Enseigner le latin dans le supérieur

La filière littéraire

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Un dernier point, mais non des moindres: les nominations en classes prépa sont la prérogative exclusive de l'Inspection Générale. Cela veut dire qu'il est nécessaire, pour être nommé, d'être connu d'un I.G. de la matière concernée.
J'insiste sur nécessaire: il est parfaitement vain de faire acte de candidature (par la procédure informatique qui a lieu annuellement, en général vers octobre ou novembre) si vous n'avez jamais rencontré l'I.G. de votre discipline. Il y a en effet trop de demandes, et les I.G. ne prennent jamais le risque de nommer quelqu'un qu'ils n'ont jamais vu, si bon que puisse être son dossier.
Il faudra donc rencontrer un I.G., de préférence en sollicitant une inspection de sa part. Si l'I.G. ne peut pas se déplacer, ou a trop à faire, vous pouvez aussi vous faire inspecter par un inspecteur "ordinaire" (qu'on appelait "I.P.R.", de mon temps) et lui demander, en entretien, de relayer votre demande auprès de l'I.G.
Merci Jean-Luc Picard pour ces renseignements! Comment fait-on pour se faire connaître par les IG avant de rentrer dans le secondaire ? (Après l’agreg et pendant la thèse).
Comment fait-on pour se faire connaître par les IG avant de rentrer dans le secondaire ? (Après l’agreg et pendant la thèse).
Déjà il peut s'en trouver un ou plusieurs dans le jury d'agrégation.
C'était mon cas. Laurent Michard (des Lagarde et Michard !) faisait partie (ou peut-être même était président) de mon jury l'année où je l'ai passée.
Je ne me suis pas fait connaître, il n'y avait vraiment pas de quoi…
Mais quelques années plus tard, j'ai pu le rencontrer, non pas pour obtenir une inspection ou un poste en prépa que je ne souhaitais pas, mais pour d'autres raisons qui n'ont rien à voir avec le présent sujet.
Donc, oui, on peut écrire, téléphoner à un inspecteur général.
Oui, c'est un droit des professeurs de contacter d'eux-mêmes l'I.G. de leur discipline, par courrier postal ou informatique. Je précise qu'il faut être très poli et y mettre les formes épistolaires les plus classiques (même par e-mail).
Oui, toujours très poli, en toute circonstance. 🙂
Laoshi a écrit :Quant à savoir si tu y obtiendras tout de suite un poste après avoir obtenu l’agrégation, c’est un peu difficile à dire, mais le fait d’être normalien et classé dans les premiers à l’agrégation donne quand même quelques privilèges.
Je connais une collègue qui était dans les premières de sa promotion, qui a un profil très universitaire (certes, elle n'est pas normalienne) et qui a été nommée dans un collège difficile. Ces privilèges existent-ils vraiment dans le secondaire ? Pas sûr. En revanche, pour le supérieur, c'est évidemment un bon point.
Le fait d'être agrégé ne prémunit pas contre les situations compliquées, et la volonté de candidater à l'université peut restreindre la possibilité de contrôler un petit peu son destin dans le secondaire, puisqu'on est forcé d'être TZR et qu'on peut se retrouver affecté à la dernière minute (cela a été mon cas, deux fois).
Évidemment, c'est enrichissant (malgré tout) et peut-être même nécessaire de passer par le secondaire, au moins par le lycée, quand on est intéressé par l'enseignement dans le supérieur, mais c'est un métier difficile, fort variable selon le lycée et les classes concernées.
Je ne veux pas faire mon rabat-joie, mais il y a des établissements où les latinistes sont là par obligation ou juste pour gagner des points. J'ai des élèves qui affichent ouvertement une forme de mépris pour le latin, qui n'est "qu'une option", et une direction et des parents d'élèves qui pensent que les cours doivent être avant tout "divertissants" (tant pis pour le programme).
En outre, le français reste dans la majorité des cas la part principale du service, et on peut se retrouver devant des classes très difficiles.
On peut avoir un profil adéquat pour le supérieur, mais ne pas être taillé pour le secondaire. Ce n'est vraiment pas le même métier et le secondaire demande des compétences particulières. Dans mon cas, le goût que j'ai pour mes matières n'aide pas. Des parents d'élèves m'ont reproché, en latin, de vouloir, eh bien, faire latin en suivant les programmes, au lieu de faire surtout, en première, des vidéos et des activités.

Attention avec l'idée de "faire les années pour attendre un poste dans le supérieur". Dès la fin du mois de septembre de l'an dernier, j'étais sous antidépresseur et j'ai "perdu un an" humainement parlant (si j'exclus les périodes de vacances, passées à essayer de me reposer auprès des proches) mais aussi pour mes recherches et ma thèse. Je me dis que ça se passerait peut-être mieux dans un autre lycée, mais il y a peu de garanties avec l'Éducation nationale, et d'autre part au bout d'un moment on sent si on a ou non la petite flamme pédagogique devant les élèves ou l'envie de faire ce travail. J'ai fréquenté il y a quelque temps un groupe de doctorants et docteurs italiens, qui préféraient à peu près tout à l'enseignement secondaire, et qui ne subissaient apparemment pas cette obligation de passer un concours comme l'agrégation (qui ouvre les portes de la fac, mais peut aussi piéger dans le secondaire).