Différence entre compléments essentiels et compléments circonstanciels

Langue française

63 réponses · Page 3 / 4

Merci beaucoup Roméo, c'est bien plus clair.
On sait tout ça au sortir de la troisième ?
Les bons élèves à qui on l’aura seriné depuis le primaire le sauront sans doute, comme nous savions plus ou moins, toi et moi, qui sommes pareillement vieux j’ai l'impression 🙂 (je veux bien t’accorder quelques années de moins que moi), ce que l’on nous a enseigné en notre temps.
Cela n’aura d’ailleurs aucune incidence sur la poursuite de leurs études, sauf s’ils se destinent à l’enseignement du français, et surtout aucune, il me semble, sur leur expression écrite ou orale, ce qui reste à mon sens l’essentiel à apprendre.
Quoi qu’il en soit, la difficulté à mettre en place les notions à enseigner en grammaire, les changements fréquents de terminologie, la multiplicité des manuels, et leurs divergences …le problème n’est pas nouveau…
On trouve ce problème casse-pieds dans les autres matières, je crois ?
Laoshi a écrit :
Oui, mais la remise en cause est nécessaire à tout progrès scientifique.
Assurément ! Mais j'avoue seulement qu'en cette matière, j'ai du mal à sentir les bienfaits du progrès. (Je ne saurais toutefois me prononcer avec certitude sur d'éventuels méfaits.)
Les seules questions qui doivent occuper les enseignants du primaire et du collège sont les suivantes :
- Pourquoi enseigner la grammaire ?
- Quelle grammaire enseigner ?
- Comment l'enseigner ?
Pourrait-on imaginer que l'on apprenne aux enfants à lire et à écrire correctement, sans faire de grammaire ? Franchement, c'est une question que je pose, et que je me pose.
C'est ce qu'on fait en Finlande… Ce qu'il faut éduquer, c'est la grammaire mentale que chaque enfant possède en lui, puisqu'il sait parler.

Pour moi, Il partira aux Bermudes est un complément de lieu essentiel puisqu'il y a mouvement : on va quelque part, on part quelque part.
Jehan, Jacques,

En août prochain, Jehan partira en vacances aux Bermudes.

Pour moi, aux Bermudes est un complément de phrase (CP ; "complément circonstanciel" dans la précédente terminologie grammaticale).

En effet, outre que ce complément est effaçable, il satisfait au critère essentiel de la mobilité des CP.

Rappels concernant ce dernier point, puisés dans deux ouvrages de référence :
On considère généralement que le complément de phrase (CP) est mobile et effaçable. Or, seule la mobilité est la propriété caractéristique des CP car bien d'autres éléments de la phrase peuvent être effacés. 
Graissé par moi. Cf. Grevisse, Pellat (il s'agit d'un des auteurs de la fameuse Grammaire méthodique du français) et Fonvielle, Le Grevisse de l'enseignant. « Grammaire de référence. Nouveaux programmes », Magnard, 2017, p. 239.
La mobilité est la propriété vraiment caractéristique du complément circonstanciel […]
J'ai graissé. Cf. Riegel, Pellat, Rioul, La grammaire méthodique du français, PUF, 2014, p. 260.
Or, on peut dire : En août prochain, Jehan partira aux Bermudes en vacances.
Jehan, c’est vrai ? Tu pars aux Bermudes ? Tu me raconteras. J’ai beaucoup voyagé mais n’y suis jamais allée. 🙂
Enfin, Roméo31, sans vouloir t’offenser, la seule chose que l’on peut affirmer avec certitude, c’est que, les Bermudes, cela reste un lieu géographique. Et c’est rassurant. 😉
Signalons qu'ici, "en vacances" est lui aussi un complément de verbe, comme "aux Bermudes". Quand il y a deux compléments de verbe, leur place peut être intervertie sans qu'on puisse pour autant parler de "mobilité".
Ainsi, par exemple, un COD et un COI (compléments de verbes) peuvent souvent permuter. Tout comme deux COI.


On ne peut parler de véritable mobilité que si le complément peut être placé en début de phrase ou en fin de phrase sans que le sens soit changé, comme c'est le cas pour le CC "en août prochain".
Or, ce n'est pas le cas pour "Aux Bermudes".
En août prochain, Jehan partira en vacances aux Bermudes
Complément essentiel de lieu, complément de verbe: lieu où l'on va, destination.
Aux Bermudes, en août prochain, Jehan partira en vacances.
Complément circonstanciel de lieu, complément de phrase.
En début de phrase, il indique le lieu où se trouve Jehan. Pas sa destination. (Il travaille aux Bermudes, et l'an dernier, aux Bermudes, il n'avait pas pris de vacances, le pauvre. 😜 )
Tiens, tiens, pas si simple… 🙂 Encore un coup du triangle des Bermudes! 😀
Complément (d’objet) indirect, complément circonstanciel et complément de phrase dans les grammaires contemporaines
Sophie Piron

Comment pourriez-vous être d'accord ?
Merci Anne… C'est éloquent, effectivement !
Anne, cet article est effectivement pertinent ; je l'ai moi-même cité ici il y a quelque temps.

Jehan, je connais bien la notion de mobilité que tu invoques ; le problème réside dans le fait que ce n'est pas celle qui est retenue par certaines grammaires.

Je répondrai ultérieurement. Bonne soirée. 🙂
Cela est tout de même ennuyeux, et ne date pas d'hier.
Les élèves reçoivent en général dans les collèges un manuel de grammaire choisi par les collègues de français, pour un certain nombre d'années, et en fonction des changements de programme.
J'ai été amenée à occuper des postes différents, et j'ai eu entre les mains des ouvrages de grammaire qui variaient selon les établissements. Généralement, je les trouvais inutilisables (forcément ! ce n'était pas moi qui les avais choisis 😉 ), et ne m'en servais pas ou très peu. Je faisais mon propre cours de grammaire, jamais trop détaché du reste d'ailleurs, selon ce qui me semblait le plus accessible et le plus utile pour les enfants, en fonction des programmes en vigueur évidemment, surtout pour les troisièmes qui devaient répondre aux questions du brevet.
Je ne dis pas que j'avais toujours raison (les questions de ce fil le montrent bien).
J'essayais simplement d'être raisonnable et pragmatique.
Comment faire ?
Hé oui, comment faire ?
Retour à ma question initiale: si un mot peut-être CC ou COI selon l'optique choisie, comment corriger les copies des élèves au brevet ? J'espère qu'il existe une correction "type" qui prend en compte les deux possibilités…

Mais plus largement, j'y vois une difficulté non négligeable pour les élèves qui changent d'école ou de collège en cours de scolarité et qui sont susceptibles d'être confrontés à des logiques différentes…

Du coup, si la recherche doit avoir sa place dans les programmes scolaires, il faudrait qu'au préalable il y ait harmonisation non contestable. Les conditions ne paraissent pas remplies actuellement, c'est le moins qu'on puisse dire…
Ça n'a aucune importance. Je n'ai jamais vu que les leçons de grammaire analytique aidaient en quoi que ce soit les élèves en difficulté. C'est un bagage inutile qui leur fait perdre du temps.
C'est déjà bien s'ils reconnaissent le sujet et savent faire les accords.

Il faut apprendre aux enfants à lire et à écrire.

La distinction entre compléments circonstanciels et compléments essentiels doit être perçue quand on forme une phrase et formalisée (pas si facilement d'après cette discussion) bien plus tard. C'est même une affaire de spécialistes.

Comparons :
- Jehan partira aux îles Kerguélen.
- Aux îles Kerguélen, Jehan partira… quoi faire ? où plus précisément ?
La phrase ne semble pas complète parce qu'on fait automatiquement du groupe aux îles Kerguélen un complément de phrase indiquant le lieu où l'on est en le déplaçant (cf la virgule).

perluète, les grammairiens ne sont pas d'accord entre eux parce que la grammaire est une description raisonnée de la langue, et que celle-ci ne se laisse pas si facilement réduire à des formules simples.
Bon, c'est pas tout ça… Je vais passer quelques jours au vert, jusqu'à la mi-juillet.
Ni aux Bermudes ni aux Kerguelen. Un peu plus près tout de même. Au revoir ! 😉
A bientôt !
Bonnes vacances, Jehan !
Bonnes vacances. Tu n'auras pas la Wifi ?
Que les grammairiens ne soient pas d'accord, je le conçois tout à fait. Cependant, pour en revenir aux élèves, on leur demande quand même d'étudier la grammaire. Si c'est inutile, alors il faut la remplacer par autre chose qui soit utile pour savoir lire et écrire correctement. Bêtement, je croyais que la grammaire faisait partie de ces "choses"… :/

Ceci dit, Jehan, bonnes vacances loin du site! 🙂
Oui, il y a programme de grammaire, mais il y a étudier et étudier…
Tout dépend des objectifs qu'on se donne pour chaque élève (dans l'idéal).
Jehan a écrit :Signalons qu'ici, "en vacances" est lui aussi un complément de verbe, comme "aux Bermudes". Quand il y a deux compléments de verbe, leur place peut être intervertie sans qu'on puisse pour autant parler de "mobilité".
Ainsi, par exemple, un COD et un COI (compléments de verbes) peuvent souvent permuter. Tout comme deux COI.


On ne peut parler de véritable mobilité que si le complément peut être placé en début de phrase ou en fin de phrase sans que le sens soit changé, comme c'est le cas pour le CC "en août prochain".
Or, ce n'est pas le cas pour "Aux Bermudes".
En août prochain, Jehan partira en vacances aux Bermudes
Complément essentiel de lieu, complément de verbe: lieu où l'on va, destination.
Aux Bermudes, en août prochain, Jehan partira en vacances.
Complément circonstanciel de lieu, complément de phrase.
En début de phrase, il indique le lieu où se trouve Jehan. Pas sa destination. (Il travaille aux Bermudes, et l'an dernier, aux Bermudes, il n'avait pas pris de vacances, le pauvre. 😜 )
Jehan, certaines grammaires ne limitent pas (contrairement à ce que tu fais) le test de la mobilité à la possibilité de l'antéposition ou de la postposition.

Or, la phrase En août prochain, Jehan partira aux Bermudes en vacances n'est pas agrammaticale et a le même sens que le phrase initiale (ne chipote pas ! 🙂 ).