Bonsoir,
Quelqu'un(e) saurait-il quand le verbe "abricoter" (et ses dérivés : "abricotage" et "abricotine") qui relève du vocabulaire culinaire est entré dans la langue française ? Rostand l'aurait-il inventé spécialement pour la tirade du pâtissier Ragueneau ?
Bonsoir.
Le verbe
abricoter existait déjà avec un autre sens, mais la première attestation du sens culinaire semble dater de 1898… Ce qui coïncide avec la parution du texte de Rostand.
https://www.cnrtl.fr/definition/abricoter
Seul le Wiktionnaire mentionne le dérivé
abricotage, non daté.
Date inconnue également pour
abricotine, non mentionné dans le CNRTL, mais répertorié dans le Wiktionnaire.
Cela semble un helvétisme… Probablement dérivé du nom même du fruit, et non du verbe.
https://fr.wiktionary.org/wiki/abricotineBonsoir Jehan,
Merci pour votre réponse. Je n'avais guère trouvé mieux.
Par contre, je pense qu'il n'y a rien à voir avec la liqueur helvétique dite "abricotine".
Dans le sens (pâtissier) où je l'entendais, c'est simplement le nom de la préparation (en général une confiture ou une gelée) qui sert à "abricoter" et encore de nos jours.
Mais je vais poser la question à un Suisse de ma connaissance.
Merci d'avoir un peu mieux fouillé que moi.
La datation du CNRTL est donc ici sujette à caution… 😉
Elle l'est presque toujours, parce qu'elle a été faite avec les moyens du bord sur la base d'un beau corpus déjà mais avant la numérisation massive opérée par Google livres et Gallica. On trouve donc très souvent mieux aujourd'hui, avec ces deux derniers outils, pour les datations des XVIIe-XXe siècles, et surtout bien sûr XIXe-XXe. Du reste, le TLF procède lui-même à une révision permanente de ses datations (rubrique BHVF du portail CNRTL) mais évidemment, ça va prendre un bon bout de temps !
Bonsoir à tous,
Donc, effectivement, attesté dès 1845.
Mais de ce que je lis que vous m'avez transmis… c'est en fait sûrement encore antérieur : 1845 serait la date d'entrée dans un dictionnaire. Ce qui laisse(rait) supposer que le terme existait antérieurement ?
Pas nécessairement dans ce cas. L'attestation de 1845 provient d'un dictionnaire qui, contrairement aux dictionnaires habituels, ne se fait pas le greffier d'un usage bien existant, mais se veut une source de propositions pour des mots qui pourraient être utiles et enrichir la langue. Ces mots peuvent donc avoir été forgés par l'auteur et n'avoir pas d'existence antérieure. Mais le fait qu'ils aient été proposés est quand même le signe qu'ils étaient plus ou moins en gestation ou attendus, et si lui y a pensé, d'autres peuvent aussi y avoir pensé avant sans que la trace s'en soit conservée.