Le récit de ce mythe fondateur du lyrisme est-il lyrique ?

Entraide scolaire

4 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour/bonsoir à tous,

Je suis une lycéenne en première, et je dois rédiger un corpus sur le thème "Être poète". Pour cela, notre professeur nous a demandé de répondre à des questions sur chaque texte du corpus afin de répondre, par la suite, à des questions d'ensemble.

Une des questions préliminaires concerne le texte Orphée aux Enfers, de Virgile, tiré de Géorgiques. La question est "Le récit de ce mythe fondateur du lyrisme est-il lyrique ?". Je me suis penché sur le texte en déterminant d'abord les caractéristiques du lyrisme : Le lyrisme en littérature est l’expression d’une émotion personnelle intense. Il est caractérisé notamment par l’emploi de la première personne du singulier, d’apostrophes, du champ lexical des émotions et des sentiments, une ponctuation forte, la présence de figures de styles etc.

Or, certes, je trouve quelques "Hélas !", "pleurant", "vaincu dans son cœur" et autres phrases exclamatives, mais ça me semble bien maigre pour décréter que ce texte est effectivement lyrique. Pour moi, il serait davantage épique…



Voici le texte en question, si vous voulez bien vous y pencher pour m'aider à répondre à cette question…

Les dieux permettent à Orphée de descendre aux Enfers pour aller chercher Eurydice, son épouse défunte. Il ne doit pas la regarder avant d'avoir quitté le monde des morts.
"Il pénétra même dans les gorges du Ténare, profonde entrée de Dis, et dans le bois enténébré de noire épouvante ; il aborda les Mânes, leur roi redoutable et ces coeurs qui ne savent pas s'adoucir aux prières des humains. Cependant émues par son chant, du fond des demeures de l'Erèbe, les ombres ténues et les fantômes des êtres privés de la lumière s'avançaient, aussi nombreux que les milliers d'oiseaux qui se cachent dans le feuillage, quand Vesper ou une pluie d'orage les chasse des montagnes : des mères, des maris, des corps de héros magnanimes qui ont accompli leur vie, des enfants, des jeunes filles mortes avant le mariage , et des jeunes gens placés sur le bûcher sous les yeux de leurs parents ; autour d'eux un bourbier noir, les hideux roseaux du Cocyte, le marais odieux qui les tient prisonniers de ses ondes croupissantes, et le Styx qui les enferme neuf fois dans ses replis [.. . ]

Déjà, revenant sur ses pas, Orphée avait échappé à tous les hasards ; Eurydice lui était rendue et remontait vers les airs en marchant derrière lui (car Proserpine lui en avait fait une loi), quand un égarement soudain s'empara de l'imprudent amant, égarement bien pardonnable, si les Mânes savaient pardonner ! Il s'arrêta, et au moment où ils atteignaient déjà la lumière, oubliant tout, hélas ! et vaincu dans son coeur, il se retourna pour regarder son Eurydice. Aussitôt s'évanouit le résultat de tous ses efforts, le pacte conclu avec le tyran cruel fut rompu, et trois fois un bruit éclatant monta des marais de l'Averne. [. . .]

Durant sept mois de suite, sept mois entiers, dit-on, au pied d'une roche aérienne, sur les bords du Strymon désert, il pleura et conta ses malheurs sous les antres glacés, charmant les tigres et entraînant les chênes par son chant. [. .. ] Aucun amour, aucun hymen ne fléchirent son coeur ; seul à travers les glaces hyperboréennes, les neiges du Tanaïs et les champs que les frimas du Riphée ne quittent jamais, il allait, pleurant la perte d'Eurydice. "

Merci d'avance et bonne journée !
Bonjour,

Voici ce qui me vient à l'esprit:

- verbes et noms se rapportant au chant, à la musique ("lyrique" vient de "lyre") qui est l'expression de son malheur éternel
- l'expression des émotions
- l'effet de son chant sur des éléments normalement insensibles (les mânes, les tigres…), ce qui marque l'intensité de sa peine
- les caractéristiques des lieux : l'ombre, la solitude… comme une sorte de "paysage état d'âme"

étudier aussi les rythmes, les figures de style…
Merci infiniment pour cette réponse rapide !

Bonne journée 🙂
Ce n'est par des critères externes qu'on juge le mieux d'un genre…
Connaît-on la forêt parce qu'on a reconnu trois arbres ?