Racine, Britannicus, acte IV, scène 2
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bonjour,
j'ai un devoir maison à faire mais impossible de me lancer dedans car je ne trouve rien .
si quelqu'un peut m'aider je suis perdue.
tout d'abord,il faut lire la tirade d'Agrippine,acte IV, scène 2 (v.1115 à v.1222). je peux la recopier aussi.
voici les questions que je ne comprends pas:
1/ En vous appuyant sur la progression du discours d'Agri. et le système des temps, identifiez les trois principales étapes du texte (indiquez les numéros de vers), donnez leur un titre et précisez quel est le temps dominant.
2/ Cette tirade ne contient aucune nouvelle information pour Néron et le spectateur(les faits racontés ont déjà été dévoilés)… alors quel est son intérêt, d'après vous ? proposez trois pistes.
3/ Recopiez trois vers permettant de montrer précisément le pouvoir d'Agrippine et identifiez un procédé d'écriture commun. (indiquez les numéros de vers)
merci d'avance pour votre aide.
Néron
AGRIPPINE
Rappel des services rendus : imparfait et passé simple
Approchez-vous, Néron, et prenez votre place.
On veut sur vos soupçons que je vous satisfasse.
J'ignore de quel crime on a pu me noircir :
De tous ceux que j'ai faits je vais vous éclaircir.
Vous régnez : vous savez combien votre naissance
Entre l'empire et vous avait mis de distance.
Les droits de mes aïeux, que Rome a consacrés,
Etaient même sans moi d'inutiles degrés.
Quand de Britannicus la mère condamnée
Laissa de Claudius disputer l'hyménée,
Parmi tant de beautés qui briguèrent son choix,
Qui de ses affranchis mendièrent les voix,
Je souhaitai son lit, dans la seule pensée
De vous laisser au trône où je serais placée.
Je fléchis mon orgueil ; j'allai prier Pallas.
Son maître, chaque jour caressé dans mes bras,
Prit insensiblement dans les yeux de sa nièce
L'amour où je voulais amener sa tendresse.
Mais ce lien de sang qui nous joignait tous deux
Ecartait Claudius d'un lit incestueux :
Il n'osait épouser la fille de son frère.
Le sénat fut séduit : une loi moins sévère
Mit Claude dans mon lit, et Rome à mes genoux.
C'était beaucoup pour moi, ce n'était rien pour vous.
Je vous fis sur mes pas entrer dans sa famille ;
Je vous nommai son gendre, et vous donnai sa fille :
Silanus, qui l'aimait, s'en vit abandonné,
Et marqua de son sang ce jour infortuné.
Ce n'était rien encore. Eussiez-vous pu prétendre
Qu'un jour Claude à son fils pût préférer son gendre ?
De ce même Pallas j'implorai le secours :
Claude vous adopta, vaincu par ses discours,
Vous appela Néron ; et du pouvoir suprême
Voulut, avant le temps, vous faire part lui-même.
C'est alors que chacun, rappelant le passé,
Découvrit mon dessein déjà trop avancé :
Que de Britannicus la disgrâce future
Des amis de son père excita le murmure.
Mes promesses aux uns éblouirent les yeux ;
L'exil me délivra des plus séditieux ;
Claude même, lassé de ma plainte éternelle,
Eloigna de son fils tous ceux de qui le zèle,
Engagé dès longtemps à suivre son destin,
Pouvait du trône encor lui rouvrir le chemin.
Je fis plus : je choisis moi-même dans ma suite
Ceux à qui je voulais qu'on livrât sa conduite ;
J'eus soin de vous nommer, par un contraire choix,
Des gouverneurs que Rome honorait de sa voix ;
Je fus sourde à la brigue, et crus la renommée ;
J'appelai de l'exil, je tirai de l'armée,
Et ce même Sénèque, et ce même Burrhus,
Qui depuis… Rome alors estimait leurs vertus.
De Claude en même temps épuisant les richesses,
Ma main, sous votre nom, répandait ses largesses.
Les spectacles, les dons, invincibles appas,
Vous attiraient les coeurs des peuples et des soldats,
Qui d'ailleurs, réveillant leur tendresse première,
Favorisaient en vous Germanicus mon père.
Cependant Claudius penchait vers son déclin.
Ses yeux, longtemps fermés, s'ouvrirent à la fin :
Il connut son erreur. Occupé de sa crainte,
Il laissa pour son fils échapper quelque plainte,
Et voulut, mais trop tard, assembler ses amis.
Ses gardes, son palais, son lit m'étaient soumis.
Je lui laissai sans fruit consumer sa tendresse ;
De ses derniers soupirs je me rendis maîtresse :
Mes soins, en apparence, épargnant ses douleurs,
De son fils, en mourant, lui cachèrent les pleurs.
Il mourut. Mille bruits en courent à ma honte.
J'arrêtai de sa mort la nouvelle trop prompte ;
Et tandis que Burrhus allait secrètement
De l'armée en vos mains exiger le serment,
Que vous marchiez au camp, conduit sous mes auspices ;
Dans Rome les autels fumaient de sacrifices ;
Par mes ordres trompeurs tout le peuple excité
Du prince déjà mort demandait la santé.
Enfin, des légions l'entière obéissance
Ayant de votre empire affermi la puissance,
On vit Claude ; et le peuple, étonné de son sort,
Apprit en même temps votre règne et sa mort.
C'est le sincère aveu que je voulais vous faire :
Ma récompense : votre ingratitude : passé composé dominant
Voilà tous mes forfaits : en voici le salaire :
Du fruit de tant de soins à peine jouissant
En avez-vous six mois paru reconnaissant,
Que, lassé d'un respect qui vous gênait peut-être,
Vous avez affecté de ne plus me connaître.
J'ai vu Burrhus, Sénèque, aigrissant vos soupçons,
De l'infidélité vous tracer des leçons,
Ravis d'être vaincus dans leur propre science.
J'ai vu favorisés de votre confiance,
Othon, Sénécion, jeunes voluptueux,
Et de tous vos plaisirs flatteurs respectueux ;
Et lorsque, vos mépris excitant mes murmures,
Je vous ai demandé raison de tant d'injures
(Seul recours d'un ingrat qui se voit confondu),
Par de nouveaux affronts vous m'avez répondu.
Vos méfaits aujourd'hui : le présent
Aujourd'hui je promets Junie à votre frère ;
Ils se flattent tous deux du choix de votre mère :
Que faites-vous ? Junie, enlevée à la cour,
Devient en une nuit l'objet de votre amour ;
Je vois de votre coeur Octavie effacée,
Prête à sortir du lit où je l'avais placée ;
Je vois Pallas banni, votre frère arrêté ;
Vous attentez enfin jusqu'à ma liberté :
Burrhus ose sur moi porter ses mains hardies.
Et lorsque, convaincu de tant de perfidies,
Vous deviez ne me voir que pour les expier,
C'est vous qui m'ordonnez de me justifier.
bonjour merci beaucoup pour votre réponse je comprends tout à fait la division des parties .
mais j'ai une question par rapport à la troisiéme partie peut on utiliser le synonyme : ravage ou dégât par exemple ?
pour la deuxieme question j ai trouvé une seule piste:
l intérêt de cette longue tirade d'agri. démontre ses qualités argumentatives afin de convaincre et d'émouvoir son fils, Néron.
sauf que rien ne leprouve et jene suis pas sûre que ce soit une bonne réponse pouvez me donner votre avis ?
ravage ou dégât
ce n'est pas tout à fait le sens dans le contexte.
Elle reproche à Néron de défaire ce qu'elle a mis en place, de détruire les projets qu'elle avait formés.
d'accord je comprends mieux le sens du mot méfait c'est un un peu comme un délit ou une nuisance ?
C'est une action mauvaise, qui nuit à quelqu'un…
oui j'ai mieux compris le sens car je voulais avoir un synonyme aussi merci en tout cas 🙂
pour la deuxieme question j'ai trouvé une premiere piste mais je ne trouve pas les deux autres …
le message contenant la premiere est plus haut .
pouvez vous me dire qu'est ce que vous en pensez ?
est ce que quelqu'un peut m'aider svp ?
est ce que quelqu'un peut m'aider pour la question 2 svppppp
2) Cette tirade est surtout intéressante parce qu'elle montre la prise de conscience d'Agrippine. Elle est tiraillée entre l'ambition, l'amour maternel, le rêve de toute puissance et l'étendue des déconvenues. Elle passe des maladresses (rappel des services rendus) au réquisitoire, à l'attaque, à l' affolement. Elle change de ton. La longueur de cette tirade s'apparente à un monologue. En fait, Agrippine "fait le point", analyse la situation et elle panique.
oui cette réponse est très complète peut on rajouter qu'elle a aussi pour but de remettre en question néron si on reprend les titres de la question 1
bonjour pouvez vous m'aider pour la question 3 ?
Même si je pense avoir trouvé une réponse, j 'ai trouvé un vers le vers 1115
elle utilise l impératif en demandant à son fils de s'approcher et de prendre place
Bonjour,
Voilà quelques exemples du pouvoir (occulte) d'Agrippine. Essaie de repérer les procédés communs qui le mettent en valeur.
Mes promesses aux uns éblouirent les yeux ;
L'exil me délivra des plus séditieux ;
Je fis plus : je choisis moi-même dans ma suite
Ceux à qui je voulais qu'on livrât sa conduite ;
J'appelai de l'exil, je tirai de l'armée,
Et ce même Sénèque, et ce même Burrhus,
Ma main, sous votre nom, répandait ses largesses.
tout d'abord chaque premier vers est conjugué au passé simple.
dans le vers : Mes promesses aux uns éblouissent les yeux. Il y a une figure de style la métaphore.
dans le dernier vers il y a la répétition "Et ce même " présent deux fois c'est donc une anaphore.
d'après tout ces mots : promesse, séditieux, exil ,conduite,armée .
c'est le champ lexical de la révolte contre Néron ou l'ingratitude de néron.
Il y a surtout l'emploi de la 1re personne.
aussi oui !
est ce que mes réponses vous paraissent justes ?
Bonsoir,
Il faut identifier un
procédé commun qui met en valeur le pouvoir d'Agrippine.
tout d'abord chaque premier vers est conjugué au passé simple.
aucun intérêt
dans le vers : Mes promesses aux uns éblouissent les yeux. Il y a une figure de style la métaphore.
juste, mais n'est pas commun
dans le dernier vers il y a la répétition "Et ce même " présent deux fois c'est donc une anaphore.
répétition, mais non anaphore, de plus n'est pas commun
ah oui c'est vrai des procédés communs merci de me le rapppeler !
donc oui les figures de style ne sont pas des procédés communs !
je ne trouve pas d'autres procédés communs seulement il m'en faut plusieurs, est ce quelqu'un peut m'aider à en trouver svp
je trouve seulement des procédés indépendant pour chaque vers.
Tu as la juxtaposition, ou parataxe asyndétique.
La répétition des pronoms ou adjectifs personnels.
d'accord mais si je peux me permettre nous n'avons pas vu ce qu'était une parataxe asyndétique du coup je ne sais pas à quel vers vous faites référence. Si nous n'avons pas vu ce procédé je préfère ne pas l'écrire dans ma réponse. et la juxtaposition je ne sais pas non plus à quel vers vous faites référence car je dois choisir que trois vers .
Voilà trois juxtapositions ou parataxe asyndétique (c'est plus riche ! 😉 )
Mes promesses aux uns éblouirent les yeux ;
L'exil me délivra des plus séditieux ;
Je fis plus : je choisis moi-même dans ma suite
Ceux à qui je voulais qu'on livrât sa conduite ;
J'appelai de l'exil,je tirai de l'armée,
Et ce même Sénèque, et ce même Burrhus,
oui la juxtaposition c'est quand la phrase est liée par deux points, une virgule …
Exactement, elle crée un effet de rapidité, met les propositions au même niveau…