Différence entre compléments essentiels et compléments circonstanciels

Langue française

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Profitons de l'absence de Jehan pour discuter. Quelles sont donc ces "certaines grammaires" qui ne limitent pas le test de mobilité à la possibilité de l'antéposition ou de la postposition. Pas Riegel et al, page 260, référence citée supra, puisqu'ils indiquent bien que le complément circonstanciel peut être antéposé au groupe nominal sujet et postposé au groupe verbal, même si par ailleurs, il peut aussi s'intercaler entre ces deux constituants et même entre le verbe et son complément. Cette dernière possibilité, assez banale, on la constate donc évidemment aussi pour le complément circonstanciel, mais elle ne constitue pas le critère de mobilité.
Du moins, c'est ce que je croyais comprendre jusqu'ici.
La Grammaire méthodique du français (2014 : 260) ne limite pas le test de la mobilité du CC à la possibilité de l'antéposition ou de la postposition de ce complément.

Elle indique en effet :
La mobilité est cependant la propriété vraiment caractéristique du complément circonstanciel, qui peut ête antéposé au groupe nominal sujet et postposé au groupe verbal, mais peut aussi s'intercaler entre ces deux constituants et même entre le verbe et son complément."

Ex. de mobilité acceptable donnés par cet ouvrage :
"(3 a) Au milieu du romantisme, Baudelaire fait songer à quelque classique
(3b) Baudelaire, au milieu du romantisme, fait songer à quelque classique (P. Valéry)
(3c) Baudelaire fait songer à quelque classique au milieu du romantisme
(3d) Baudelaire fait songer, au milieu du romantisme, à quelque classique.
LA GRAMMAIRE DU FRANÇAIS LANGUE ÉTRANGÈRE POUR ÉTUDIANTS FINNOPHONES
1. Mobilité du complément circonstanciel
Le complément circonstanciel peut se placer pratiquement n’importe où dans la phrase:
(a) Au début de la séance, le professeur avait présenté le contenu de son cours aux étudiants.
(b) Le professeur, au début de la séance, avait présenté le contenu de son cours aux étudiants.
(c) Le professeur avait présenté le contenu de son cours aux étudiants au début de la séance.
Il y aurait encore d’autres combinaisons possibles. On voit qu’on peut même mettre le CC entre le sujet et le verbe, comme dans la phrase (b). Cependant, c’est impossible quand le sujet est un pronom conjoint (p.301). On pourrait aussi très facilement placer le CC entre l’auxiliaire et le participe: le professeur avait, au début de la séance, présenté… Le sens de la phrase varie plus ou moins fortement selon la place du CC.
[lien invalide]

Je sais qu'il y a d'autres grammaires et articles qui vont en ce sens…
En fait, certains spécialistes évoquent seulement l'antéposition, d'autres celle-ci et la postposition, d'autres encore vont plus loin…
Toutes les grammaires que j'ai consultées ne parlent même pas de la conservation du sens de la phrase après le déplacement du complément testé…

Ma conclusion
Au minimum, il convient d'examiner la fonction du complément testé compte tenu aussi des textes qui ont une conception plus large que les autres du critère de la mobilité du CC.
Non, ces exemples montrent que les possibilités de mobilité s'étendent au-delà de l'antéposition et de la postposition (ce que j'avais bien noté dans mon message précédent) mais cela ne dit pas que le critère ou test de mobilité pour décider de la nature du complément puisse s'affranchir de la nécessité de tester l'antéposition et la postposition.