Appariculare > apareiller

Langue française

8 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,

Aujourd'hui j'essaie de faire l'évolution phonétique du mot éponyme de ce message mais j'avoue avoir quelques difficultés, alors si vous voyez la moindre faute, n'hésitez pas à me le dire.

appariculare est un paroxyton : accent sur la pénultième [ a ] long.
faits notables :
chute du [ u ] prétonique interne
palatalisation de[ kl ] en [ lÿ ] mouillé
effet de bartsch de [ a ] (mais je n'en pas sûr : j'hésite avec la diphtongaison française spontanée tout simplement)


1) 2e s. : changement vocalique : le [ i ] bref devient [ e ] fermé > appareculare

2) 3e s. : a) chute du [ u ] prétonique interne > appareclare
b) palatalisation de [ kl ] > [ lÿ ] mouillé > apparelÿare


3) 5e s. ou 6e s. : effet de Bartsch (1er temps) : [ a ] > [ ae ] (è ouvert) : apparelÿaere

4) 7e s. : a) chute du e final et chute d'un p de la géminée> aparelÿaer
b) effet de Bartsch (2e temps) : apparition d'un i à l'avant causant une triphtongue >aparelÿiaer
c) monophtongaison : [ ae ] > [ e ] ouvert pui fermeture en "é" [ e ] : aparelÿier



5) 13e s. : 3e temps de la loi de Bartsch : réduction de la diphtongue >[ ye ]et basculement de l'accent de [ i ] sur [ e ] : [ aparelÿyer ] "apareillier"

6) 17e siècle : chute du [ y ] (ou ÿ mouillé) très probablement : aparelÿer ou aparelyer


Mais j'ai 2 questions :
1) mon manuel très brouillon me parle lÿ mouillé : pourquoi le tréma que le "y"? ce n'est pas le même [y] que : yeux?
2) A la fin, je m'y perds entre les "y" et je ne sais pas lequel tombe
Le ly c'est le son λ comme l'espagnol anillo,puis le son y c'est comme celui de yeux.
Merci!!

En fait, si je mets mes propositions d'évolution phonétique c'est aussi pour savoir si je n'ai pas trop fait d'erreur comme je m'entraîne tout seul pour un concours (donc très important) et que je n'ai jamais fait d'ancien français (à part 1 semestre - à peine 3 mois donc et non 6 - en 1ère année de fac, il y a plus de 15 ans).

Donc, je suis ouvert à toute correction
seesaw a écrit : appariculare est un paroxyton : accent sur la pénultième [ a ] long.
faits notables :
chute du [ u ] prétonique interne
palatalisation de[ kl ] en [ lÿ ] mouillé
effet de bartsch de [ a ] (mais je n'en pas sûr : j'hésite avec la diphtongaison française spontanée tout simplement)
La loi de Bartsch concerne plus spécialement la diphtongaison du [a] en "français". Elle doit être distinguée de la diphtongaison panromane (IIIème -IVème) (à l'exception du portugais) qui concerne le e ouvert (pedem > pied) et le o fermé (molam > muole > meule) et de la première diphtongaison française (VIème) qui concerne le e fermé (me > mei) et le o ouvert (votum > vou > vœu)
seesaw a écrit :1) 2e s. : changement vocalique : le [ i ] bref devient [ e ] fermé > appareculare
Oui.
seesaw a écrit :2) 3e s. : a) chute du [ u ] prétonique interne > appareclare
b) palatalisation de [ kl ] > [ lÿ ] mouillé > apparelÿare
La palatalisation peut être un peu retardée dans le domaine d'oïl.
seesaw a écrit :3) 5e s. ou 6e s. : effet de Bartsch (1er temps) : [ a ] > [ ae ] (è ouvert) : apparelÿaere
Oui. Vème d'après Zink.
seesaw a écrit :4) 7e s. : a) chute du e final et chute d'un p de la géminée> aparelÿaer
b) effet de Bartsch (2e temps) : apparition d'un i à l'avant causant une triphtongue >aparelÿiaer
c) monophtongaison : [ ae ] > [ e ] ouvert pui fermeture en "é" [ e ] : aparelÿier
Oui, bien que le -i premier élément de la diphtongue ait pu se confondre bien plus tôt avec la mouillure.
seesaw a écrit :[5) 13e s. : 3e temps de la loi de Bartsch : réduction de la diphtongue >[ ye ]et basculement de l'accent de [ i ] sur [ e ] : [ aparelÿyer ] "apareillier"
Oui ! Mais la datation doit être avancée. On a apareillier chez Marie.
seesaw a écrit :6) 17e siècle : chute du [ y ] (ou ÿ mouillé) très probablement : aparelÿer ou aparelyer
Mauvais transcription phonétique : y (prononciation par les puristes du temps), pas lÿ, combatt
seesaw a écrit :Mais j'ai 2 questions :
1) mon manuel très brouillon me parle lÿ mouillé : pourquoi le tréma que le "y"? ce n'est pas le même [y] que : yeux?
Cf. réponse précédente ne pas confondre le l mouillé (italien bottiglia)) et le yod

2) A la fin, je m'y perds entre les "y" et je ne sais pas lequel tombe
Cf plus haut : il y a absorption du premier élément de la diphtongue, qui passe à yod du fait du déplacement de l'accent, puis absorption par la mouillure, ce qui ne s'est pas opéré tout de suite dans les mots comportant une palatale classique (AF chier > cher, mangier > manger)

Quelques remarques :
- C'est très bien dans l'ensemble, si vous permettez que je me fasse juge, bien que n'étant pas spécialiste, je le répète.
- Il faudrait adopter une façon plus rationnelle de noter les phonèmes. Il existe une transcription adoptée à l'agrég, je vous en ferai part. Ce conseil s'adresse à moi aussi !
- Dans le cadre du concours, il manque des explications complètes des phénomènes observés et de leur évolution.
- Familiarisez-vous avec l'AF. Vous constatez combien la connaissance des formes anciennes est capitale en phonétique et en morphologie historiques. Je vois que vous lisez toujours Marie (le verbe que vous citez apparaît souvent sous sa plume !). C'est une très bonne initiation. de toute manière, vous aurez une épreuve d'AF qui peut s'avérer très payante si l'on s'y est bien préparé.

J'oubliais ! Il faut aussi parler des phonèmes qui se maintiennent : le a initial atone, le r intervocalique… Et penser à mettre les astérisques de non attestation ! 😂
Bonjour Jacques,

Merci beaucoup! je prends compte de vos remarques riches : oui, je dois effectivement justifier chaque changement.
J'attends avec impatience la notation officielle pour l'agrégation car j'ai justement deux questions à ce sujet :

1) mon "précis de phonétique historique" marque pour un cas de palatalisation :
tÿ > ņÿ > ts > s (ex. FORTIA)
je ne comprends pas du tout d'où sort ce [ ņÿ ] car il parle d'assibilation ? A mon avis c'est une erreur de l'éditeur : ça devrait être [ tsÿ ], non?
ou bien le [ ņÿ ] est le passage palatale :
a) où le [ t ] devient implosif (avec coupure de la syllabe après ce [ t ]
b) passage avant de s'avancer jusqu'à l'alvéolaire [ s ]?

2) concernant un autre cas de palatalisation :
normalement, la palatalisation se fait dans cet ordre : tsÿ ou džÿ, enfin je crois, n'est-ce pas?
Mais pour ARGÉNTU, il écrit : dÿž : c'est comme ça ou est-ce qu'il a malencontreusement inversé les phonèmes?

3) une remarque :
Vous avez écrit :
Elle doit être distinguée de la diphtongaison panromane (IIIème -IVème) (à l'exception du portugais) qui concerne le e ouvert (pedem > pied) et le o fermé (molam > muole > meule) et de la première diphtongaison française (VIème) qui concerne le e fermé (me > mei) et le o ouvert (votum > vou > vœu)
Vous ne vous êtes pas trompé au niveau des apertures?
Normalement, la diphtongaison romane concerne les e et o ouverts tous les 2 et dans la française, ils sont fermés tous les 2.


J'alllais oublier, j'avais une autre question de phonétique :
dans un PDF que vous m'avez conseillé (et que je trouve effectivement très bien fait), je lis :
dépalatalisation: [t̬š̬̠] > [tš] affriquée.
Le problème c'est que je ne connais pas la différence entre les 2 : je n'arrive pas à me l'imaginer.
Est-ce possible de l'expliquer ?
Oui, demain…
Une dépalatalisation selon moi veut dire que le point d'articulation du son n'est plus au palais , une affriquée c'est ts, tch,dj le y est parti de tsy, tchy il me semble que c'est pour cela qu'il s'agit d'une dépalatalisation si cela avait été ty>t cela aurait été pareil car y est un son palatal.
Affriquée =Occlusive +fricative

https://fr.wiktionary.org/wiki/affriqu%C3%A9e
seesaw a écrit :

Vous ne vous êtes pas trompé au niveau des apertures?
Normalement, la diphtongaison romane concerne les e et o ouverts tous les 2 et dans la française, ils sont fermés tous les 2.

Si, bien sûr, veuillez m'excuser.

La transcription utilisée dans les épreuves est celle de E. et J. Bourciez (Phonétique française, étude historique, éd. Klincksieck (1978)), dont je vous recommande vivement l’acquisition, bien que l'ouvrage soit loin d’être exhaustif et qu’il ne comporte que peu de datations.
Vous l’utilisez déjà en grande partie.

Vous pouvez faire des copier-coller de ce tableau ou utiliser les alphabets lexilogos notamment pour l’API et les signes diacritiques à affecter aux lettres.

https://www.lexilogos.com/clavier/api.htm

Lors de la publication sur le site, il est possible que des décalages se produisent entre la lettre et son signe diacritique, surtout si celui-ci est souscrit.
Il est d’autre part impossible d’affecter un digramme d’un signe diacritique.

Alphabet dit de Bourciez

a = [a] (patte)
â = [ɑ] (pas)
ę = [ɛ] (sel)
ẹ = [e] (dé)
e̥ = [ə] (cheval)
œ̨ = [œ] (fleur) (le signe diacritique devrait être au milieu du digramme)
œ̣ = [ø] (peu)
i = [id.] (nid)
ǫ = [ɔ] (sort)
ọ = [o] (pot)
u = (moule)
ü = [y] (pur)
ã = [id.) (pente)
ẽ = (id.) (brin)
õ = (id.) (pont)
œ̃ = (id.) (brun)

b = [id.] (boule)
β = [id.] (esp. saber)
k = (id.) (camp)
d = [id.] (daim)
δ = [ð̣] (angl. the)
f = [id.] (fort)
g = [id.] (gare)
ž = [ʒ] (jour)
l = [id.] (lit)
ł = [ɫ] (russe дело)
l̮ = [ʎ] (it. bottiglia)
m = [id.] (mot)
n = [id.] (nom)
ṅ = [ŋ] (all. singen);
n̮ = [ɲ] (vigne)
p = [id.] (pas)
ʀ = [r] (it. roba)
r = [ʁ] (roue)
s = [id.] (signe)
š = [ʃ] (chat)
t = [id.] (tour)
θ = [id.] (angl. thing)
v = [id.] (vin)
w = [id.] (ouate)
ẅ = [ɥ] (nuit)
y = [j] (yoga)
χ = [x] (grec mod. χόρτο)
γ = [ɰ] (turc olağan)
z = [id.] (zèbre)
ā, ē, ī, ō, ū = voyelles longues du latin
ă, ĕ, ĭ, ŏ, ŭ = voyelles brèves du latin

á, é, í, ó, ú = voyelles toniques du latin. Il est bien sûr possible de combiner quantité et accent tonique, mais dans le cas des brèves accentuées, l’association est peu lisible.
- La palatalisation, ou mouillure, est indiquée par une brève souscrite : t̮, k̮, l̮, n̮, s̬, z̬, etc…
(j’ai porté l̮ et n̮ dans le tableau).
- Les voyelles non syllabiques (éléments de diphtongue n'en formant pas le sommet) peuvent être signalés par la brève inversée souscrite : ęi̯ = [ɛi].
- ( ) ou ’ notent un son disparu.
- [ ] indique une transcription phonétique.
- / / indique une transcription phonologique. Dans le cadre de nos études, nous n’avons en principe pas à nous en servir.

seesaw a écrit :1) mon "précis de phonétique historique" marque pour un cas de palatalisation :
tÿ > ņÿ > ts > s (ex. FORTIA)
je ne comprends pas du tout d'où sort ce [ ņÿ ] car il parle d'assibilation ? A mon avis c'est une erreur de l'éditeur : ça devrait être [ tsÿ ], non?
ou bien le [ ņÿ ] est le passage palatale :
a) où le [ t ] devient implosif (avec coupure de la syllabe après ce [ t ]
b) passage avant de s'avancer jusqu'à l'alvéolaire [ s ]?


C’est manifestement une erreur. Le n n’intervient que pour les groupes –nkty– (*pinctiare > pincer)
fǫrtya > fǫrt̮a > fǫrts̬a (signe sous le digramme). Le yod se réduit à une mouillure qui se résout en un son sifflant aux II - IIIème par avancée du point d’articulation sous l’influence du t (on trouve etiam écrit etziam (z=ts) au IIIème).
fǫrts̬e̥ > fǫrs̬(e̥) au XIIIème.

seesaw a écrit :2) concernant un autre cas de palatalisation :
normalement, la palatalisation se fait dans cet ordre : tsÿ ou džÿ, enfin je crois, n'est-ce pas?
Mais pour ARGÉNTU, il écrit : dÿž : c'est comme ça ou est-ce qu'il a malencontreusement inversé les phonèmes?


Dans argent, on a l’évolution g > g̬ > d̬ > dž au IIème (la mouillure se résout en la prépalatale ž et non z, comme on aurait attendu). Votre manuel semble établir une étape transitoire entre d̬ et dž au cours de la quelle la mouillure coexiste avec sa future résolution. Pourquoi pas ?
Puis dž > ž au XIIIème.

seesaw a écrit :J'alllais oublier, j'avais une autre question de phonétique :
dans un PDF que vous m'avez conseillé (et que je trouve effectivement très bien fait), je lis :
dépalatalisation: [t̬š̬̠] > [tš] affriquée.
Le problème c'est que je ne connais pas la différence entre les 2 : je n'arrive pas à me l'imaginer.
Est-ce possible de l'expliquer ?


- t̬š̬̠ est composé de deux unités sonores que l’on peut dissocier et analyser séparément,
- [tš] ne comporte qu’un son, occlusif à explosion chuintante, dont les composantes sont indissociables, et qui ne compte que pour un seul phonème. C’est ce qu’on appelle une affriquée. Mais le terme n’est approprié, me semble-t-il, qu’au niveau indo-européen, car l’affriquée n’est jamais la résultante d’une transformation phonétique.