Bibliothèque de la Pléiade

Littérature

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Je voudrais juste noter que les nouvelles éditions d'œuvres - complètes ou non - d'auteurs en Pléiade n'ont que rarement été justifiées par la découverte d'inédits ou l'ajout de nouveaux textes ou nouvelles versions (typiquement : Proust), mais plutôt par l'adjonction de nouvelles notes, critiques et variantes provenant de manuscrits.

Nouveautés Pléiade - septembre 2021

Crime et Châtiment, Les Frères Karamazov (Dostoïevski) Œuvres romanesques, I, II (Hemingway)

La Pléiade - Les nouveautés (la-pleiade.fr)

Attention, dans les deux cas il s’agit d’une nouvelle présentation en deux volumes sous coffret. Pour Dostoïevski, ce sont toujours les excellentes traductions de Boris de Schlœzer, Henri Mongault, Sylvie Luneau, Lucie Desormonts, Doussia Ergaz et Vladimir Pozner (volumes n°83 de 1950 pour Crime et châtiment et Souvenirs de la Maison des morts, et n°91 de 1952 pour Les Frères Karamazov et Niétotchka Niézvanov). Hautement recommandable, donc. Quant aux Œuvres romanesques d’Ernest Hemingway, ce sont bien les volumes n°189 de 1966 et n°207 de 1969 (dans l’édition de Roger Asselineau) qui sont eux-aussi emboîtés dans un nouveau coffret. Les traducteurs sont nombreux : Roger Asselineau, Michel Arnaud, Maurice-Edgar Coindreau, René Daumal, Marcel Duhamel, Maurice Rambaud, Henri Robillot, Jeanne-Marie Santraud, Marc Saporta, Ott de Weymer, Céline Zins, Paule de Beaumont, Jeanine Delpech, Jean Dutourd, Georges Magnane et Denise Van Moppès.

Merci pour ces informations substantielles. A vrai dire, je pensais à toi en écrivant ces quelques lignes, connaissant ton goût pour le Pléiade et les auteurs russes.

C’est gentil. 😀En matière de nouveautés, pour cette rentrée on peut citer :L’Espèce humaine et autres écrits des camps, un recueil thématique qui contient une anthologie de romans et de récits écrits entre 1946 et 1994 par des survivants des camps nazis, dont L’Espèce humaine de Robert Antelme, L’Univers concentrationnaire de David Rousset, La Peinture à Dora de François Le Lionnais, Nuit et brouillard de Jean Cayrol, Le Sang du ciel de Piotr Rawicz, les trois tomes d’Auschwitz et après de Charlotte Delbo, La Nuit d’Elie Wiesel ou encore L’Écriture ou la Vie de Jorge Semprún… Je ne sais pas pourquoi Gallimard ne publie pas le nom des auteurs sur sa page. La Divine Comédie de Dante dans une nouvelle traduction de Jacqueline Risset, sous la direction de Carlo Ossola. Cette nouvelle édition qui remplace partiellement l’ancien volume des Œuvres complètes paru en 1963 (et dont La Divine Comédie avait été traduite par André Pézard) est semble-t-il très attendue par les spécialistes. Les Œuvres complètes de Louise Labbé, recueil qui contient les quelques textes attribués à Louise Labbé mais aussi de nombreux textes en rapport avec elle. Les exégètes trouvent le volume un peu étique pour un Pléiade (736 pages) et certains crient un peu à la récupération commerciale, étant donné le peu de textes attestés (trois élégies et vingt-quatre sonnets). N’étant pas spécialiste je n’entre pas dans ce débat. On attend aussi pour novembre le volume consacré au théâtre de Georges Feydeau, avec une sélection de pièces (Tailleur pour dames - Chat en poche - Monsieur chasse ! - Le système Ribadier - Un fil à la patte - L’Hôtel du libre-échange - Le Dindon - La dame de chez Maxim - La puce à l’oreille - Occupe-toi d’Amélie ! - Feu la mère de Madame - On purge bébé ! - « Mais n’te promène donc pas toute nue ! »). Lui aussi fait couler pas mal d’encre, peu reconnu comme un grand classique, à l’instar de Jules Verne, Georges Simenon et même Sade qui avaient fait pas mal gloser lors de leur entrée en Pléiade.

Mais qu’est-ce qu’un "grand classique", finalement ? Surtout en une époque où la littérature (globalement) est en passe de devenir, quoi donc ? une langue morte, tiens !

Un grand classique ? C’est l’un des propos principaux du site sur lequel j’écris des fiches consacrées à la « meilleure » édition (ou traduction) - dite de référence des classiques https://propagerlefeu.fr/ mais je t’avoue que nous sommes loin d’avoir la réponse. Toutefois, au fil du temps, on progresse… Il se dit - entre autres - qu’un classique est une œuvre que l’on apprend en classe. Pour ma part j’y inclus tous les ouvrages dignes d’intérêt (pour qui ? pour quoi ?) qui ont traversé le temps et qui, comme tu l’évoques justement, sont en passe de disparaître pour un grand nombre de raisons que nous pourrions évoquer au risque de passer pour des déclinistes. Il me semble que cette disparition s’accélère ces dernières années : la numérisation que l’on donne pour un fabuleux outil de conservation m’apparaît surtout comme une momification et une mise aux oubliettes. À l’inverse, l’entrée en Pléiade me semblait être une sorte de panthéonisation. Tu me diras qu’en dehors des Journées du patrimoine les visiteurs ne se pressent guère plus au Panthéon qu’aux catacombes. 😁

Bien d’accord. Cela dit, en classe (premier cycle par exemple), dans la série romans policiers, on te proposait naguère (lecture cursive) La Nuit du renard de M.H. Clark… Quelle misère !

Merci pour le site que je ne connaissais pas.

"Déclinistes" est un peu trop, à moins qu’on ne l’entende en un sens météorologique. "Automnaux" semble plus juste. C’est aussi un déclin, mais seulement à l’échelle de l’année. Et par là plus à portée que les prophéties millénaristes. Le jour qui se proustise (se couchant de plus en plus de bonne heure), les températures qui dégringolent, la flotte par là-dessus, tout cela est propre à favoriser les épanchements de la bile et entretenir les noirs pensers mélancoliques. Déprime saisonnière, à mon avis. Automne aux sanglots longs. Meuh non, les classiques ne sont pas menacés ! On n’a rien - en ce temps précisément - à leur opposer, qui serait plus légitime, ou plus actuel, ou plus malin. Quant à notre ami freddy, il automne, il automne…https://www.youtube.com/watch?v=eacApLL9mUQ

Je ne connaissais pas cette chanson de Barbara. Je suppose que je ne suis pas la seule. Alors, classique ou pas classique si c’est peu connu ? 😉

Je suis comme toi Perluète et je me pose la même question.

Le terme classique est sans doute à préciser selon le contexte : voir les différentes définitions du TLF.

Jocrisse, dans ce cas, comme Freddy, je suis une automnale…