IEP ou B/L pour faire de la recherche

La filière littéraire

9 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,
J’ai déjà rédigé quelques postes de ce type mais je pense que celui-ci sera le dernier. Je me répète peut-être un peu par rapport à mes anciens topics, mais je ressens le besoin d’en réécrire un pour préciser ma situation actuelle. Je suis pas mal tourmenté par rapport à mon orientation et je n’arrive pas à prendre de décision. Aussi, j’espère que grâce à votre expérience, vous pourrez m’aider.

Je suis admis pour la rentrée 2018-2019 à la prépa B/L de Carnot (Dijon) et aussi à l’IEP d’Aix-en-Provence. Je tiens à souligner que je mesure bien la chance qui se présente à moi d’avoir obtenu ces deux propositions ainsi que le fait que beaucoup souhaiteraient disposer d’une telle chance.

Seulement, je n’arrive pas à faire un choix et change perpétuellement d’avis. J’ai vraiment peur de faire le mauvais choix et de traîner le poids de ce regret.
J’ai un objectif plutôt défini, j’aimerais faire des études très longues (Doctorat) pour devenir enseignant-chercheur dans une science humaine (Socio, Eco, Histoire….)
Je n’ai pas réussi l’oral de Sciences Po Paris cette année, mon rêve étant d’intégrer prioritairement encore à ce jour l’Ecole Doctorale de cette même école.
Bien que je sache que d’autres voies (et elles sont nombreuses il me semble) existent pour atteindre mes objectifs, c’est cette formation que je vise en particulier.

Dès lors, les deux formations présentent leur lot d’avantages et d’inconvénients.

D’après ce que j’en ai entendu, la prépa serait censée me fournir un contenu plus riche, plus approfondi qu’en IEP et me permettrait alors de devenir « meilleur ». Seulement, le concours d’entrée en master à ScPo ayant changé avec la disparition de l’épeuve écrite, il semblerait que les personnes au profil moins classiques et plus originaux et diversifiés soient favorisées. C’est à dire des personnes avec des expériences, des stages, qui seraient plus intéressantes aux yeux de l’IEP (choses qu’il me sera difficile de développer en prépa). Du coup, en IEP, j’aurais davantage de temps pour peaufiner mon dossier, monter des projets en lien avec mes aspirations, assister à des conférences… Peut-être même pour écrire un livre ou commencer à monter un travail de recherche… des choses qui pourraient crédibiliser mon dossier. Je n’ai cependant réussi à trouver et à contacter aucun étudiant à l’Ecole Doctorale qui sortait d’IEP, ne présentent-il pas les qualités requises aux yeux de Sciences Po ? Seulement, j’ai peur d’être déçu par les cours à Aix. De plus, je ne sais pas si je vivrai bien le fait d’avoir raté ScPo et donc d’être dans une formation équivalente, mais d’un prestige moins élevé, tandis qu’en B/L je n’aurais pas à rougir face aux élèves de Sciences Po. Par ailleurs, il me semble qu’il est hasardeux pour un élève d’IEP d’essayer de rejoindre Sciences Po car cela est difficile à justifier à l’oral étant donné que les formations sont plus ou moins similaires.
J’ai par ailleurs réfléchi à la possibilité de suivre une licence à distance en parallèle de l’IEP, pour enrichir mon parcours, mais je ne connais pas bien les procédures qu’il faut engager pour un tel choix, et je ne sais pas si cela serait la bonne solution.

J’ai peur de regretter de ne pas avoir été dans un IEP si jamais je ne m’épanouis pas en prépa, que j’ai des résultats faibles alors que j’aurais pu exceller en IEP, ce qui aurait favorisé un meilleur dossier. De plus, c’est une grande école, et la refuser pour une prépa à l’issue incertaine peut être dangereux.
Aix dispose d’un centre de recherche mais on m’a dit que l’immense majorité des enseignants-chercheurs en France étaient passés par la prépa. J’ai peur de sortir des sentiers battus et de prendre des risques inutiles à tenter l’IEP, qui n’est pas la voie classique pour former des enseignants chercheurs.
Je me demande également si je n’aurai pas « l’impression de travailler dans le vide » en IEP, étant déjà dans une école et n’ayant pas forcément la pression d’un concours, et du coup d’être moins motivé à travailler et donc d’atteindre une niveau plus faible.

Concernant la prépa, on m’a beaucoup vanté ses mérites, notamment concernant les méthodes de travail, mais j’ai du mal à cerner ce que cela englobe.
De plus, les chances de se retrouver en université à la suite sont grandes. Je ne dénigre pas du tout l’université, c’est simplement que je me demande si l’IEP ne fournit pas une formation plus prestigieuse au final et un enseignement plus riche dans la perspective de faire un doctorat comme je vous l’ai dit. L’IEP me semble plus axé sur la professionnalisation tandis que la prépa est plus tournée vers des études longues, ce qui va davantage dans le sens de la prépa étant donné que « enseignant-chercheur » n’est pas la voie de sortie la plus logique en IEP.
Mes parents ne comprennent pas que j’hésite et me poussent grandement à aller en IEP, me disant que mes inquiétudes sur la qualité et l’approfondissement des cours à Aix sont infondées. est peut-être vrai, je n’y suis pas allé, mais j’ai lu suffisamment de témoignages sur les élèves déçus des IEP pour en douter. Ils doutent de plus de la pertinence de mon projet professionnel, comme quoi les places y sont rares.

Je tiens aussi à préciser que j’ai une aversion du « par coeur » et que je n’ai jamais rien réussi à apprendre quoi que ce soit par coeur dans ma vie, tout simplement car je trouve cela inutile. Pensez-vous que cela peut me nuire dans l’une ou l’autre de ces formations ? (Attention, apprendre mon cours je veux bien et c’est important, mais recracher son cours mot à mot sans y comprendre la traître notion dans l’optique d’avoir une bonne note m’horripile).

En bref, il me semble que je veux avoir connu la prépa dans ma vie, mais cela en vient à renoncer à mon admission dans une bonne école, à renier tous ces concours que j’ai passé cette année (et y’en avait un paquet) ainsi que ne pas rentabiliser le prix que ça a coûté pour m’y préparer (et c’était cher). Le tout est pour moi de pouvoir dépasser mon échec à Sciences Po qui m’emplit de regrets, et de pouvoir aller de l’avant tout en étant fier de ma formation et de ne pas avoir à regretter l’autre choix.


J’espère ne pas vous paraître trop ambitieux ou aveuglé par l’une ou l’autre des deux formations. Je pense que mon poste semble souligner, à la relecture, que la prépa me conviendrait mieux, mais je suis dans le flou et je tiens vraiment à récolter des avis. Je suis persuadé que cet après-midi je serai convaincu que l’IEP me semble plus approprié. Et ce soir, rebellote, je changerai d’avis.

Merci d’avoir lu.
Le parcours qui offre le plus de chances de décrocher un contrat doctoral reste d'entrer dans une ENS. Donc prépa mais évidemment les places sont chères. Tu peux discuter avec Artz qui, je crois, est passé par l'iep de Paris ( à vérifier). Pour ton objectif, un iep ne me semble pas indispensable (mais tu as donné peu de précisions): pourquoi veux tu en intégrer un ? Je ne pense pas que l'école doctorale de l'iep de Paris soit meilleure que les écoles doctorales d'autres universités (d'autant que ce n'est qu'une simple structure administrative). Mais si elle offre plus de contrats qu'ailleurs, je comprends mieux.

Par ailleurs, il faut que tu penses déjà à l'agrégation. C'est stupide mais elle te sera utile quand tu candidateras à un contrat doctoral, et indispensable pour prétendre à un poste de maître de conférences, du moins pour les matières que tu as citées, pour lesquelles il y a une agrégation. La préparation à l'agreg d'histoire de l'iep de Paris est réputée, pour le reste je ne sais pas. La prépa est indiquée pour cela…
Les IEP m'intéressent car on peut y étudier la Science Politique, le droit constitutionnel, qu'on n'aborde pas en prépa…
J'ai lu quelque part que seule l'agrégation d'Histoire est nécessaire pour enseigner, concernant les autres disciplines, ce n'est pas aussi important. Qu'en pensez-vous ?
L'agrégation de l'enseignement secondaire n'est pas nécessaire pour enseigner dans le secondaire. On peut se contenter du CAPES. Mais elle est quasiment obligatoire, dans les matières où elle existe, pour être admis en école doctorale.

L'agrégation de l'enseignement supérieur est obligatoire pour le recrutement des professeurs des universités en droit, sciences politiques, gestion.
Je n'ai pas grand chose à dire mis à part (et c'est peut-être important) qu'il me semble que la perception du recrutement des masters de Science Po est plutôt erronée: je suis en prépa et au moins en ce qui concerne le dossier, une large part de ceux qui ont porté leur candidature pour des masters de Science Po ont été retenus pour l'oral. Je ne pense pas que demander Science Po après une prépa soit un faux pas du tout, ils semblent très réceptifs au recrutement dans cette filière.
À noter aussi que j'ai pu constater qu'un grand nombre de préparationnaires autour de moi (ECE, ECS, A/L etc…) ayant raté Science Po ne regrettent absolument pas d'être finalement allés en prépa, et considèrent que cela leur a permis de consolider des habitudes de travail et un socle culturel beaucoup plus solide que s'ils étaient allés directement à Science Po en post-bac. Un ami qui souhaitait faire de la recherche s'est même tourné vers la prépa après un an à Science Po Paris.
Bien entendu, cela repose sur du bouche à oreille, mais de mon point de vue, si c'est réellement la recherche qui t'intéresse, au moins un an de classe préparatoire serait presque nécessaire, sachant que les IEP, notamment dès le post-bac, donnent des bases beaucoup plus pratiques que théoriques. Or, faire de la recherche, cela nécessite d'avoir une forte connaissance théoriques. Il y a certes plus de matières en IEP, mais il faut voir si ces cours s'adressent à quelqu'un qui doit avoir une certaine base de culture générale pour travailler, ou à quelqu'un qui veut entamer un travail de recherche approfondi dans ces matières là.
Merci de ta réponse, je pense me tourner vers la prépa en espèrant ne jamais le regretter et trouver mieux que dans n'importe quel IEP
je pense me tourner vers la prépa en espérant ne jamais le regretter et trouver mieux que dans n'importe quel IEP
Il ne faut pas non plus idéaliser la prépa. Il y a bien des moments où tu te demanderas si tu as fait le bon choix. On se le demande toujours.
Si au bout de deux ou trois ans, tu intègres l'ENS, tu suivras la voie royale qui correspond à tes ambitions, qui sont, si j'ai bien compris, de devenir enseignant chercheur.
Si tu ne réussis pas les concours prestigieux au bout de trois ans, ce n'est pas pour autant que tu ne pourras devenir enseignant-chercheur, en rejoignant l'université.
Je connais pour ma part un jeune maître de conférences à l'université de Nice en histoire qui n'est pas normalien. Il n'a eu que l'agrégation, et est en train d'écrire sa deuxième thèse, me semble-t-il, pour obtenir tel ou tel grade que j'ignore.
@Laoshi oui bien sûr, d'autant plus qu'il n'y a que 25 places à l'ENS Ulm pour le concours B/L, ce serait illusoire de la placer en temps qu'objectif (même si on ne sait jamais).
Et puis la majorité des chercheurs n'ont pas fait l'ENS je pense (peut-être me trompe-je, mais beaucoup de voies sont possibles)
Il faut que tu te donnes comme objectif ta réussite au concours.
Après, tu verras ce qui se passe.