Les artistes doivent-ils seulement traiter des belles choses ?

Entraide scolaire

33 réponses · Page 2 / 2

Merci beaucoup.

Si je comprend bien, je pourrais faire

I/ Il semble que l'art doit aborder la beauté des choses

II/ Mais pas nécessairement

III/ Les artistes révèlent la beauté des choses

Pour les sous-parties, je ne sais pas trop quoi faire…
Peut être I/ 1) Définition de la beauté ? 2) ?
II/ 1) La laideur abordé par certains poètes 2) L'art engagé
Mon message n'avait pour but que d'apporter quelques éléments sur le rapport entre l'artiste et la beauté.
La formulation du 1 est inappropriée :

I/ Il semble que l'art doit aborder la beauté des choses :
C'est évident. La question posée n'est pas celle-là. L'art a pour vocation la beauté. Mais doit-il se cantonner à de beaux sujets ?

EN 1
il faut commencer par la définition de la beauté selon le sens commun, conventionnel : équilibre, harmonie, goût de l'époque…
Il est plus facile de faire ressortir la beauté de ce qui est reconnu beau : Le lyrisme romantique devant la nature, l'art pour l'art peut trouver ici sa place.
Les fastes de l'Antiquité ont formaté le goût occidental depuis la Renaissance.
Les idées nobles sont plus faciles à défendre.

En 2
Tu réutilises ce que t'a brillamment développé Jacques. Ce qui est alors recherché est la nouveauté, l'étonnement, la "fulgurance" paradoxale…

En 3
L'art des créateurs de beauté, les "techniques" expressives : figures d'image, musicalité, rythmes, modalisation…
Merci encore

Ce serait donc:

I/ L'art doit parler de belles choses
1) La beauté selon le sens commun
2) L'art pour l'art

II/ Mais pas nécessairement
1) La laideur dans l'art
2) L'art engagé

III/ C'est avant tout le traitement du sujet qui fait sa beauté
1) Rendre beau: tout un art
2) La fonction des artistes

Mon plan est-il bon ?
C'est mieux, mais tu n'utilises pas toutes les pistes et informations qui t'ont été données.
Pourriez-vous me dire ce qui manque à mon plan ?

J'ai du mal à trouver des exemples pour l'art pour l'art et la beauté au sens commun…
Dans ce sujet, il me semble qu'il faille distinguer "belles choses" et beauté. Les "belles choses" sont ce que l'homme peut trouver d'agréable, de bien fait, d'émouvant, bref ce qui correspond à une conception commune de la beauté, héritée en gros de la tradition classique, à laquelle on peut éventuellement joindre l'idée de "bien" (suivant Platon).

I - Il est évident que, si nombre de poètes l'ont fait (cf. l'Art pour l'Art), on ne peut réduire la poésie à cela sous peine de nous voir proposer des "cartes postales", de l'émotion facile ou du pathétique.

II - Les romanciers traitent souvent de sujets tristes ou dramatiques (Flaubert, Zola) et les poètes lyriques évoquent souvent des amours contrariées, leur infortune ou leur pauvreté qu'ils "chantent" avec une émotion poignante et communicative. cf.

Les chants désespérés sont les chants les plus beaux,
Et j'en sais d'immortels qui sont de purs sanglots.
(Musset)

D'autres prennent comme sujet la laideur pour en déceler la beauté cachée, cf. ce que j'ai dit dans mon précédent message.

III Tous les artistes cultivent en fait la beauté qui est, non dans le sujet, mais dans une certaine orientation émancipatrice et libératrice que l'on donne à la perception des choses. J'évoquais Breton : si la "porte ouverte vers l'ailleurs" est fugitive et instable, par rapport à la conception classique de la beauté - et sa prédilection à prendre pour sujet des choses qui paraissent belles à tous - la beauté "convulsive" ne se confond pas avec l'éphémère car elle résulte de la permanence de nos désirs qui, elle, est transcendante. Le spectacle du beau classique, au contraire, c'est le désir satisfait : et après ?

Attention, le sujet ne porte pas sur la seule poésie… Trouve aussi des exemples de roman et même de tableaux.
Attention, le sujet ne porte pas sur la seule poésie… Trouve aussi des exemples de roman et même de tableaux.
Je me permets d'intervenir pour montrer quatre peintures qui, me semble-t-il, ne montrent pas de belles images, a priori, mais qui sont malgré tout des œuvres d'art, en tout cas considérées comme telles par une partie des gens qui les voient. J'aime les regarder tout en n'aimant pas trop ce qu'elles montrent. Elles sont peut-être d'une étrange beauté ? Mais je ne suis pas qualifié pour en parler, hélas.




Oui, là, on est dans l'expressionnisme ou l'art engagé, dont il faut évidemment parler. On ne peut plus parler de "belles choses", à peine de beauté. L'art engagé, par le choc et la prise de conscience qu'il suscite, nous invite à (ré)agir pour changer l'ordre social ou politique.

Sans rapport avec ce qui précède, tu as le cas d'Apollinaire qui, dans Zone, est fasciné par des spectacles de la ville que nous jugerions impropres à entrer dans un poème "traditionnel" : personnages du quotidien, objets techniques, etc… surtout après la promesse des premiers vers !
J'ai vu ce matin une jolie rue dont j'ai oublié le nom
Neuve et propre du soleil elle était le clairon
Les directeurs les ouvriers et les belles sténo-dactylographes
Du lundi matin au samedi soir quatre fois par jour y passent
Le matin par trois fois la sirène y gémit
Une cloche rageuse y aboie vers midi
Hum.. les artistes ne traitent pas que de belles choses.

Cherchez en peintures… "Guernica" de Picasso ou "Le Cri" de Münch…
Et les "délires" chez Van Gogh et autres écrivains.

C'est… magnifié… mais la base n'en est pas nécessairement un fait heureux.

Rappelez-vous la citation de Camus : "L'artiste distingue, là où le conquérant nivelle."
Les artistes savent sublimer, le bien autant que le mal.
Donc la réponse à la question de départ est non !
Je n'ai jamais dit que l'artiste devait traiter de belles choses, et que c'est ce qu'il faisait toujours. Au contraire. J'ai simplement dit qu'il ne fallait pas confondre beauté et belles choses.
Bonjour,
Le « doivent-ils ? » est gênant.
On demande à l’élève de prendre position sur une notion qui exclurait aujourd’hui la plupart des artistes, et non des moindres, qu’ils soient écrivains romanciers, poètes, dramaturges ou peintres, sculpteurs, musiciens…
Et le non paraît donc effectivement la réponse attendue.
Ou alors veut-on nous ramener au XVIIe par exemple, et nous ériger en censeurs chargés d’élaborer des règles de bienséances ?

-Que l’on donne à l’expression « belles choses » un sens esthétique ou moral, il est clair que l’on retrouve la plupart du temps dans ce qui l’on reconnaît, de nos jours du moins, comme des œuvres majeures, de « vilaines choses », laideur, monstruosité physique ou morale, situations tragiques, tristesse, misère, mort…
Ce qui est seulement « joli » est souvent considéré comme mièvre et sans intérêt.

Rejetterons- nous :
- Les tableaux épiques de l’Iliade.
- Le groupe de Laocoon attaqué par des serpents.
- Les gargouilles des cathédrales.
- La représentation de l’Enfer de Jérôme Bosch.
- Le réalisme de la description de la mort dans « Je n’ai plus que les os… de Ronsard.
- Les scènes atroces des guerres de religion dans Les Tragiques d’Agrippa d’Aubigné.
- les personnages tragiques ou monstrueux chez Shakespeare, Racine…
- La peinture des vices chez Molière…
- La peinture de Goya (Saturne dévorant ses enfants )
- La puissance épique de l’évocation de la retraite de Russie dans Les Châtiments, de la manifestation des mineurs dans Germinal.

- Les opéras qui finissent mal
- Les Kindertotenlieder de Mahler …?
La liste peut être prolongée à loisir selon les goûts de chacun.

- Cela n'empêche pas
- que l’on tombe en pâmoison devant une Vénus de Praxitèle, une vierge à l’enfant de Raphaël, les iris de Van Gogh, …etc
- que l’on apprécie la description de Madame Arnoux dans L'éducation sentimentale de Flaubert, les belles visions de l’invitation au voyage de Baudelaire…
- que l’on soit transporté par une valse viennoise…

-L’artiste se nourrit du monde dans lequel il vit et que son génie transcende.
Ce monde, il comporte de belles choses ( disons : des choses que l’on trouve d’un commun accord agréables) et d’autres que l’on trouve moins belles.
L’artiste fait feu de tout bois et c’est la combinaison de son talent et de son travail qui produit la véritable beauté, quel que soit, finalement, le sujet d’origine.
Il n’a pas besoin de notre aval pour traiter tel ou tel sujet. L’artiste véritable, pas l’imposteur, trouve de lui-même son terrain d’action.
Finalement peu importe le sujet, c’eSt le résultat qui importe.