la suite.

Je vous remercie par avance.

Cordialement,

Rémi Maillard.
Sur les souvenirs :
https://www.poetica.fr/poeme-155/gerard-de-nerval-fantaisie/
Oublieuse mémoire (Extrait)

Pâle soleil d’oubli, lune de la mémoire,

Que draines-tu au fond de tes sourdes contrées ?

Est-ce là ce peu que tu donnes à boire

Ces gouttes d’eau, le vin que je te confiai ?



Que vas-tu faire encor de ce beau jour d’été

Toi qui me changes tout quand tu ne l’as gâté ?

Soit, ne me les rends point tels que je te les donne

Cet air si précieux, ni ces chères personnes.



Que modèlent mes jours ta lumière et tes mains,

Refais par-dessus moi les voies du lendemain,

Et mène-moi le coeur dans les champs de vertige

Où l’herbe n’est plus l’herbe et doute sur sa tige.



Mais de quoi me plaignais-je, ô légère mémoire…

Qui avait soif ? Quelqu’un ne voulait-il pas boire ?

(…)



Mais avec tant d'oubli comment faire une rose,

Avec tant de départs comment faire un retour,

Mille oiseaux qui s'enfuient n'en font un qui se pose

Et tant d'obscurité simule mal le jour.



Ecoutez, rapprochez-moi cette pauvre joue,

Sans crainte libérez l'aile de votre coeur

Et que dans l'ombre enfin notre mémoire joue,

Nous redonnant le monde aux actives couleurs.



Le chêne redevient arbre et les ombres, plaine,

Et voici donc ce lac sous nos yeux agrandis ?

Que jusqu'à l'horizon la terre se souvienne

Et renaisse pour ceux qui s'en croyaient bannis !



Mémoire, soeur obscure et que je vois de face

Autant que le permet une image qui passe…

Supervielle
Le Myosotis

Ayant perdu toute mémoire
Un myosotis s’ennuyait.
Voulait-il conter une histoire?

Dès le début, il l’oubliait.
Pas de passé, pas d’avenir,
Myosotis sans souvenir.



Robert DESNOS, Chantefables et Chantefleurs



Mauvaise mémoire

Mais quel était ce souffle aux pavés de l’aurore?
Quelle était cette odeur de légumes jetés,
ce linge au noir balcon comme un signal glacé?
Quel était ce regard qui me surveille encore?

Mais quelle était mais quelle était dans cette ville
cette fumée? et ce silence? et tout à coup
ces heurts ces coups de feu de bataille civile?
Quelle était la clameur qui venait jusqu’à nous?

Quel était votre nom quel était mon visage
Que faisions-nous ainsi l’un à l’autre inconnus?
Sans savoir qui je suis sans savoir qui je fus
Je revois une main qui se tend sous l’orage

un visage qui pleure, une porte fermée.



Jean TARDIEU, Le Démon de l’Irréalité
Mortefontaine (fragment)

Je me souviens de la bohème,
De mes amours de ce temps-là!
Ô mes amours, j’ai trop de peine
Quand refleurissent les lilas…
Qu’est-ce que c’est que cette antienne?
Qu’est-ce que c’est que cet air-là?
Ô mes amours, j’ai trop de peine…
Le temps n’est plus de la bohème.
Au diable soient tous les lilas!
Il pleut dans le petit jour blême.
Il pleut, nous n’irons plus au bois.
Toutes les amours sont les mêmes,
Les morts ne ressuscitent pas.
Un vieil orgue, comme autrefois,
Moud, essoufflé « La Marjolaine ».
Ô mes amours de ce temps-là,
Jamais les mortes ne reviennent.
Elles dorment sous les lilas
Où les oiseaux chantent ma peine,
Sous les lilas qu’on a mis là…
Les jours s’en vont et les semaines:
Ô mes amours, priez pour moi…



Francis CARCO, Mortefontaine
J'ai la mémoire qui flanche, chanson interprétée par Jeanne Moreau. Paroles de Serge Rezvani
Je me suis embarqué sur un vaisseau qui danse
Et roule bord sur bord et tangue et se balance.
Mes pieds ont oublié la terre et ses chemins ;
Les vagues souples m'ont appris d'autres cadences
Plus belles que le rythme las des chants humains.

À vivre parmi vous, hélas ! avais-je une âme ?
Mes frères, j'ai souffert sur tous vos continents.
Je ne veux que la mer, je ne veux que le vent
Pour me bercer, comme un enfant, au creux des lames.

Hors du port qui n'est plus qu'une image effacée,
Les larmes du départ ne brûlent plus mes yeux.
Je ne me souviens pas de mes derniers adieux…
O ma peine, ma peine, où vous ai-je laissée?

[Voilà ! Je suis parti plus loin que les Antilles,
Vers des pays nouveaux, lumineux et subtils.
Je n’emporte avec moi, pour toute pacotille,
Que mon cœur… Mais les sauvages, en voudront-ils ?]

Jean de la Ville de Mirmont
Titre : Les larmes se ressemblent


Dans le ciel gris des anges de faïence
Dans le ciel gris des sanglots étouffés
Il me souvient de ces jours de Mayence
Dans le Rhin noir pleuraient des filles-fées

On trouvait parfois au fond des ruelles
Un soldat tué d'un coup de couteau
On trouvait parfois cette paix cruelle
Malgré le jeune vin blanc des coteaux

J'ai bu l'alcool transparent des cerises
J'ai bu les serments échangés tout bas
Qu'ils étaient beaux les palais les églises
J'avais vingt ans Je ne comprenais pas

Qu'est-ce que je savais de la défaite
Quand ton pays est amour défendu
Quand il te faut la voix des faux-prophètes
Pour redonner vie à l'espoir perdu

Il me souvient de chansons qui m'émurent
Il me souvient des signes à la craie
Qu'on découvrait au matin sur les murs
Sans en pouvoir déchiffrer les secrets

Qui peut dire où la mémoire commence
Qui peut dire où le temps présent finit
Où le passé rejoindra la romance
Où le malheur n'est qu'un papier jauni

Comme l'enfant surprit parmi ses rêves
Les regards bleus des vaincus sont gênants
Le pas des pelotons à la relève
Faisait frémir le silence rhénan.


Louis Aragon (1897-1982)
Le Fou d'Elsa (1963).
« Qu'est-ce que Les Contemplations ? C'est ce qu'on pourrait appeler, si le mot n'avait quelque prétention, Les Mémoires d'une âme. »

Victor Hugo, Préface des Contemplations
La mémoire ou l'oubli

Alain Bosquet
La Mémoire, l'histoire, l'oubli

Paul Ricoeur
Merci beaucoup Hippocampe et Floreale pour votre aide précieuse ! Vos poèmes sont magnifiques ! A moi de les analyser maintenant !

Bonne soirée.

Rémi Maillard