Un avenir après un M2 recherche anglais ?

La filière littéraire

6 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,

Au risque d'enfoncer des portes ouvertes, je me demande si je dois poursuivre un M2 recherche anglais, spécialité "écriture et sociétés" à la rentrée. Je suis en M1, et pour le moment je termine mon rapport d'étape. Si je passe la soutenance en septembre (enfin faut-il encore que mon directeur de mémoire valide mon rapport en amont, si j'ai bien compris), je me demande si je dois poursuivre un M2 car aux dires de tous, même des profs, ce master est une voie sans issue, qui ne mène qu'à la recherche. On nous fait passer pour des causes perdues! Rassurant!

J'expose brièvement mon parcours. Après une Licence LLCE anglais, puis l'obtention du CAPES, j'ai été professeur titulaire pendant 5 ans dans des collèges qui craint. Je suis tombée malade, et à la suite de mon congé longue durée, je n'ai pas eu droit à un reclassement. J'ai donc été mise à la retraite pour invalidité à 30 ans, avec "inaptitude totale à toute fonction', c'est-à-dire que j'ai été radié de la Fonction Publique! J'étais déjà en plein deuil et puis la sentence du rectorat est tombée. Le système m'a lâché, le psy expert m'avait dit qu'il ne restait plus qu'à pointer à Pôle Emploi! Une double sentence est tombée lorsque j'ai appris par ma mutuelle, qui me verse une allocation invalidité, que je ne pouvais plus retourner dans le monde du travail, pension et activité salariale ne sont pas compatibles.

Après une nouvelle rechute, je me suis quand même dit qu'il fallait que je fasse quelque chose de ma vie déjà bien ratée. Alors sans trop réfléchir, j'ai choisi ce master. Je ne pouvais pas faire un master LMI, car je maîtrise mal ma seconde langue (allemand) et je n'ai pas fait le cursus LEA. Je le regrette, car il y a plus de débouchés. Pour mon plus grand malheur, j'aime la lecture et dans l'ensemble, j'ai apprécié mon année en M1, j'ai eu des bons résultats jusqu'à présent, je me suis investie à fond dans tout ce que j'ai fait (avec des moments de doute, of course). En quelque sorte, je suis sortie de mon hibernation et j'ai pris goût à la recherche. Mais voilà, comme je l'ai dit au début, tout le monde s'accorde à dire que ce master est pour les looser. Je suis bien à ma place alors! Je suis paradoxale, mais un temps, j'avais caressé le rêve d'enseigner à la fac. De passer un doctorat. Mais je ne me fait plus d'illusion. Le parcours est semé d'embûches, on nous a dit qu'il n'avait pas de poste pour des profs spécialisé en littérature. En plus, avec le fardeau de mon passé, je ne sais pas si je peux prétendre à enseigner dans le supérieur. Certains disent que oui (comme je suis titulaire d'un CAPES), d'autres ne savent pas.

Donc j'ai fait une croix à ce projet et ça me rend malheureuse. Je ne vois pas ce que je peux faire. Je suis allée voir des conseillères pour l'insertion professionnelle, mais rien de concluant. Bref, il ne me reste plus qu'à abandonner l'idée de poursuivre un M2, et de passer par Pôle Emploi. Voilà, il ne reste plus qu'à me tirer une balle dans la tête en constatant que je n'ai fait que des mauvais choix dans mon existence, j'ai raté ma vie. Tout est de ma faute. Si seulement, j'avais été bonne en science, j'aurais eu des portes de sortie. La seule qui me reste est celle de mon mausolée.
Ce message m’est bien douloureux à lire.
Tu dis avoir été mise à la retraite pour invalidité après un congé de longue durée à l’âge de 30 ans ! Je ne connais pas les détails de ta vie. Mais le congé de longue durée pour affection grave dure déjà cinq ans.
Y a-t-il eu ensuite abandon de poste ? Démission ? Refus de postes proposés ?
Que tu aies été déclarée inapte à l’enseignement, et encore après si peu d’expérience, admettons, mais pourquoi radiée de la fonction publique en général ?
Tu as repris tes études en master, (après avoir obtenu le CAPES)..tu dis rêver d’enseigner à la fac…
C’est complètement incompatible avec ce que tu relates auparavant.
Ton état de santé s’est-il amélioré ?
La pension d’invalidité est-elle temporaire (ATI), définitive ?
Trop d’inconnues pour que nous puissions te répondre de façon correcte.
Ton cas doit être encadré par tout un appareil juridique.
Il faut consulter ces textes-là.
Ta réponse m'est bien douloureuse à lire aussi.

Si tu veux des détails sordide sur ma vie, je vais t'en donner: j'ai été mise en congé longue durée pendant 5 ans suite à une sévère dépression nerveuse (tentative de suicide à répétition, traitement thérapeutique qui a échoué, affectation dans des collèges ZEP, humiliations et harcèlements psychologiques de la part des élèves et de la hiérarchie, absence d'aide auprès du rectorat et des médecins… tu veux que je continue?!) . A la suite de ces 5 ans, j'avais fait une demande de reclassement ( dans un bureau ou autres) qui a été refusée. Raison invoquée: quand il n'y a pas de place pour reclasser un enseignant, celui-ci est radié. C'est ainsi, c'est le système.
Si tu avais lu mon message avec plus d'attention, j'ai bien précisé que je percevais une allocation invalidité de ma mutuelle. Seulement, celle-ci n'est pas cumulable avec une activité salariale. Si un jour je retrouve un boulot, cette allocation sera supprimée. Tu comprends mieux?

J'ai ré-ouvert ce dossier en demandant de l'aide auprès des syndicats. Les démarches sont en cours pour une demande de contestation. A l'époque, j'aurais déjà pu le faire mais comme tu veux des détails sordides, je continue. Entre octobre et décembre 2015, j'ai subi 3 deuils, un réel et deux plus symboliques. J'ai perdu brutalement mon père en octobre 2015. Tu veux des détails concernant les funérailles? En plein deuil, vers la mi-novembre, on apprend que ma tante est atteinte de la maladie d’Alzheimer, on l'avait retrouvée dans un état de confusion mentale dans la rue. On a dû la placer dans un foyer. Tu veux des détails là aussi? Et enfin en décembre, je reçois de l'arrêté du rectorat qui me condamne socialement "à mort"avec cette mise à la retraite pour invalidité.

Ceux qui n'ont pas vécu ce que j'ai pu vivre cette année là, plus les années antérieures ne peuvent pas me comprendre.

Si mon état s'est amélioré? J'ai dû survivre et tous les jours je dois lutter pour cette survie. Tu veux le nom de mes anxiolytiques? ou le numéro de mon médecin aussi?

Je sais que c'est incompatible, je sais que je suis idiote. Je sais que je n'ai aucun avenir! Tout est incompatible, comme tu le dis si bien avec tant de douceur. D'abord, je ne suis pas compatible avec la vie!
Je quitte ce forum de petits prétentieux qui n'ont aucune compassion!

Merci pour ton soutien.

L'idiote va aller prendre ses pilules pour dormir.
Ta réponse m'est bien douloureuse à lire aussi.
J'en suis bien attristée, mais honnêtement, je ne sais pas ce que tu attendais. Je remarque que j'ai été la seule à tenter de te répondre. Les autres ont bien fait de s'abstenir. Ils ont au moins évité de se faire rabrouer et de se faire traiter comme des ignares qui ne comprennent rien.
1. J'ai lu ton message avec beaucoup d'attention, crois-le, bien qu'à trois heures du matin, touchée par ta situation, et je ne pense pas mériter ton agressivité.
2. Je ne t'ai demandé aucun détail sordide sur ta vie, et je déteste que tu insistes lourdement sur ce point. Nous ne sommes pas à confesse. J'ai dit simplement que sans te connaître, en l'absence de toute information, il était impossible de te conseiller utilement.
3. Tu n'es pas la première, ni la dernière à avoir subi deuils, dépression nerveuse, à avoir fait des tentatives de suicide, à être suivie médicalement, à prendre des psychotropes, ni non plus la seule à avoir des proches atteints de maladies dégénératives. Je n'ai pas besoin de détails. Et le numéro de ton médecin ne me servirait de rien car il est tenu au secret professionnel.
4. Je ne suis pas "une petite prétentieuse qui n'a aucune compassion", mais une femme d'âge qui a vécu, et pas forcément une vie facile.
5. Par ailleurs, je ne t'ai jamais traitée d'idiote. Mais il est sûr que ce n'est pas sur ce forum que tu trouveras la solution à des problèmes aussi graves.
Un agent radié de la fonction publique peut être réintégré, cela s'est vu, s'il est reconnu qu'il n'est plus inapte. Il existe des textes. Je les ai lus cette nuit, oui, pour toi, parce que ton cas m'intéressait.
Par ailleurs, si tu retrouves une activité salariale, ce que je te souhaite, si elle est suffisamment rémunératrice, elle remplacera ta pension d'invalidité.
Désolée d'avoir été maladroite, ce n'était pas mon intention.
Désolée d'avoir été maladroite, ce n'était pas mon intention.
Tu ne l'as absolument pas été, bien au contraire !
Laoshi

J'ai voulu répondre à loststudent mais je ne trouvais pas les mots pour tout organiser avec autant de clarté.
Je trouve que ta réponse a été des plus justes . Il est tout à fait évident que tu as répondu avec ton cœur et que tu as -comme moi- relevé qu'il manquait des éléments (par exemple le fait de savoir si oui ou non loststudent avait fait la démarche pour une requalification (maintenant on sait que oui) ou encore si la mesure était définitive -très important.


Loststudent

Je connais par échanges de messages Laoshi et c'est une chouette personne . Elle n'est pas du tout celle que tu crois qu'elle est . J'ai essayé ,moi aussi de rassembler ce que tu as dit et j'avais les mêmes questions.

Tes profs te disent que le Master que tu as entrepris ne sert à rien ? Même si tu aies plus aiguillée vers le recherche , il y a d'autres débouchés que l'enseignement et la recherche .

Je pense qu'il faut d'abord en effet éclaircir tous ces points :il m'apparaît inqualifiable que l'on n'ait pas cherché à te retrouver un emploi ailleurs car c'est la loi et il y a faute . Le syndicat ,pourquoi pas en effet . S'ils sont mobilisés :très bien.
Il me semble qu'une action en justice serait à envisager . Tu peux au bout d'un an contester cette décision prise à ton égard .

Il y a de la colère en toi: c'est tout à fait compréhensible . Mais retourne là ,non pas contre toi (qui a réussi dans tes études, qui a un capes) ni contre Laoshi - mais en effet contre tous ceux qui t'ont fait du mal .

Tu as une vie difficile (et un passé également) . Pourtant tu as rebondi et tu fait preuve d'une volonté d'aller de l'avant.

Il me semble qu'il serait bien que tu prennes le temps de finir ton M2 (et au diable les profs défaitistes de ta fac) Il y a d'autres voies pour les personnes qui savent parler l'anglais en France . Tu peux aller au CIDJ le plus proche de chez toi: ils sont de bon conseil.

Tu as de l'avenir c'est sûr : il faut régler les problèmes les uns après les autres (pas à pas) .
Je t'envoie beaucoup de courage (et je sais que je ne suis pas la seule !!)