Philostrate, Vie d’Apollonios de Tyane

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonsoir à tous,
Pourriez-vous corriger mon affreuse traduction de ce texte? Ce n’est pas français je le sais, j’ai essayé de coller au plus près pour l’instant.
Comment traduire les optatifs notamment?
Si vous en avez le temps bien sûr…
Merci d’avance!
« Οἱ τὸν Σάμιον Πυθαγόραν ἐπαινοῦντες τάδε ἐπ´ αὐτῷ φασιν· ὡς Ἴων μὲν οὔπω εἴη, γένοιτο δὲ ἐν Τροίᾳ ποτὲ Εὔφορβος, ἀναβιοίη τε ἀποθανών, ἀποθάνοι δέ, ὡς ᾠδαὶ Ὁμήρου, ἐσθῆτά τε τὴν ἀπὸ θνησειδίων παραιτοῖτο καὶ καθαρεύοι βρώσεως, ὁπόση ἐμψύχων, καὶ θυσίας· μὴ γὰρ αἱμάττειν τοὺς βωμούς, ἀλλὰ ἡ μελιττοῦτα καὶ ὁ λιβανωτὸς καὶ τὸ ἐφυμνῆσαι, φοιτᾶν ταῦτα τοῖς θεοῖς παρὰ τοῦ ἀνδρὸς τούτου, γιγνώσκειν τε, ὡς ἀσπάζοιντο τὰ τοιαῦτα οἱ θεοὶ μᾶλλον ἢ τὰς ἑκατόμβας καὶ τὴν μάχαιραν ἐπὶ τοῦ κανοῦ. »
Ceux qui font l’éloge de Pythagore de Samos disent ceci à son propos: alors qu’il n’était pas encore Ionien, il aurait été un jour à Troie Euphorbe, et que mourant il serait revenu à la vie, alors qu’il aurait dû mourir, comme les odes d’Homère, il aurait refusé des vêtements de charognes et voulait être pur de nourriture provenant d’êtres vivants ou sacrifiés: ne pas ensanglanter les autels, mais des gâteaux de miel, d’encens et chanter des louanges, voilà comment cet homme fréquentait les dieux, à savoir que les dieux recherchent plus ces choses-là que des hécatombes et le couteau dans la corbeille.
Bonjour,

J'ai repris les passages difficiles ; pour ce qui est des passages plus faciles, je me suis contenté de remarques. Vous améliorerez sans peine votre texte vous-même.
« Οἱ τὸν Σάμιον Πυθαγόραν ἐπαινοῦντες τάδε ἐπ´ αὐτῷ φασιν• ὡς Ἴων μὲν οὔπω εἴη, γένοιτο δὲ ἐν Τροίᾳ ποτὲ Εὔφορβος, ἀναβιοίη τε ἀποθανών, ἀποθάνοι δέ, ὡς ᾠδαὶ Ὁμήρου, ἐσθῆτά τε τὴν ἀπὸ θνησειδίων παραιτοῖτο καὶ καθαρεύοι βρώσεως, ὁπόση ἐμψύχων, καὶ θυσίας• μὴ γὰρ αἱμάττειν τοὺς βωμούς, ἀλλὰ ἡ μελιττοῦτα καὶ ὁ λιβανωτὸς καὶ τὸ ἐφυμνῆσαι, φοιτᾶν ταῦτα τοῖς θεοῖς παρὰ τοῦ ἀνδρὸς τούτου, γιγνώσκειν τε, ὡς ἀσπάζοιντο τὰ τοιαῦτα οἱ θεοὶ μᾶλλον ἢ τὰς ἑκατόμβας καὶ τὴν μάχαιραν ἐπὶ τοῦ κανοῦ. »
Ceux qui font l’éloge de Pythagore de Samos disent ceci à son propos: alors qu’(1) il n’était pas encore(2) Ionien, il aurait été(3) un jour à Troie Euphorbe, et que mourant il serait revenu à la vie, alors qu’il aurait dû mourir(4), comme les odes d’Homère(5), il aurait refusé des vêtements de charognes(6) et voulait être pur(7) de nourriture provenant d’êtres vivants ou sacrifiés(8): ne pas ensanglanter(9) les autels, mais des gâteaux de miel, d’encens et chanter des louanges, voilà comment cet homme fréquentait les dieux(10), à savoir que(11) les dieux recherchent plus ces choses-là que des hécatombes et le couteau dans la corbeille.

(1) ὡς introduit en fait une complétive rattachée à φασίν par l’intermédiaire de τάδε (vous ne pouvez pas avoir le balancement μὲν… δὲ dans une subordonnée et sa principale). Cette construction est rare, mais attestée chez les classiques. L’optatif est utilisé bien que φασίν soit un présent, mais de « vérité générale », donc non actualisé, pour bien montrer que l’auteur laisse aux louangeurs la responsabilité de leurs propos. Mais cette construction eût été rejetée par les classiques, qui n’admettait l’optatif oblique que derrière un présent historique.
(2) οὔπω signifie ici « en aucune manière », « nullement ».
(3) « il était né ».
(4) « qu’il était revenu à la vie après sa mort, puis qu’il était mort [de nouveau] (dans ce dernier cas, il s’agit d’Euphorbe).
(5) « comme [le disent] les poèmes d’Homère ». Dans l’Iliade en effet, Euphorbe est tué par Ménélas à côté de la dépouille de Patrocle.
(6) Mal dit !
(7) Sens ?
(8) Loin du texte, et la conjonction n'est pas « ou ».
(9) L’auteur a changé de construction : il adopte à présent l’infinitif du style indirect libre.
(10) La phrase française n’est pas construite.
(11) « dans la pensée que ». Reprise de l’optatif de distanciation énonciative.
Merci beaucoup d’avoir pris le temps de corriger cet essai de traduction.
J’ai encore du mal à dissimuler ma gratitude et mon admiration devant votre engagement et celui de toutes celles ceux qui depuis tant d'années sont présents sur ce forum. Merci à vous tous. Je m’arrête avant d’être trop lyrique 😜
Je pense que vous serez d’accord avec moi que dans cet exemple encore, si on ne s’autorise pas quelques libertés lors de la traduction, comme l’avait fait A. Chassang (1862), on est obligé de malmener la construction grammaticale des phrases en français; le juxta linéaire n’est même pas logique dans notre langue. On est vraiment dans le cas où traduire c’est trahir, non?
Je pense au contraire que ce passage se laisse traduire relativement aisément. La traduction littérale ne suppose pas qu'on restitue intégralement les tournures grammaticales propres à la langue source. En ce sens, traduire supposera toujours une transposition. Ainsi, le français moderne ignore la proposition infinitive derrière les verbes déclaratifs, on ne va pas la restituer dans la traduction sous peine d'écrire du charabia. Sur le plan sémantique, il faut aussi faire des adaptations, mais pour servir le sens même que l'auteur a voulu faire apparaître. Le mot "charogne", que vous avez employé, trahit beaucoup plus le texte que l'expression d' "animal mort" ou même celle de "peau de bête" qui, même si elles traduisent en plusieurs mots l'unique mot grec, sont néanmoins plus proches du sens et de l'acceptabilité.

Je me permettrai une remarque : ne pas mener de front compréhension et traduction. Pour certains enseignants, cette distinction est un sophisme, mais pas pour moi, et j'y tiens.
Je comprends, oui.

Merci encore, et bonne fin de journée Monsieur.