Traduire une œuvre dans une langue autre que celle où elle était forgée revient à changer la structure profonde de cette première, et de transmettre, subséquemment, un message qui semblerait être identique à celui du départ, mais qui ne s’approche de celui de l’auteur que par le biais de l’intelligence du traducteur. Or, toute langue dispose d’un système d’expression particulier qui participe dans la formation de la Pensée. Ainsi, le processus appliqué dans l’expression d’une idée ou une sensation diffère lors du passage d’une langue à une autre. Ergo, toute forme de traduction, même la plus honnête, ne manquerait guère d’être une félonie à l’égard de la source première.
Pour illustrer et corroborer ce postulat, nous tenterons d’élucider cette problématique via un exemple qui mettrait en évidence l’échec de ce passage langagier.
« Farewell to arms » est un roman notoire de l’écrivain anglais Ernest Hemingway qui met en scène une histoire d’amour au milieu des champs de bataille de la première guerre mondiale. Le titre du roman en français est « L’adieu aux armes » et en arabe est « وداع الأسلحة » . Ce titre, dans les deux langues, s’évertue à traduire le plus fidèlement possible l’idée que l’auteur a formulée dans sa langue d’origine. En dépit de cet acharnement, nous pouvons constater, à l’issue de la lecture du roman, que les deux titres ont failli à transmettre cette étincelle de base qui illumine l’œuvre d’Hemingway. Au fait, le titre initial contient une composante polysémique propre à la langue anglaise. Cet ingrédient magique est le mot « Arms » qui peut être compris dans deux sens : le premier est militaire car le protagoniste déserte la guerre, donc il dit littéralement adieu aux armes, tandis que le deuxième est en relation avec l’instrument de la guerre (les amres) mais aussi avec le thème de l’amour, car le mot anglais « Arms » signifie aussi les mains. Il est à rappeler que l’amante du protagoniste avait la manie de nouer ses mains autour du cou du héros, mais celle-ci décède à la fin du roman ; s’ajoute alors à l’adieu de la guerre celui de l’amante, et métaphoriquement celui de l’amour. Ce petit détail montre comment la traduction, en passant par le crible d’une langue à une autre, laisse quelques bribes coincées lors de ce passage. Malgré la bonne volonté de tous les traducteurs, la nitescence qu’illumine cet univers froid et sanguinaire, cette petite parcelle d’espoir qui a poussé le protagoniste à quitter la guerre est absente.
Cette problématique n’est pas le fruit d’aujourd’hui, car les plus grands traducteurs sont conscients qu’ils ne peuvent jamais faire passer littéralement un texte écrit d’une langue initiale vers une langue réceptrice sans trahir le message d’origine. C’est pour cette raison qu’ils appellent toute traduction, malgré son excellence, une belle infidèle.
Pour illustrer et corroborer ce postulat, nous tenterons d’élucider cette problématique via un exemple qui mettrait en évidence l’échec de ce passage langagier.
« Farewell to arms » est un roman notoire de l’écrivain anglais Ernest Hemingway qui met en scène une histoire d’amour au milieu des champs de bataille de la première guerre mondiale. Le titre du roman en français est « L’adieu aux armes » et en arabe est « وداع الأسلحة » . Ce titre, dans les deux langues, s’évertue à traduire le plus fidèlement possible l’idée que l’auteur a formulée dans sa langue d’origine. En dépit de cet acharnement, nous pouvons constater, à l’issue de la lecture du roman, que les deux titres ont failli à transmettre cette étincelle de base qui illumine l’œuvre d’Hemingway. Au fait, le titre initial contient une composante polysémique propre à la langue anglaise. Cet ingrédient magique est le mot « Arms » qui peut être compris dans deux sens : le premier est militaire car le protagoniste déserte la guerre, donc il dit littéralement adieu aux armes, tandis que le deuxième est en relation avec l’instrument de la guerre (les amres) mais aussi avec le thème de l’amour, car le mot anglais « Arms » signifie aussi les mains. Il est à rappeler que l’amante du protagoniste avait la manie de nouer ses mains autour du cou du héros, mais celle-ci décède à la fin du roman ; s’ajoute alors à l’adieu de la guerre celui de l’amante, et métaphoriquement celui de l’amour. Ce petit détail montre comment la traduction, en passant par le crible d’une langue à une autre, laisse quelques bribes coincées lors de ce passage. Malgré la bonne volonté de tous les traducteurs, la nitescence qu’illumine cet univers froid et sanguinaire, cette petite parcelle d’espoir qui a poussé le protagoniste à quitter la guerre est absente.
Cette problématique n’est pas le fruit d’aujourd’hui, car les plus grands traducteurs sont conscients qu’ils ne peuvent jamais faire passer littéralement un texte écrit d’une langue initiale vers une langue réceptrice sans trahir le message d’origine. C’est pour cette raison qu’ils appellent toute traduction, malgré son excellence, une belle infidèle.



